‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 175 sur 186 · LA MACÉDOINE ET LES PROVINCES DIT DANUBE · texte numérisé non relu

LA MACÉDOINE ET LES PROVINCES DIT DANUBE

danien, les monls Scardos et le fleuve Drilon au nord, la mer Adriatique à Touesl, et les frontières grecques au sud*, devint alors une paisible province sénatoriale '. Les Grecs d'Europe furent séparés de la Macédoine. A coté des Grecs de la province composée de Cyrène et de Tîle de Crète, de ceux de nie de Cypre, de la Bithynie, do l'Asie avec ses îles, et à côté de rile de Rhodes, restée libre, les Hellènes au sud de rOlympe furent incorporés à la province d'Achaïe.

La province sénatoriale d'Achaïe' comprenait, à cette époque,

Dacie transdanubienne, sont comme le rempart de l'Italie et de la Macédoine. L'Illyrie dalmatique, qu'Octavien pensait avoir pacifiée compèlement depuis l'an 34 av. J.-C, devint en 27 av. J.-C. province sénatoriale; mais dès i'an 11 av. J.-C, Auguste dut s'en charger de nouveau; ici la guerre ne prit fin qu'en 9 après J.C Becker-Marquahdt, R, A , III, p. 113 sqq. 235 et Zur Statistikt p. 12. Kuhn, 11, p. 223. Zumpt, Comm. Epvjr., vol. Il, p. 252. MoMMSEN, Mon. Ancyr.y p. 87. La Pannonie, où les Romains ne prirent pied qu'en 35 av. J.-C , ne fut probablement organisée définitivement en province qu'en 8 ou 10 ap. J.-C. — La Mœsie, soumise par Licinius Crassus, dont il est fait mention plus haut (p. 4G8), ne fut réduite en province, d'après AppiAN.,]//j/r., c. 30, que par Tibère. D'après Zumpt, Comm. Epigr,, vol. II, p. 254, lu provinc»j de Mœsie aurait exist(^ (Dio Cass., LV, 29) dès l'an 6 ap. J.-C. et aurait été formée probablement en 16 av. J.-C. Becker-Marquardt, A. A., III, 1, p. 105 sqq., attribue aussi, sans indiquer une année précise, la formation de cette province à Auguste. La Thrace enfin, déjà complètement dépendante des Romains sous Tibère, fut enfin réduite en province, en grande partie, par Claude, en 46 av. J.-C. Cf. Becker- Marquardt, p. 102-106. 119. 234 sqq. Hosleb, op. ct7., p. 19-24. Mommsen, Monum, Ancyr.,p. 70. Zumpt, p. 267. Ki'hn, p. 223 sqq.

*) D'après les indications cle Ptolem., III, 12, cf. 9 et il (sur les modifications de la frontière méridionale, du côté de l'Achfiïe, v. vol. II). Toutefois, avant la formation de la province ind«^pendante de Thrace, le gouvernement de Macédoine s'étendait, du moins d'après Strab., VII, friujm. Paint. Valican., 10, p. 507 fin (329), 33 et 48, p. 511 (:>31), vers Test jus(|u'au cours inférieur de l'ilèbre (cf. p. 246, 5j.

*) En Macédoine, le consul de l'an 30 (cf. ci-dessus, p. 468), M. Licinius Crassus (qui triompha en 27 av. J.-C), fut d'abord proconsul, ou légat, avec un pouvoir très étendu; cf. Zumpt, Comm. Eptiji'., vol. I, p. 45. Yol. II, p. 252. Plus tard, nous voyons comme proconsu', en 23 av. J.-C, M.(Antonius) Primus. Dio Cass , LIV, 3. Zumpt, vol. II, p. 253. Nous ne continuerons la série des gouverneurs de la Macédoine que dans le second volume, en traitant de l'empereur Tibère. Sur Vcre aciiaque employée par plusieurs villes de Macédoine, comme Thessalonique. Bérœa. Kdesse, cf. BÔckh, C. \. Gr., vol. II, n»» 1970. 1971, p. 9'J0-994.

