SULLA EN ASIE
forcé, comme Ton sait, pendant Thi ver de l'an 83 à 84, de faire entamer par Archélaos de sérieuses négociations avec SuUa. Et comme le roi ne voulait pas accepter dans toute leur étendue les conditions stipulées (à Délion sur la côte de la Béotie), Sulla, qui, pendant ce temps, avait réorganisé la province de Macédoine et châtié les Barbares établis sur les frontières de la Thrace et de la Macédoine, marcha, probablement au printemps ou vers Tété de Tan 84 avant J.-C, à travers la Thrace sur rilellespont, dont Lucullus était complètement maître après plusieurs victoires navales remportés en 83 avant J.-C. II conclut ensuite avec Mithradate, qui se décida enfin à céder, la paix de Dardanos, par laquelle ce dernier s* engageait à évacuer les divers points de la Grèce encore occupés par ses troupes, à payer une forte indemnité, à livrer à Sulla la flotte d' Archélaos, forte de 80 voiles ; en Asie, on revint aux frontières qui avaient existé avant la guerre ^ Il fut alors facile de se débarrasser de Fimbria. En outre, on réduisit plusieurs cités qui continuaient à résister çà et là ; Tétat de choses établi par Mithradate par des mesures révolutionnaires fut violemment renversé au milieu de scènes sanglantes. Mais il s^agissait aussi de châtier les Orientaux et les Grecs qui habitaient la province d'Asie de leur défection et des crimes dont ils s'étaient rendus coupables à Tégard des Romains, bien que plusieurs villes, comme, par exemple, Smyrnc, cherchassent à apaiser la colère du vainqueur par une soumission pleine d'humilité ^ L'exécution des chefs qui s'étaient le plus gravement compromis et les contributions dont on s'ingénia à accabler les habitants, en faveur de l'armée romaine, n'avaient rien d'étonnant; mais le recouvrement immédiat des impôts et des droits arriérés depuis cinq ans et une contribution de 20,000 talents (environ 120 millions de
*) Plut,, SulUi, c. 22-25. LuculLy c. 3, lin., c. 4, init. Appian., o. 54-59. Memnon, c. 35. (al. 37). Diodor., XXXVllI et XXXIX, 6. Dio Cass., fr. 105, 1-4, éd. Dindorf. Gran. LiciNïAN.,p. 33 sq. Liv., Epil. lib. LXXXIIJ. Flor., I, 39. Vell., II, 23. Gros., ibid, Eutrop., V, 7. Sur la guerre que Sulla fit aux tribus barbares, v. Gran. Licinian., p. 35. Liv,, Epit. lib, LXXXl, LXXXII et LXXXIII. Eutrop., V, 7, init. Plut., Sulla, c. 23. Appiam., Mithr., c. 55, fin. Aur. Vict., de Vir» UL,lo.
«) Tacit., Annal, IV, 56.
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francs), qu'on imposa à la province coupable^ ruinèrent pour de longues années ces contrées cruellement éprouvées déjà depuis cinq ans^ Ilion' et Chios ' seules^ ainsi que la fidèle Magnésie sur le Sipyle ^ et avant tout Rhodes % à laquelle on rendit quelques-unes de ses anciennes possessions qu'elle avait perdues après la guerre des Romains avec Persée (p. 193 sqq.), comme aussi les Lyciens, non seulement échappèrent à la ruine générale, mais furent récompensés autant que possible de leur fidélité; on leur accorda des honneurs et on les dédommagea de leurs souffrances.
Sulla, au printemps de Tan 83 av. J.-C, se rendit d*abord d'Lphèse en Attiquo avec son armée, destinée à faire la guerre civile en Italie °. Le terrible vainqueur se montra clément à sa manière à Tégard des Hellènes dont il avait couvert le pays de ses trophées. A Athènes, où il fréquentait T. Pomponius'', esprit distingué et très cultivé, il se fit initier aux Mystères
*) Appian., Mithr,y c. 61-63. Gran. Licin., pag. 35, lig. B, 10 sq. Sal- LusT., Caiil.y c. 11. Plut., SuUa, c. 25. LuculL, c. 4. Cf. Mbier, Pergamen. heichy p. 424, et Mommsen, R. 6., vol. Il, p. 306 et 391, qui, — contrairement aux autres modernes , — rapporte uniquement à la contribution extraordinaire les 20,000 talents mentionnés par Plut., loc, cit, : Cf. Beckbr- Marquardt, Rom. AU., III, 1, p. 135.
*) L'indépendance qu'on avait octroyée depuis longtemps à cette cité, et qu*elle conserva sans doute lors de la défaite d*Âri8tonicos, lui fut à présent confirmée (Appian., MUhr.y c. 61), et on y ajouta des indemnités d*un autre genre, Strabon, XIII, 1, 27, p. 888 (594), et ci-dessus, p. 316, en note.
') Restitutions faites à Chios (cf. Memnon, c. 33), Appian., c. 55; la ville fut alors déclarée indépendante, Appian., c. 61, et un sénatuscon suite en bonne forme confirma cette indépendance en 80 av. J.-C.;ct. Bogkh, C. I. Gr.y vol. II, n» 2222 et pag. 206.
*} Magnésie fut déclarée libre; v. Appian., Mithr,^ c. 61, init., v. aussi Strabon, XllI, 3, 5, p. 923 (621); cf. plus haut, p. 323, 2. Quant à Magnésie sur le Méandre^ voy. Tacit., Anna/., 111, 62 et Bôcrh, C. /. Gr., vol. 11, p. 581. Pauly, ReiUencyclop,, vol. 1, 2* édit., pag. 1948.
^) Appian., c, 61. On rendit donc alors aux Rhodiens une partie de leurs possessions sur la terre ferme, et notamment Caunos avec plusieurs îles; cf. Cic. , Ad Quint, /r. I, 1, 11, 36; v. aussi Strabon, XIV, 2, 3, pag. 963 (652), et sur la Peraea rhodienne d'une époque ultérieure, v. Cic.i Ad famiLy XII, 15, 4. Strab., XIV, 2, 1, 3, pag. 962 sq. (651. 652), et cf. Dio Chrysost., vol. I, pag. 633 (349, 13), 591 (324 extr.), 592 (325, 26), 593 (326, 7), 620 (341, 31) Reiske. Kuhn, Stàdt, Verf., II. p. 46,
•) Appian., MUhr,, c. 63, fin. BelL di'., 1, c. 76, init. Plut., SuUa, c. 20, init.
') Corn. Nep., AUic.^ c. 4.