‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 145 sur 186 · POMPÉE A ATHÈNES · texte numérisé non relu

POMPÉE A ATHÈNES

d'Athènes ne trouva pas d'imitateurs ; les brigandages do Verres, en 80 (p. 396) et les exactions dont (en 57 et en 56 av. J.-C.) le proconsul Pison (p. 400 sqq.) s'était rendu coupable *, furent sévèrement blâmés à Rome. Le grand Pompée, au contraire, qui, lorsqu'il revint victorieux de TAsie, en 62, avait comblé défaveurs et de présents les rhéteurs et les philosophes rhodiens (auxquels, en 67 déjà, il avait témoigné son estime*), avait donné aux Athéniens, pour les récompenser des louanges outrées qu'ils lui avaient prodiguées en 67, pendant la guerre contre les pirates, et sans doute aussi en 62, lorsqu'il passa par Athènes pour s'en retourner en Italie ', une somme de 50 talents au moins (300.000 francs) pour embellir leur ville et pour eiïacer complètement les traces de la terrible vengeance de SuUa*.

Ce qui était bien plus précieux pour les Athéniens, cVst que c'était précisément leur ville qui, plus que toutes les autres cités — (parmi lesquelles Argos, Tégée et Sparte étaient toujours au premier rang), — continuait à attirer une foule de voyageurs romains et de jeimes Italiens, avides de se former à l'école de la Grèce; l'élégance et la haute culture de ses habitants, sa glorieuse histoire, ses nombreux monuments et ses excellentes écoles exercèrent comme autrefois sur les

à l'Athénien un magnifique monument. Plut., LucnlU, c. 22. Strab.,XIII, 1, 55, p. 907(609). Climox, Fasl, HdL, vol. Ill, p. 1G7. Blass, Griech. Beredtsamkeil, p. .36, 67 sqq. Drumann, vol. IV, p. 142. Précédemment déjà (dans la seconde moitié du ii*^ siècle), le stoïcien Arehédémos de Tarse avait émigré chez les Parthos, à Babylone, et y avait fondé une école (Plut. i De exiliOf 14. Zumpt, Die philosophischon Schulen, p. 79.

*) C\c., In Pison.^ 40,96.

2) PLUT.yPomp.yC. 42 et Gic, ibid. c. 4. Strabon, XÎ, 1, 6, p. 753 (492). Cic, TuscuL, II, 25. Pun., N. IL, VU, 30 (31), 112. Solin., c 1, 115.

^) Plut., Pomp.y c. 27, Zonar., X, 3, fin.

*) Plut., Pomp.y c. 42. Ellissen, p. 21. Sur les présents de César, voir plus bas, p. 430. — Plus lard, Appius Claudius Pulcher [p. 396, 5] entreprit à Eleusis, en 51/50, avec les dépouilles de la province de Cilicie (53-51), une construction splendide, celle des Propylées conduisant à la cour du temple de Déméter et Perséphone (comme il mourut bientôt après (v. plus bas, p. 417j, ils ne furent terminés que par ses parents); Cicéron aurait bien voulu en faire autant pour Athènes. Cic, Ad Attic.f VI, i, 26. 6, 2. Cf. MoMMSEv, C. Inscr. latin, antiq., p. 181 sqq., n" 619. Keil in Philologus, Supplemenlband, H, p. 577 sqq. Bursian, Geogr., vol. I, p 330.

TITUS POMPOMUS ATTICUS 409

étrangers le charme le plus puissant \ dès qu'elle se fut relevée de ses désastres et qu'elle eut oublié les scènes d'horreur dont elle avait été le théâtre à Tépoque de Sulla^ de 88 à 86 avant J,-C. Ce fut un bonheur pour les Athéniens que le premier des Romains qui, après la chute d*Aristion, vécurent plus ou moins longtemps au milieu d'eux devînt le bienfaiteur de leur cité qui était tombée si bas. C'était le chevalier Titus Pomponius (Atticus), dont le nom parait bien souvent dans l'histoire de cette époque, Tami et le confident de Cicéron et de beaucoup d'autres hommes d'Etat romains. Pomponius avait fui les scènes de désordre qui, en 87, avaient accompagné la révolution de Marins, ainsi que les horreurs qui remplissaient l'Italie au moment où Sulla s'efforçait d'y rétablir le pouvoir de son parti; en 86 av. J.-C, lorsqu'Alhènes était retombée au pouvoir des Romains', il s'était rendu dans cette ville avec la plus grande partie de sa fortune ; il y resta jusqu'à la fin de Tannée 6;) av. J.-C.^ : ce séjour, comme l'on sait, lui valut le surnom d'Alticus \ Dès le début, il sut gagner les bonnes grâces des malheureux Athéniens qui, pendant que Sulla assiégeait leur ville, avaient souffert la plus affreuse famine (p. 342), en leur faisant distribuer une grande quantité de blé". Ensuite le vif et profond intén^t qu'il prenait aux affaires de la Grèce, et, en particulier, à celles d'Athènes, son caractère aimable, .sa conduite pleine de tact, Tinfluence considérable (p. 357) qu'il paraissait exercer sur Sulla revenu d'Asie en Grèce en 83, sa haute culture intellectuelle puisée aux sources grecques, la facilité enfin avec laquelle il s'était rendu maître 4e la belle langue des Hellènes, tout cela l'avait rendu éminemment populaire*. D'autre part, sa grande fortune et le cré-

*) Cf. en général Friedlandeii, op. ci7., p. 35. 54 sqq. et Lotiiolz, BcUrâge zur Geschichte der Bedeulung Athens, p. 4-t5.

*) Çf, CoRNEL, Nepos (éd. Nipperdey), Attic, c. 2, 2 et 3; pour la chronologie, j'ai suivi Drumann, vol. V, p. 8. Nipperdey, dd C Nepot., i6ï(i,, p. 150, et LoTHOLz, op, cit., p. 4. Sur Alticus en général, v. Mommse.n, R, G., vol. III, p. 504 sqq. G. Boissier, Ciccronetses amw, p. 129-100.

') Corn. Nep., c. 4, 5, Lotiiolz, ibid» Drumann, V. p. 11.

*) Cic, De spïiect,, 1, 1. De /lwi6., V, 2.

^) CoRNEL. Nep,, ibid.^ c. 2, 0. — Il le fil encore plus lard, par exemple en 50 av. J. -C, pendant un stijour à Atliènes. Cic, Ad Att,, VI, 6, 2.

**) Nep,, Atlic., c. 2, 3. c. 3, c. 4, 1-3 et 5. Drumann, vol. V, p. 84 sqq.

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