3) L'Achaïe (cf. Dio Cass., LUI, 12-15. Strab., XVII, 3, 25, p. 1197 sqq. [840]. Tacit., AnnaLy IV, 43), était administrée par un gouverneur sénatorial nommé tous les ans, c'est-à-dire, pur un proconsul aidé d'un légat et d'un questeur, Dio Cass., LV, 27; cF. LUI, 14 (ou plutôt par un ancien pré-

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le Pélopoauèso, la lorro frrme de la Grèce centrale, et en outre la Thessalie et l'Épire ; il faut y ajouter, à Touest, les îles Ioniennes et, à Test, TEubée, avec la plupart des petites îles de la mer Egée qu'on a coutume de considérer comme faisant partie de TEurope. Nous aurons plus d'une fois par la suite occasion de parler de la modification de ces frontières sous l'Empire; il s'agira surtout de la séparation d'avec TAchaïc*

leur qui , lorsque le sort le désignait pour être gouverneur de PAchaïe, portait, selon la pratique établie depuis ce temps dans les provinces sénatoriales, le titre de proconsul). Ce proconsul (contrairement à là pratique mentionnée par Dio Cass., LUI, 13) est appelé dans Bôckh, C. /. Gr,, III, n" 4033, lig. 19 et n<» 4034, lig. 11 : àvOuiraTo; *A-/a?açirpbçirévTe pâ6«oy; (avec cinq faisceaux on licteurs). Cf. vol. I, n° 1732. Mommsen, Inscr. NeapoL, n» 4550, cf. n° 4033 et Act. Apost., 18, 12 (sur les gouverneurs d'un rang différent, V. ci-après, vol. II). On trouvera plus loin, vol. II, la liste des gouverneurs de l'Achaïe dont les noms nous ont été conservés. — Cf. Zumpt, op, cit., p. 256 sqq. Kuhn, 11, p. 29. 71. Becker-Marquardt, B. A., III, 1, p. 128. Hermann, Gr. Staatsalt.y § 190, 1 et 4.

* ) Les renseignements que nous donne le contemporain le plus rapproché, Strabon, XVII, 3, 25, p. 1198 (840), sur les limites primitives de 1 Achaïe, sont, en ce qui concerne les frontières entre TËpire et la Macédoine, peu clairs. Cependant il est évident (Tacit. Ann., II, 53 et Dio Gass., LUI, 12), que, comme la Thessalie (Strab., ibid/)^ TÉpire était une partie de la nouvelle province d'Achaïe. Voy. dansPiOLEM., III, 14, l'énumération des îles de la mer Egée qui semblent avoir appartenu à cette province. L'emploi du nom d'Achéens dans un sens plus restreint pour désigner les Péloponnésiens ne cessa pas alors; v. Keil, Inscr. Boeot., n* 31, lig. 1, 22 et Plin., iV. H., notamment lib. IV, qui toutefois n'est pas très clair, ou tout au moins pas très exact, et qui donne successivement le nom d'Achaïe au vieux canton (1, 1), au Péloponnèse (5 [6], 12. 6 [10], 22) et à la province (5 [6], 12. 6 [10], 22. 9 [16], 32. 11 [18], 51 . 12 [19], 53 et 54), puis (5 [6], 12) restreint à tort celte province au Péloponnèse; cf. aussi Pompon. Mêla, II, 3, 4, qui désigne par Achaïe la côte septentrionale du Péloponnèse, et enfin CuRTiLs, Pelop.y vol. I, p. 76 sqq. III. 419. Wietersheim, dans ses recherches sur la statistique des provinces romaines de ce temps-là, donne (dans sa Geschichle der Vôlkerwanderuraj , vol. I, p. 220 sqq.) à la Macédoine et à TAchaïe réunies 3,232 milles carrés et trois millions d'habitants; à la province des îles, constituée plus tard (vol. II), et à l'île de Crète, 714 milles carrés et 700,000 habitants.

