‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 164 sur 186 · ANTOINE ET CLÉOPATRE A ATUÈNES · texte numérisé non relu

ANTOINE ET CLÉOPATRE A ATUÈNES

Ilalic, puis (en y laissant Oclavie) eut repris le chemin de TAsie. Les Hellènes, de 36 à 33 av. J.-C. , avaient vu Antoine , d*abord par sa malheureuse guerre contre les Parlhes — à côté de laquelle la défaite de Sextus Pompée*, en 36, par Octavien et son grand général M. Vipsanius Agrippa, et plus tard les victoires remportées par Octavien sur les tribus barbares de la Dalmatie et de la Pannonie, en 35 et 34 av. J.-C.% paraissaient d'autant plus glorieuses — et plus encore par la vie de plaisirs effrénés qu'il menait avec sa maîtresse, la reine Cléopâtre, son mauvais génie, ébranler lui-même de plus en plus la situation qu'il occupait dans l'opinion publique, à côté d'Octavicn si habile et si maître do lui-même. Ils voyaient que, depuis Tannée 33, Tempire romain était fatalement entraîné vers un nouveau et dernier duel entre Octavien et Antoine ^ ; qu^, tout en faisant dans tout TOrient d'immenses préparatifs en vue de la lutte finale, Antoine et Cléopâtre continuaient leur vie de plaisirs et de folles orgies à Ephèse d'abord, où ils se rendirent en 32, puis à Samos*. Puis ce couple imprévoyant se rendit à Athènes; là encore, tout en se préparant à la lutte finale, dont Tenjeu était la couronne impériale, Antoine et Cléopâtre ne cessèrent de

*) Sur la fuite de Sextus Pompée par Céphallénie à Lesbos, et de là en Asie; sur ses agissements dans cette province et en Bithynie; sur sa mort (en 35) à Milet, v. Dio Cass., XLIX, 17 sqq. Zonar., X,'25. Vell., II, 79. Appian., V, 133-145. Strab., III, 2, 2, p. 209(141). Liv., Epit. lib. CXXXI.

2) EuTROP., VII, 9. Liv., Epit. lib, CXXXI sqq. Flor., Il, 23 sqq. Zonar., X, 27. Dio Cass., XLIX, 34-38. Vell., II, 78. Gros., VI, 19. Appian., f//yr., c. 16-29.

') Faisons encore quelques remarques sur les Hellènes de cette époque. Sur les folies et les mœurs dissolues d'Antoine et de Cléopâtre, Plutarque (Anton. y c. 28) cite entre autres une relation intéressant» (qu'il rapporte, il est vrai, au premier séjour d'Antoine à Alexandrie, 41/40 av. J.-C.) du médecin Philotas d'Amphissa, qui faisait alors ses études à Alexandrie et qui raconta au grand-père de Plularque, Lamprias, une foule d'anecdotes piquantes. — L'île de Crète faisait partie (Dio Cass., XLIX, 32 fin.) des provinces romaines qu'Antoine donna dans son aveuglement (en 36) aux enfants qu'il avait eus de Cléopâtre. Nous ferons observer enfin que ce môme Marc Antoine avait la réputation d'un voleur d'objets d'art et qu'il en enleva en effet beaucoup en Grèce, dans le but d'en orner Alexandrie pour faire plaisir à Cléopâtre. Après la défaite d'Antoine, Octave les rendit aux villes dépouillées. Cf. Strab,, XIV, 1, 14, p. 914 (637) et XIII, 1,30, p.. 890 (595). Drumann, vol. 1, p. 405.

*) Plut., Anton.t c. 56.

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