‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 134 sur 186 · BRIGANDAGES DE VERRES · texte numérisé non relu

BRIGANDAGES DE VERRES

damnation*. La conduite du fameux Gains Verres fut celle d'un brigand vulgaire. En 80, il accompagna, en qualité de légat, le propréteur Gnœus Cornélius Dolabella envoyé en Cilicie. Pendant leur voyage à travers la Grèce et TAsie, Verres, fort de la connivence coupable de son chef, s'abandonna librement h sa rapacité et à sa brutale insolence*. On vit alors cet homme sans vergogne, qui avait déjà vo'é un grand nombre de statues et de tableaux dans les villes achéennes, tenter d'extorquer à la ville de Sicyone une somme considérable; le premier fonctionnaire de la ville la lui ayant refusée. Verres lit enfermer le malheureux Grec dans un cachot étroit autour duquel il fit allumer du bois humide, de telle sorte que cette victime de la perversité romaine échappa à grand'peine à la mort^ Dans l'acropole d'Athènes, il fit enlever au trésor du Parthénon une forte somme en or *. Si, àDélos, des obstacles imprévus le forcèrent do rendre les objets d'art qu'il avait fait enlever du temple dWpollon déjà si fortement éprouvé % il s'en dédommagea largement dans les villes grecques d'Asie, à Chios, à Samos^ àTénédos, à Érvthrcje, à Ilalicarnasse \ et, plus tard (79 av. J.-C.) aussi, à Milet

') AscoN., in Cic, Pro Scnurn, c. IG, 2, p. 20 Orelli. Cic, Brut., c. 02, 317 sqq. Sleton., CcT.ç., c. i. (jELi.., N. A., IV. 16, 8. Tacit., DiaLde ornt.j 'M, A'^ELL., II, 43. Valeu Maxim., VIII, 9, 3. Plut., Caw., c. i, inil. (Alr. VicT., he vh\ iliy 78, est d'un avis dillerent) : v. Napoléon, p. 252sqi|. Drl'ma.nn, vol. II, p. 501 sqq.

-) Cic, In Q, C:vciL divin., 2, G; 12, 38. In Veir, act., II, lib. I, c. 17. M, 22, GO. IV, c. 32, 71. 51), 133 sqq.

3) (jc, In Vcrr. act., II, lib. I, c. 17, W, 45.

*) Cic, ibid., 45 (et Jih. V, c. 72, 184).

5) Cic, ibid., 45. 46, etc. 18, 46- 4S (et lib. V, 72, 185). — Même dans la suite, les vols d'objets d'art c[ue commirent des Romains haut placés, directement ou indirectement, même lorsqu'ils ne se trouvaient en Grèce que comme simples voyageurs, furent assez fréquents; c'est ainsi qu'Appius Claudius Pulcber, frère du trop fameux Publius Clodius, enleva entre aulres (en 61) la statue d'une hétaïre tanagréenrie que P. Clodius plaça plus lard (en 58) sur les ruines de la maison de Cicêron comme statue de la Liberté! Drimann, vol. Il, p. 186, 271. Pline, iV. /!., XXXV, 14 (49), 173, raconte d'une façon intéressante l'enlèvement d'une peinture à fresque de Sparte et son transport à Home, fait avec beaucoup de soin et d'habileté à l'instigation des édiles Varron et L. Licinius Murena (avant la troisième guerre contre Mithradate, Dhumann, vol. IV, p. 185). Pompée, au contraire, s'est complètement abstenu de déprédations de ce genre (Cic, Vro lege Manil,, 14, 40).

«) Cic, In Ferr., act. Il, lib. 1, 19, 49 sqq. 20, 52 sqq. 23,61 , V, 72, 184 sqq.

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