CALLICRATE
avec l'instruction verbale d'empêcher le renfort fédéral de se rendre en Illyrie. C'est ainsi quece fourbe dangereux paralysa en même temps les mouvements de son lieutenant et mit les Achéens dans la situation difficile de se brouiller ou avec le consul ou avec Appius; et comme finalement ils suivirent son conseil, Appius devint leur ennemi mortel, tandis qu'on pouvait présenter au Sénat sous un jour très équivoque, dans ces circonstances, l'offre des Achéens de soutenir les Romains, puisque Marcius s'était bien gardé d'exprimer à Polybe son « désir » par écrit ou sous forme officielle \
Les Achéens se virent donc condamnés à rester dans une inaction complète, spectateurs des événements qui allaient survenir. Leur tentative de suivre une polilique indépendante dans une autre direction échoua également. En effet, lorsque vers la fin de l'année 169 ou au commencement de Tannée 168 la cour d'Egypte, vivement attaquée par le Séleucide Antiochus IV Épiphane, demanda aux Achéens un secours de 1,000 fantassins et 200 cavaliers et que les autorités fédérales se montrèrent très disposées à le lui accorder, Callicrate et ses amis parvinrent à faire convo'quer à Sicyone une assemblée publique qui devait y prendre une résolution finale et décidèrent en attendant le consul Marcius. à intervenir. La démonstration du général romain détermina en effet les Achéens à revenir sur leur décision pour se contenter d'une tentative infructueuse de médiation dans les démêlés entre la Syrie et l'Egypte -.
Et alors eut lieu la catastrophe de Pydna, dont les suites, en 167, se firent sentir d'une façon terrible pour les confédérés. Immédiatement le parti romain-oligarchique devint aussi prépondérant dans le Péloponnèse, et ses chefs firent les plus grands efforts pour donner une base solide à leur pouvoir,
1) PoLYB., XXVIII, 10, 1-6, 11. 1-14. Cf. NiïzscH, Die Gracchen, p. 164. Freeman, pag. 675 sqq. Les Achéens, il est vrai, cherchèrent à se tirer d'affaire aussi bien que possible, en s'appuyant vis-à-vis d'Appius Claudius, pour motiver leur refus, sur le décret du Sénat plusieurs fois cité de l'an 170 (Liv., XLIII, 17. Polyb., XXVIII, 11, 11) qui défendait aux fonctionnaires romains de demander des secours aux alliés sans un ordre spécial ou l'autorisation du Sénat, et en instruisant le consul Marcius de leur conduite (Polyb., XXVIII, 11, 11 sqq.).
2) Polyb., XXIX, 8, 1-11 ; 9, 1-16; 10, 1-7.