HADRIEN A ATHÈNES
monde romaio, c'est-à-dire en arrivant do Grèce, l'occasion d'introduire dans la capitale de son empire les solennités de ces mystères \
Ses longs et fréquents séjours à Athènes furent, toutes les fois que sa personne était directement en jeu, consacrés avec une prédilection particulière aux jouissances de l'esprit, que d'ailleurs Athènes pouvait alors encore lui offrir en abondance. Autant que sa nature le lui permettait, Hadrien se dépouillait alors de l'auréole impériale ; il se plaisait à vivre en Hellène au milieu des Hellènes, à aller et venir en costume grec, à entretenir avec les rhéteurs, philosophes et artistes athéniens, par lui hautement favorisés, les relations les plus cordiales et les plus agréables ^ C'est tout à fait dans cet
l'initiation d'Hadrien (et d'Antinoos ) « avant son voyage en Egypte».
Pauly, op. cit., p. 1034, place cette initiation, d'après Euseb., Chron., éd. Aucher, vo!. II, p. 285, en l'année 126(879 U. G.); il combat l'opinion — tirée par certains auteurs d'EusEB., ibid., de Hieronym., à l'année 885, ainsi que de la comparaison des passages de Spartien, saint Jérôme et Dion — d'après laquelle Hadrien serait parvenu en Tan 126 à des initiations inférieures, et en l'an 132, à des initiations supérieures. Tout au plus, dit-il, pourrait -on supposer une participation d'Hadrien à la fête d'Eleusis dans cette dernière année. De même, Flemmer, ibicL, p. 38 sqq., qui, à la vérité, fixe des époques différentes pour les initiations inférieure et supérieure, mais qui place les deux actes dans une seule et même année, pendant le premier long séjour de l'empereur dans l'Attique.
*) Cf. AuREL. ViCT., Cœsar. (Hadrian.), 14 init. D'après Flemmer, p. 40. 48 sqq., en l'année 880 U. G. = 127 après J.-G.
^} Gf. ci-dessus, p. 304, 1 ; sur les goûts d'Hadrien, voy. encore Eutrop., VIII, 7. Athen., VIII, 16 (63), p. 361. Spartian., Hadrian., 15, 10 sq. ZoNAR., XI, 23 init. Philostrat., Vit. Sophist., I, 24, 3 fm. p. 529. Pour Athènes, voy. Aurel. Vict., EpiC. {Hadrian.), 14, 2. Dio Gass., LXIX, 16. Spartian., Hadrian., 13, 2 et 15, 10 sqq. 16, 8 sqq. Flemmer, p. 36. Il n'a pas lui-même fondé, à proprement parler, l'université d'Athènes; cette fondation n'eut lieu (voy. ci-après) que sous les deux règnes suivants. Mais dès cette époque, les étabUssements d'instruction athéniens, qui d'ailleurs avaient déjà recommencé à prospérer depuis Ammonios (p. 161 sqq.), prirent un essor toujours plus grand, aussi bien dans la direction de la rhétorique (ou sophistique) que dans celle de la philosophie. Vers la fin du 1®^ siècle de notre ère, l'ancienne rhétorique à la mode « asiatique », qui visait à développer la facilité et l'abondance de la parole, avait engendré dans les écoles d'Asie-Mineure ce qu'on appelle la nouvelle sophistique (MoMMSEN, Rom. Gesch., V, p. 333 sqq. Erwin Rohde, Rhein. Museum, N. F., XLI [1886], p. 170 sqq.) qui bientôt prit pied également à Athènes. Les écoles athéniennes de rhétorique, auxquelles, à cette époque et plus