HISTOIRE GRECQUE LOCALE
Hadrien du synode phocidien * et du phocarque M. Ulpius Damasippos, qui fut aussi, comme son père l'avait déjà été, investi de cette fonction de béotarque (p. 279) *. Enfin, — et ceci est caractéristique, — à cette époque où, d'une manière générale, les anciennes rivalités des villes et des races grecques tombaient de plus en plus, la vieille haine des Mégariens contre Athènes se ralluma avec violence une fois encore, par un étrange anachronisme. Il fut déclaré (on ne sait en quelle année) qu'on refuserait de recevoir tout Athénien qui s'aviserait de se rendre à Mégare pour la célébration prochaine d'une fête locale mégarienne, désignée sous le nom de « Petites Pythies ». Un célèbre sophiste de cette époque, Marcos de Byzance qui, dans ce temps même honorait Mégare de sa visite, comme la métropole de sa ville natale, réussit toutefois par des paroles éloquentes à faire taire le ressentiment des Mégariens, à amener une réconciliation et à ménager aux Athéniens une réception amicale à Mégare l
D'ailleurs, ces vieilles haines de canton allèrent toujours en décroissant, du moins chez l'élite des Hellènes, et l'action panhellénique de l'empereur Hadrien *, secondée par Tintelligence de fgrands personnages grecs , notamment d'Hérode Atticos (voy. ci-après), fut certainement, à ce point de vue comme à d'autres, d'une efficacité féconde. Enfin Hadrien, le grand philhellène, mourut le 10 juillet de l'année 138 ; le sceptre du monde romain passa alors, comme on sait, à son noble fils adoptif , qui fut l'empereur Antonin le Pieux et
*) Keil, Syll. inscr. Boeot., p. 109 sq.
2) BôCKH, C. L Gr., I, n° 1738.
3) Philostrat., Vit. Sophist., ï, 24, 3, p. 529. Cf. Ellissen, p. 65 sqq.
*) FiNLAY, op. cit. (cf. aussi Pauly, op. cit., III, p. 1039 sqq.) fait ressortir encore l'influence bienfaisante des travaux de codification d'Hadrien et l'amélioration qui en résulta pour l'administration de la justice dans les provinces ; à la suite de ces travaux, la compétence des juridictions locales chez les Grecs aurait été peu à peu de plus en plus restreinte. Il attribue aussi à cet empereur la pensée « de fondre en un système général, reposant sur la base de la jurisprudence romaine, les différentes coutumes locales et les différentes lois des Grecs, et d'élever ceux-ci, sous le rapport des droits civils, au niveau des Romains, sans d'ailleurs chercher, en greffant en quelque sorte les lois romaines sur le tronc de la société grecque, à anéantir les institutions municipales de la nation ».