RÉFORME DE LA LIGUE AMPHICTYONIQUE
accorda six voix. Les Phocidiens, qui, depuis 279 av. J.-C., étaient redevenus membres de la ligue, disposaient de deux voix, ainsi que la ville de Delphes et les Béotiens. On accorda une voix à la Doride, contrée de peu d'étendue, aux Locriens Ozoliens, aux Locriens orientaux, aux Eubéens et à la ville d'Athènes. Le Péloponnèse fut traité avec une sévérité extraordinaire : les Doriens du Péloponnèse, parmi lesquels on est surpris de ne pas voir paraître les Spartiates dans cette circonstance, furent réunis en une curie qui (bien que comprenant les villes d'Argos, de Sicyone, de Corinlhe et de Mégare) n'eut qu'une voix. Parmi tous ces cantons et ces villes, Nicopolis, Delphes et Athènes avaient ce qu'on appelait des voix individuelles, c'est-à-dire que leurs représentants paraissaient dans toutes les assemblées amphictyoniques; les autres voix étaient des voix curiates, c'est-à-dire que les différentes villes de chaque canton ou curie envoyaient à tour de rôle, dans un ordre déterminé et à époques fixes, un ou plusieurs représentants à ces assemblées* qui, avec leurs anciens et leurs nouveaux fonctionnaires', recommencèrent à jouer un rôle très important dans la vie paisible du peuple grec sous la dominalion impériale et contribuèrent puissamment à l'exagération des titres honorifiques prodigués, dans la suite, aux empereurs dans les inscriptions qu'on leur dédiait.
C'est là, autant qu'il nous est permis d'en juger, la dernière des institutions nouvelles qui, sur le sol de la Grèce, doivent
*) Voy. en particulier Pausan., X, 8, 2 el 3 (cf. Philosthat., Vit. Soph., II, 57. Strab., IX, 3, ^; 7, 8, p. 641 [419]. 642 sqq. [419 sqq.]. Cf. Scho- MA.NN, Op. cit. Pauly, Op. cit., p. 902 sqq. Hekmann, op. ci7., § 14, 18. BôcKH, C. /. Gr., vol. I, p. 560; n» 1058, p. 578, v. n»* 1121. 1124, 1058, p. 559, p. 610. Freeman, Ilistory of fédéral government, vol. I, p. 130- 139. Les assemblées des Amphictyons à Delphes et aux Thermopyles sont mentionnées encore par Pausa.n., VII, 24, 3 (v. aussi vol. II).
') Parmi les nouveaux fonctionnaires , nous trouvons, par exemple, un ir,i[ulr,xriç xoO xoivoO twv 'Apiçixrjivwv. Cf. Rh. MuS,, II, p. 111 el Herma.n.n, Gr. Staatsalt., § 14, 18, et notamment le *EX).aoap-/r,; twv 'A(a?ixtv6vu)v ap. BOcKH, C. I. Gr., vol. I, p. 580; ces dernières fonctions étaient exercées dans certaines circonstances par la personne qui était en même temps Helladarque et àp-/iepev« du xoivôv des Panhellènes (ci-dessus, p. 474, 3); v. Bockii, t6i(i., p. 579, no 1124, li^^ 3 et 7, et p. 844. — Le irpiax^OlJ^a f^iî 'Afxçixrjovîa; aurait été à vie d'après Plut., An seni sit geremU resp., c. 20; v. les objections de K. Keil dans le Philologus, XX III (1865), ll« fasc, p. 245 sqq.