‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 102 sur 179 · HADRIEN A ATHÈNES · texte numérisé non relu

HADRIEN A ATHÈNES

ordre d'idées qu'il présidait de sa personne, en costume grec, les grandes fêtes religieuses et les concours, comme, par exemple, les célèbres Dionysiesattiques^ Toute cette culture esthétique n'empêchait pas, il est vrai, cet empereur de sacrifier à la corruption de son goût et de celui de son temps, à tel point qu'il donna une fois, dans le grand Stade de cette Athènes à la civilisation si raffinée, une chasse gigantesque qui ne consomma pas moins de mille animaux sauvages ^ Les Athéniens d'un esprit réellement cultivé purent ne considérer qu'avec regret celte aberraiion d'un grand prince ; mais

tard, parmi les pays voisins, Tlonie noLamment, et particulièrement Smyrne (Philostrat., Vit." Sophist., l, 21, 3 fin., 5 init. 25, 2 init. II, 26, 2 init.) faisait une active concurrence, prirent alors, même avant Hérode Atticos, et grâce tout particulièrement au célèbre Lollianos d'Éphèse, un puissant développement; cf. Philostrat., Vit. Sophist., 1,23, 1 init.; voy. aussi d'une manière générale C. L. Kayser, P. Hordeonius Loilianus ; Ellissen, p. 67 sqq. Clinton, Fast. Roman., I, p. 119. Zumpt, Die philo sophischen Schiilen zu Athen, p. 23 sqq. Cf. encore C. F. Weber, Comment, de Academ. literar. Athen. (Marburg. 1858), d'une manière générale, p. 3 sqq., 8. 10. 22. 37, et, pour Lollianos, p. 8 sqq.

*) Sur cette présidence des Dionysies, voy. Dio Cass., LXIX, 16. L'époque en est incertaine (pas avant l'année 125; PhiloL, Suppl., II, p. 595 et XXIII, p. 488). GoRsiM, Fast. Att., II, p. 105-112, Flemmer, p. 54, ViscHER, N. Schweizer. Mus., III (1863), p. 64, la rattachent à la consécration de rOlympiéon (voy. ci-après); Clinton, Fast. Roman., p. 124, la place dans le mois de mars de l'année 135, ainsi d'ailleurs que cette dédicace elle-même; voy. aussi PhiloL ^ XXIII, p. 488. C'est sans doute de ces Dionysies qu'il est question sous le nom de u agon )> pour 01. 228, 1 = 133- 134 ou 01. 227, 4 = 132-133 après J.-C, dans Syncell. éd. Bonn. p. 660 ou p. 349. P. fin. Voy. Euseb. et Hieronym., Chron. (éd. Schœne, II, p. 166-167) et Cassiodor., éd. Mommsen , à Tannée 136. L'agonothésie mentionnée dans Spartian., Hadrian., 13, 1, pour le premier séjour d'Hadrien à Athènes ne doit sans doute pas se confondre avec la présidence de ces Dionysies. On ne saurait conclure des mots tV àpyj^v apUç, dans Dio Cass., ibid., etc., et Alhenis archon fuit, dans Spartian., Hadrian., 19, 1, qu'Hadrien, devenu empereur, ait été encore une fois archonte à Athènes: c'est ce qu'expliquent Meier {Ind. Arch. Eponym. s» v. Hadrian.) et Keil {PhiloL Suppl. II (1863), p. 595 sqq.) ; cf. Clinton, p. 124. Vischer, op. cit., est d'une autre opinion.

2) Spartian., [Hadrian., 19, 3. Cette chasse eut sans doute lieu à l'occasion d'une grande fête religieuse à Athènes, peut-être lors des Dionysies; cf. Flemmer, p. 38. A la vérité, les Athéniens avaient eux-mêmes agi pareillement en ajoutant à leurs fêtes religieuses d'Eleusis (ci-dessus, p. 255) des combats de taureaux (Artemidor., Onirocrit., I, 8, p. 15): cf. Fried - LANDER, I)arstellungen,\\-, p. 265.

HADIUKN LÉGISLATEUR DES ATUÉNIE>CS 321

néanmoins tous les scrupules disparaissaient à Athènes devant une reconnaissante admiration pour la multitude de faveurs dont Hadrien comblait la ville de Périclès.

