‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 162 sur 186 · ANTOINE ET LES ATHÉNIENS · texte numérisé non relu

ANTOINE ET LES ATHÉNIENS

avaient envoyé une légion en Achaïe pour y fourrager* ; c'était au moment des combats formidables qu'on se livrait autour de Philippes. Antoine, qui nomma L. Marcius Censorinus gouverneur de la Macédoine et de TAchaïe *, et qui — en se rendant de Philippes en Grèce — reçut dans l'île de Thasos la soumission de plusieurs des partisans les plus considérables do Brutus; qui en outre, enleva' des provisions considérables d'argent, de vivres et de matériel de guerre amassées par les républicains Vaincus, .n'avait nullement l'intention de punir les Hellènes de leurs sympathies pour le parti abattu. D'une nature chevaleresque au fond, et, malgré le sang qu'il avait versé en Italie, capable de générosité, il n'avait, comme vainqueur heureux, aucun motif pour persécuter cruellement les Grecs, qui ne l'avaient même pas personnellement blessé. A Athènes, il se rappela le séjour qu'il avait fait autrefois en Grèce (p. 413) ; il se sentit tellement captivé par le charme de la vie athénienne, avec ses plaisirs faciles et élégants, et tellement enivré par les flatteries de ces descendants de Cécrops, aussi rusés que souples et serviles, qui vantaient en lui, avec une parfaite connaissance de son caractère, le philhellène et l'ami des Athéniens, qu'il oublia complètement son rôle de soldat victorieux, qu'il se plut à vivre en Hellène parmi les Hellènes et à assister aux leçons des philosophes, aux jeux publics et aux fêtes des Athéniens; il finit même par leur donner, entre autres choses (il était alors en Asie), l'île d'Egine, Icos, Céos, Scialhos et Péparelhos (et peut-être aussi la ville d'Erétrie) *. Il se rendit aussi à Mégare, à la prière des habi-

«) Appian,, IV, 122.

*) Plut., Anion.^ c. 24init.; Cf. Zumpt, Ccmim. Epigr.y vol. II, p. 251. Drumann, vol. 1, p. 427 et 514, nous parle du triomphe qu'il célébra sur la Macédoine, c'est-à-dire sur quelqu'une des peuplades barbares du Nord (l"janv. 39).

5) Appian., IV, 106. 136 fin.

*) Plut., Anton., c. 23. Appian , V, 7 (cf. 76). Dio Gass., LIV, 7. K. Fr. Hermann fait observer (GriecA. Staatsalt.y § 176, 14) qu'on aurait tort de conclure des paroles d'Appien, (Aetot Trivov x. t. X., que les Athéniens aient possédé antérieurement déjà Ténos ; il est possible qu'Antoine ait d'abord promis cette île aux Athéniens, et que, l'ayant ensuite donnée aux Rhodiens (ci-après p. 443, 1), il ait dédommagé Athènes en lui cédant les Iles dont parle Appien. (Cf. aussi Bockh, C. J. Gr., Il, p. 177, n« 2151 et Wachsmuth, Die Stadt Athen, p. 664.)

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