ÉTAT POLITIQUE DE LA GRÈCE
mesure aussi les Achécns); et on peut même se demander si le reste dos Grecs eût été satisfait. L'opposition systématique des partis et la rivalité entre les divers cantons subsistaient par contre dans toute leur force ; c'est surtout l'antipathie autrefois moins vive entre les Achéens et les Étoliens qui était devenue implacable depuis la guerre des alliés et surtout depuis la première guerre des Rooïains en Grèce. I^ar contre, dans les cantons directement arrachés à la Macédoine, surtout en Eubée ' et dans la Thessalie propre, Flami* ninus avait cherché à établir partout un état de choses durable et en même temps à créer un parti dévoué aux intérêts de Rome. Selon le principe de la politique romaine de tendre partout à Tétranger la main au parti aristocratique, Flamininus avait institué partout en Thessalie des gouvernements aristocratiques ou plutôt timocratiques, basés sur un recensemont fixe ', et, par conséquent, mis le Conseil et les tribunaux
*) Cf. Liv., XXXÏV, 51. Il est question ici pour la première fois du « con^ ventus » des villes de l'Eubée, dont les Romains formèrent en apparence une confédération nouvelle. Cf. aussi E. Kuhn, Beitrâge zur Verfassung des rimischen Beichs, p. 79, n" 259.
*) Cf. Liv., XXXïV, 51. Le détail des affaires intérieures des pays compris entre l'Othrj's et l'Olympe n'est que très peu connu; quant aux quatre nouvelles confédérations thessaliennes (p. 80), nous ne connaissons un peu mieux que celles de la Thessalie proprement dite. Là, les villes furent donc unies en fédération; à la tête de la ligue (du xoivov twv 0£rcaXfi>v) on plaça, d'après la coutume alors en usage chez les Hellènes, un stratège réélu chaque année par l'assemblée générale. Celle-ci avait lieu à Larissa. Cf. Liv., XXXV. 31 et 39. XXXVI, 9 et 8. XLII, 38. Euseb., Chrome. Armen., p. 340 (180 sqq.). C. MCller, Fragm. hist. Graec, III, p. 703 sqq. Weissenbork ad Liv., XXXIV, 51 Hermanx, Griech, Staatsalterth,, § 178, n» 24. Il est fait mention d'un grand nombre de stratèges thessaliens (voy. notamment Eusèbe à l'endroit cité) ; ceux qui sont nommés jusqu'à Tannée de la mort de Philippe étaient originaires des villes de Phércr, Atrax, Gomphi, Gyrton, Larissa, Métropolis, Scotussa, etc.; voy. Schorx, p. 267 et (à propos d'Eusèbe), notamment Niebuhr, Kleine histor. Schriften, I, p. 241-249, et Rhein, Mus,^ XVIH, p. 541 sqq. XIX, p. G04. Becker-Marquardt, Handbuch der rdm. AUerth,^ Th. III, Abth. 1, p. 117. E/KuHx, Beitrâge, p. 79. Nr. 261, et p. 102 sqq. Stàdt. Verfassung, II, p. 44 sqq. Voy. aussi Bursian, Géographie von Griechenlandy qui prouve (vol. I, p. 46), au moyen de nombreuses inscriptions récemment découvertes, que, dans quelques-unes des villes confédérées de la Thessalie, les magistrats suprêmes portaient l'antique titre de tayôç (que Ton donnait autrefois, comme on sait, au chef nommé de temps en temps pour commander toutes les forces de la Thessalie). La nouvelle constitution des Magnèles, dont le chef portait le titre de « magnétarque», était régie par des lois ana-
LA CONFÉDÉRATION THESSALIENXE 107
entre les mains des riches. Kn outre, « il avait cherché à mettre lo pi us possible dans les intérêts de Rome les d iverses cités, en versant ail Trésor public de chacune d'elles l'argent qui, selon le droit de la guerre, était tombé en partage aux Romains '. » Ensuite, comme nous l'avons vu, il avait complètement abandonné la Grèce à elle-même et à Tavenir. Voyons maintement on détail quelle fut la destinée de la Grèce indépendante.
Lorsque Flamiuinus, dans les premiers jours de Tété de Vannée 194 avant J.-C, ramena l'armée romaine en Italie, il y avait surtout trois endroits dans la péninsule grecque où le nouvel ordre de choses avait provoqué un profond mécontentement. Je ne parle ni de la Béotie, ni de TKuhée et de la Thessalie, où la ruine de la domination macédonienne, qui y avait existé pendant de longues années, avait lésé naturellement de nombreux intérêts et fait bien des mécontents'; on comprendra facilement que je veux parler de la Macédoine, de Sparte et de TÉtolie. Mais, dans l'état où se trouvaient les affaires, ni le roi Philippe, ni le féroce Nabis ne pouvaient songera provoquer par eux-mêmes un mouvement contre Rome. Cerôlc, les Ëtoliens se Tétaient réservé, eux qui, après avoir rejeté les Macédoniens derrière l'Olympe avec le secours des Romains, songeaient maintenant à refouler hors des limites de 'a péninsule hellénique, à l'aide d'une autre grande puissance, 1 influence gênante des Romains qui depuis peu leur étaient devenus si odieux. Cette puissance était naturellement Tempiredes Séleucides. Le roi Antiochus avait, en 194, continué à Wre des conquêtes en Thrace^; mais les Romains, qui, à cette époque, se laissaient guider par Flamininus quand il s agissait des affaires d'Orient, finirent par poser (au printemps de Tannée 193 *) Tultimatum suivant à Tambassadeur du grand roi asiatique : il devait ou renoncer à ses nouvelles conquêtes
|opues(Liv., XXXV, 31 et 30;. Cf. aussi E. Kuhn, Ih'r stddt. u. burijcrl. '^A (/. ri)m. RpichSf II, p. 402, et, sur les stratèges des Perrlièbes, ibifl., P- i3 el Rhein. Muséum, 18G3, p. 540.
*> -MoMMSEN, Riim, Gesch,, I, p. 729, d'après une inscr. ('. /. Cfr., I, ii" 1770, P' oC2, qui donne des indications spéciales sur la cité des Cyréliens. P Cf. Liv., XXXV,37.5i.
/ ^'*. Appia.n. Syr, c. 6 init. et Nissex, op, rit., p. 163. ) -Mommsen, ROm. GeschichiCy [, p. 738 et Nissen, p. ICi, 328.