Les bienfaits qu'Hadrien prodigua furent, nous l'avons dit, de genres très divers. D'une part, l'empereur intervint comme réformateur de la constitution intérieure de l'Etat. Abstraction faite de l'intérêt qu'Hadrien prenait d'une manière générale à la vie communale des villes « libres » de la Grèce, — (juoique cependant (voy. ci-dessus, pp. 148 sqq.) sa politique ne tendît* pas précisément à l'extension de leurs droits, — les Athéniens eux-mêmes l'avaient sollicité déporter ses regards sur l'état de leur législation. Hadrien entra effectivement dans leurs vues ; et c'est ainsi que, lors de son premier séjour de longue durée à Athènes, il réforma sur des points essentiels la législation locale athénienne (sans doute dans le même esprit dans lequel il ordonna aussi à nouveau la législation romaine et la masse des lois qui la composaient^). Nous ne connaissons pas par le détail ce côlé de son œuvre ; nous savons toutefois qu'il établit notamment pour le commerce de l'huile, auquel se livraient les Athéniens et qui était alors une question vitale pour ce petit Etat, des règles nouvelles et bien entendues. En raison de l'importance qu'avait alors pour r « Etat » attique, appauvri comme il l'était, la production et la consommation de la belle huile du pays, les intérêts des producteurs paraissent avoir été, à diverses reprises, en opposition avec ceux des services publics. Hadrien établit donc, autant qu'on en peut juger par les restes de l'inscription qui nous renseigne sur ce point, les principes suivants. L'exportation de l'huile ne fut pas précisément interdite aux particu-

*) Ces réformes se rattachent au premier séjour qu'il fit à Athènes étant empereur : voy, Syncell. (éd. Bonn. Vol. I, p. 659) ou p. 349 P. Euseb. et HiERONYM. ad 01. 224,4 = 124-125 ap. J.-G. Euseb., Chron. (éd. Schœne. Vol. II), p. 166-167. Autres opinions : Clinton (Fast. Roman., I), à l'année 122 ap. J.-C. Flemmer (p. 31. 33 sqq.), à partir de 876 U. C. = 123 ap. J.-C. Cf. aussi Dio Cass., LXIX, 16 et Ellissen, Zur Gesch. Athens, p. 59 sqq. Cf. encore Voigt , {Das jus Naturale, II, 2, p. 773), qui, d'après la chronique de Cassiodore (éd. Th. Mommsen. p. 636), place ces travaux législatifs dans Tannée 126 ap. J.-C. ; voy. aussi Guspln:an., Anon. chron., p. 201.

H. M. :il

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liers, ni ie commerce de l'huile transformé en un monopole de rÉtat. Mais, comme il était à craindre que, malgré une production des plus abondantes, une exportation irréfléchie pût mettre facilement dans Fembarras les gymnases attiques^ les bains, les ordonnateurs des sacrifices, des jeux, etc., qui consommaient des quantités d'huile très considérables, ou les forcer à payer des prix tout à fait excessifs, on prit les décisions que voici, se rattachant sans doute à d'anciennes dispositions : ceux qui récoltaient de l'huile dans FAttique durent chaque fois réserver, pour être vendue à l'Etat, le ti'ers de la récolte annuelle [(seuls, les possesseurs de fonds spécialement désignés n'étaient tenus d'en mettre à part pour cet emploi que la huitième partie). Cette quotité n'était pas d'ailleurs exigée à titre d'impôt en nature, mais achetée aux producteurs pour le compte de l'Etat, au cours des marchés. Les producteurs devaient chaque fois déclarer aux agents fmanciers de FEtat, conformément à la vérité et d'une manière très détaillée, l'importance de la récolte, et aussi, chaque fois, les quantités exportées. Les producteurs qui faisaient des déclarations infidèles, ou qui vendaient leur huile sans avoir préalablement fait connaître à l'administration le montant de leur récolte , encouraient une peine grave (notamment la confiscation), en même temps qu'une prime déterminée était affectée aux dénonciateurs. De même, les acheteurs étrangers étaient tenus de faire connaître au gouvernement athénien leurs affaires en huiles ; quiconque contrevenait à cette prescription encourait des poursuites rig-oureuses et une sévère répression. Une série de dispositions réglait la procédure judiciaire à suivre par le Conseil et par le peuple, dans les cas se rattachant au régime de l'huile, ainsi que l'appel de ceux que les tribunaux athéniens avaient condamnés au proconsul d'Achaïe (cf. p. 149, 2) et à l'empereur. Il paraît enfin que l'on s'était réservé de se relâcher de la rigueur de ces prescriptions au cas où la récolte des olives serait assez abondante pour que le tiers dépassât de beaucoup les besoins ordinaires des établissements publics ^

-) BôcKH, C. I. Gr., I, n° 335. p. 426 sq. Voy. EllissexX, Zur Gesch. Athens,

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