‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 123 sur 179 · ANTONIN LE PIEUX · texte numérisé non relu

ANTONIN LE PIEUX

Il paraît d'ailleurs avoir été constamment animé des meilleures intentions pour les Athéniens en particulier ^ Nous savons en outre que, comme ami des sciences et plein de zèle pour leur avancement ', il témoigna aussi s» faveur aux philosophes et aux rhéteurs d'Athènes, et qu'il provoqua notamment la première organisation fixe d'où sortit ensuite complètement formée, sous son successeur, une Université proprement dite. Aussi l'Aréopage ne manqua pas d'élever à sa gloire, et cette fois à Rome, une statue avec une inscription honorifique ^

Un bienfait d'une valeur toute particulière pour les Hellènes fut la modification qu'Antonin, mù par un sentiment d'humanité, introduisit dans le droit de succession. Nous savons déjà (voir ci-dessus, p. 49 sqq.) que le nombre des Grecs qui acquéraient le droit de cité romaine était, dès le premier siècle de l'empire, très considérable. Or, autant qu'on peut s'en rendre compte, 'cette tendance des Hellènes riches et de haut rang allait sans cesse croissant*. Mais on n'en ressentit que plus

*) Il n'est pas impossible que les paroles rapportées dans BÔckh , ibid, n^ 347 : «... avau^i^o-avxa xàç toO ôeoO Tcaxpbç aùxoO eùspyeacaç » rappellent d'autres bienfaits encore que Tachèvement de l'aqueduc. Cf. aussi Fried- LÀNDER, Darstellungen, II, p. 64, 4, et Jul. Capitolin., Antonin.^ 4, fin.

') D'après Jul. Capitolin., Antonin. Pius, H, 3, (Voy. en outre Digest., XXVII, 1, De excusât., fr. 6), Antonin accorda de son côté aux rhéteurs et philosophes (ainsi qu'aux grammairiens), dans toutes les provinces, des privilèges et des traitements. « Les privilèges consistaient principalement dans l'exemption de toutes les contributions et charges publiques ; les traitements étaient, sans aucun doute, pris d'abord sur les revenus propres de chaque ville, et étaient seulement, lorsque ceux-ci ne suffisaient pas, complétés sur les fonds du fisc impérial » (2umpt, Die philo sophischen Schulen zu Athen, p. 21 sqq.). Zumpt expose ensuite (p. 23) que l'on dut se décider alors, à Athènes comme ailleurs, à commencer par allouer aux professeurs une rémunération fixe. D'après Philostrat., Vit. Sophist., I, 23, 1 init., p. 526, on fonda d'abord une chaire rétribuée de [rhétorique ou sophistique, qu'occupa en premier lieu, pour y acquérir une réputation justifiée, le Lollianos déjà mentionné plus haut à diverses reprises. Cf. Zumpt, op, cit., p. 24, et aussi Bernhardy, Griech. Litt. Gesch., I, pp. 583. 590 sqq. 593. Lotholz, Zur Gesch. der Bedeut. Athens, p. 18 sqq. C.-F. Weber, De academ. litterar. Athen., p. 4. 8 sqq. 19. 21. Ellissen, Zur Gesch, Athens, p. 67 sqq. 70 sqq.

') Suivant toutes les apparences, dans ce qu'on appelait la Graecostase (cf. Capitolin., Antonin., 8, 2). Bockh, C. I. Gr., III, n° 5886. *) Cf. aussi LuciAN., Demonax, 40.

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