‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 3)Chapitre 177 sur 186 · RÉFORME DE LA LIGUE AMPHICTTONIQCE · texte numérisé non relu

RÉFORME DE LA LIGUE AMPHICTTONIQCE

au peuple vieillissant des Hellènes un nouveau hochet pour qu'il pût s'abandonner de plus en plus, sous le sceptre toutpuissant do César, à la douce somnolence d*une vie insouciante, rêveuse et végétative, occupé de cérémonies, de fêtes et de distinctions honorifiques, et dépensant ses forces d'une façon aussi inoffensive que futile. Cette nouvelle organisation, qui, après les désordres amenés à plusieurs reprises par la guerre d'Etolie* et les dévastations des vingt ou trente dernières années, avait bien son prix, était, en somme, bien plus pratique et répondait bien mieux à la situation que celle qui avait existé depuis des siècles. On commença par changer complètement la proportion des voix telle qu'elle avait existé jusqu'alors, et l'on chercha à établir une certaine relation entre le nombre de votes qu'on devait accorder aux différents États et villes amphictyoniques et leur importance. On fixa donc à trente le nombre total des voix amphictyoniques. La Macédoine en eut six ; les petites tribus des Maliens, des iEnianes, des Magnétos, des Achéens phthiotiques (ainsi que la peuplade des Dolopcs, qui avait à peu près disparu pendant la détresse des trente dernières années [p. 402]), perdirent le droit do voter séparément; ils ne formèrent plus avec les Thessaliens qu'une curie à laquelle — ainsi qu'à Kicopolis, qui jouissait à un si haut degré de la faveur d'Auguste — on

Thessaliens, les Phocidiens, les Béoliens, les Acliéens de la Plithiotide, les Magnètes et les i^ilnianes. Les autres étaient les Doriecs du Parnasse et les Doriens du Péloponnèse, les Athéni -ns et les Eubéens, les Maliens, les OEtéens, les Dolopes, les Perrhèbos, les Locriens Hypocnémidiens et les Locriens occidentaux. Chez Içs Doriens, les Ioniens (Athéniens et Eul)é.'ns) el les Locriens, on reconnaît distinctement la séparation en deux de membres qui ne formaient autrefois qu'un seul corps; le même fait parait s'être produit chez les Maliens et les OEléens; les Dolopes et les Perrhèbes, qui d'ordinaire figurent parmi les douze peuplades primitives, sont peut-<^tre tombés au rang de «tdemi-États » lors de Tadmission de Delphes. Ce dédoublement des douze tribus primitives et le partage de quelques-unes est analogue au procédé employé en Suisse lorsqu'on modifia la constitution; au lieu de vingt-deux voix, on en donna quarante-quatre aux représentants des cantons ou Conseil fédéral, c'est-à-dire deux à chacun des cantons entiers, une à chacun des six demi-cantons d'Unterwalden, de Bûle et d'Appenzell.

*) ScHuMANN, Gr, Alterth., vol. H, p. 40. Droysen, Histoire de CllelUnisme, trad. Bouché-Leclorcq, 111, pp. 428-429. 533. Pauly, fi. £., vol. I. 2* édiL, p. 896. 902. Hermann, Gr, StacUsalt., § U, 17.

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