POLYBE ET LE CONSUL MARCIUS
sauver sa propre existence. Archon lui-même fut nommé chef de la Ligue pour Tannée 169av. J.-C, et Polybe \ hipparque^ ; puis, comme premier signe d'une politique nouvelle, on rétablit, au printemps de l'année 169, dans la plupart des honneurs qu'on lui avait récemment enlevés (page 171), le roi Eumène, qui semblait être encore en grande faveur à Rome ^ Mais bientôt on comprit que le sacrifice que le parti national était disposé à faire devait être inutile. En effet, Polybe avec d'autres ambassadeurs fut envoyé au printemps de l'an 169 au consul Marcius, pour lui porterie secours de toutes les forces alliées. Il trouva les Romains sur le pointd'entreprendre leur marche téméraire à travers la montagne pour pénétrer dans la partie la plus méridionale de la Macédoine (p. 188) et fut assez rusé pour ne faire ses offres que lorsque l'audacieuse expédition eut réussi contre son attente. Marcius refusa poliment; c'eut été le comble de la perfidie d'accepter le secours de ces mêmes Achéens auxquels on réservait déjà un châtiment sévère pour s'être maintenus indépendants jusqu^alors. En même temps, Marcius sut, à force de ruse et de duplicité, rendre plus mauvaise la situation diplomatique des Achéens. Il apprit, en effet, qu'Appius Claudius, qui luttait alors en vain en Épire et du côté de Flllyrie contre les forces macédoniennes, avait demandé aux confédérés de lui envoyer 5,000 auxiliaires. Immédiatement Polybe fut renvoyé dans le Péloponnèse,
partir 1000 Achéens pour Chalcis, pour la protéger en attendant (Liv., XLII, 44. PoLYB., XXVII, 2, H et 12).
*) Polybe, fils de Lycorlas, était né à Megalopolis;- il était alors à la fleur de l'âge, mais on ne peut indiquer exactement l'année de sa naissance. D'après les recherches les plus récentes, on sait que cet homme d'État n'est pas né avant 214 ni après 204 av. J.-G. ; Fuchs (in Paulys Realencyclop. cl. cl. Alterth., V, p. 1811), nous laisse le choix entre les années 212 à 204. NiTzscH {Polyhios, p. 118) opine pour les années 213 à 210 av. J.-G. Peter, Griech. Zeittafeln, p. 145, Rem., dd. est pour l'an 204 av. J.-C. Mommsen par contre, R. G., Il (4° édit.) p. 456, se prononce pour 208. Kortûm, Gesch. Griechenlands, III, p. 345, admet l'an 205 ; Markhauser enfin [Dei' Geschichtsschreiber Polybiiis, p. 1) opine pour 204, et Frekman, p. 226, pour 210 av. J.-G.
2) PoLYB., XXVIII, 6, 1-8, 7, I. Cf. Freeman, p. 673 sqq. Nitzsch, Polybios, p. 27.
») PoLYB., XXVII, 15, 2-4. XXVIII, 7, 1-15. 10, 7. Cf. Meier, op. cit., p. 390 sqq. Schorn, p. 213 et Freeman, p. 674 sqq.