‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 13 sur 186 · ÉTAT POLITIQUE DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

ÉTAT POLITIQUE DE LA GRÈCE

leur civilisation largement développée, comme aussi à cause de la grandeur de leur passé, un grand nombre de Romains cultivés avaient une vive prédilection — devaîeut, après une connaissance moins superficielle, paraître bien étrangers au sérieux et, on peut bien le dire, à la raideur un peu majestueuse des Romains, tandis que, d'autre part, surtout plus tard, les combats sanglants de gladiateurs et de bètcs féroces usités à Rome, auxquels on peut à peine comparer les courses de taureaux des Thessaliens, eurent toujours, du moins pour les plus nobles d'entre les Grecs, quelque chose de barbare et d'odieux*. En tout cas, il y avait là un] terrain sur lequel les deux nations ne pouvaient que difficilement se rencontrer. Ce fut là une cause nouvelle du mépris mêlé de compassion avec lequel plus tard — surtout après la ruine complète de l'indépendance hellénique — la fière noblesse dltalie regardait du haut de sa grandeur « la frivolité des Grecs déchus », bien qu'il soit probable qu'on ne vît que rarement les hommes d'état comme cet infâme Dinocrate de Messénie qui, à l'occasion d'une importante ambassade à Rome, s'enivra dans un festin et dansa en habits de femme, pour discuter le lendemain des projets politiques avec Flamininus.

Les vices sociaux et moraux des États grecs ne pouvaient échapper même à Flamininus : les avertissements qu*il adressa aux Hellènes délivrés', lors de son départ du Péloponnèse, (p. 86) nous prouvent qu'il connaissait à fond la situation de la Grèce. Mais le mot magique de liberté ne pouvait seul sauver les Hellènes ni assurer leur avenir. Les vices mentionnés plus haut auraient dans la suite exercé une influence moins désastreuse sur la vie politique de la Grèce si elle avait été un État homogène, ou du moins une confédération solidement constituée, dont les membres comparativement encore sains ou du moins vigoureux eussent été seuls prépondérants et eussent permis de conserver une attitude digne vis-à-vis de Rome et des autres États. Mais naturellement il ne pouvait en être question. Rome s'était opposée à une confédération en masse comme la désiraient les Etoliens (et dans une moindre

') PoLYB., XXIV, 5, il sqq. Plit,. Flamin.j c, 17. *) Liv., XXXIV, 49.

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