‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 104 sur 179 · INDIGENCE DES ATHÉNIENS · texte numérisé non relu

INDIGENCE DES ATHÉNIENS

Mais à la pauvreté de la commune se joignait la pauvreté des particuliers. Il y avait sans doute à Athènes de très-riches citoyens, et, grâce au nouvel essor que prenait peu à peu l'Université, le nombre des professeurs riches s'accrut également. Mais d'abord, et avant que des milliers de jeunes étudiants riches apportassent à la ville une nouvelle source de gain, qui devait pendant plusieurs siècles y répandre à flots la richesse, la ruine d'une bourgeoisie qui avait été dans l'aisance, la perte irréparable de l'antique grandeur commerciale et industrielle, se firent longtemps et durement sentir. Il est bien vrai que la facilité plus grande de Fexistence dans le Midi permettait encore aux Athéniens pauvres ou appauvris de mener une vie tolerable ; et sans doute on pensa plus tard que cette ville, avec son calme presque champêtre pour tout ce qui touchait aux affaires, avec sa population railleuse et spirituelle, à la répartie vive, d'une philosophie sensée, habituée à la simplicité et à la frugalité, ennemie du luxe par principe, était essentiellement et tout particulièrement à même d'exercer une action salutaire sur les étudiants étrangers, jeunes, riches et orgueilleux *. Mais quiconque ne faisait pas de la misère une vertu devait néanmoins très vivement déplorer, d'une part, la situation des citoyens d'Athènes, dont bon nombre étaient couverts de dettes ^ et, d'autre part, l'occasion que, en raison de la pauvreté des habitants et de la commune, tout renché-

une certitude absolue si le don des revenus de Céphallénie à Athènes a eu lieu avant ou après la consécration de l'Oiympiéon, à laquelle se rattache l'inscription de Paie (il est très probable toutefois que ce fut avant). Ensuite, étant donné l'état des choses à celte époque, l'attribution à Athènes des revenus publics de Céphallénie n'impliquait nullement en soi un rapport de sujétion Je rette île vis-à-vis d'Athènes. Il est d'ailleurs possible que les citoyens de Paie aient précisément voulu déclarer qu'ils n'étaient en aucune façon sujets d'Athènes. Cf. Kuhn, II, p. 47. Flemmer, p. 59. Ellissen, p. 59. Ahrens, De statu Athen., p. 63. Observation naïve dans Beeskow, CephaluTiia, pp. 21 et 31. Le don lui-même est mentionné dans Dio. Cass., LXIX, 16. Peut-être lait-il partie des rnulta dona dont Hadrien gratifia Athènes (Syncell., éd. Bonn., p. 658, ou p. 348 (P.). Euseb. Chr., éd. Schœne. Vol. il., p. 166, à 01. 225, 1 = 125 ap. J.-G. Hieronym. p. 167, à 01. 227, i z= 129-130 ap. J.-C).

1) LuGiAN., Mgrin., 12-14.

') Cf. Philostrat., Vit. Sophist., II, 1, (Herod.), 4, p. 549.

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