* Je considère le [X£-/pt ©ErraXca; do Strabon, ibid. (contrairement à BacKEB-MABorAmor, y?. ^., III, t, p. 117) avec Grgiski'iid (roi. III, p. 4--)l) comme l'équivalent de c y compris >; lloxK, liasm. Gesch.t vol. I, !'• partie, p. 376, considère également la Thestsalie comme faisant paille de l'Achaïe à celte époque et pendant celle qui suivit. Voy. aussi (^uarics, PWop.,vol. I, p. 76. 111; Kuhn, vol. Il, p. 75 sqq. Cf. Strah., VII, Fr. Palat. Vatican,^ 12. 14. 15, p. 5U8 (3i9). Du reste, la Thessalie, qui de tout temps s'était administrée elle-même, n'aTait sans doute pas des rapporté bien intimes avec l'Achaïe et parait notamment n'aroir pas pris part & l'assemblée provinciale ou xoivbv d'Acbaie (ci-aprés, p. 474). Sur l'Epire, cf. Baoïn- Marquamct, in, l,p. 127.128.

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(le la Thossalie et de l'Epire (avec laquelle on réunit TAcarnanie et les îles Ioniennes). Nous ne savons que peu de chose sur Torganisation de la province d'Achaïe. La capitale de la province était la Nouvellc-(iorinlho, où résidait le proconsul romain*. Selon toute apparence, Auguste retira alors à la plupart des cités grecques leur « liberté » ou souveraineté nominale *. La province d*Achaïo était maintenant administrée par un proconsul romain, qui était en même temps gouverneur militaire et chef de l'administration civile, qui chargeait son questeur des affaires financières et prononçait, soit personnellement, soit par son légat, dans les affaires civiles et criminelles ^ Cependant, une partie au moins des

*) CoD. Theodos., IX, I, 2. AcT. Apost., 18, I et 12, Bockh, C. L Gr., vol. I, p. 571. n*»» 1086 et 1186, el v. ci-après, vol. II.

*) La formation et l'organisation complète d'une province indépendante d*Achaïe suppose tout cela, à vrai dire : en outre, diverses circonstances nous prouvent qu'il en fut ainsi. El d'abord, il est très intéressant de voir l'empereur, comme nous l'avons constaté plus haut, lors de la fondation de Nicopolis et de la colonie de Palrœ, dij-poser de lu façon la plus arbitraire des biens des Hellènes (qui, au surplus, étaient ses adversaires vaincus dans la gunrre et dont les villes, comme Patrœ elle-même f p. 453], avaient été prises par la force des armes) et appliquer avec une rigueur impitoyable le principe du nouveau parti démocratique, d'aprr*s lequel « toute terre dans les provinces que le gouvernement n'avait pas cédée par un acte spécial à une commune ou à un particulier, était propriété de l'Élat, et d'après lequel le propriétaire actuel n'était que toléré el pouvait en tout temps être privé de son héritage; théorie qui fut ensuite élevée au rang de principe fondamental du droit impérial » (Mommsen, B. G., vol. III, p. 535 sqq.). On voit disparaître alors les liber i populi dont il est fait si souvent mention jusqu'aux derniers temps de la République. Nous voyons en outre dans Fausanias, VIII, 18, 5, que, de tous les Achéens (le mot prit; dans son sens le plus restreint désigne ici sans doute les habitants du canton d'Achu'ie)» Auguste laissa aux habitants de Patrrc seule « la liberté ». Ce qui le prouve (outre le passage de Dio Cass., LI, 2 init.), c'est que la « liberté » fut rendue plus tard à plusieurs villes péloponnésiennes situées dans des contrées qui avaient soutenu Antoine avec une énergie toute particulière, comme, par exemple, à la ville de Mothone en Messénie (Pai:s., IV, 35, 2), et à Pallantion en Arcadie (Paisan., VIII, 43, 1). Il est très peu probable que Vespasien (vol , II) ait le premier supprimé l'autonomie dos diverses cités, en retirant aux Grecs d'Achaïe la liberté que Néron venait de leur octroyer et en rétablissant l'administration provinciale; le peu de renseignements que nous avons sur cette mesure de Vespasien ne nous permet pas de nous prononcer.

^) Cf. VValter, Geschichte der romischen Rechtfi, vol. I, p. 470. 347 sqq. VoiOT, Jits naturale, II, p. 521, opposé à Becker-Marquardt, III, 1, p. 252, et v. HôcK, fi. G., I, 2, p. 192 sqq. Mommsen, R. G., vol. II, p. 367.

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