‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 13 sur 179 · LE PSEUDO-DRUSUS · texte numérisé non relu

LE PSEUDO-DRUSUS

d'une triste célébrité à se poser en prétendant contre Tibère, dansTIonie, dans les Cyclades et sur le continent grec. C'était un jeune homme d'origine inconnue, qui se donnait pour Drusus, le fils de Germanicus, pour le malheureux jeune homme qui, depuis Fan 29 ap. J.-C, était captif dans les cachots du Palatium (et y trouva la mort en Fan 33). Ce faux Drusus parut donc en compagnie de quelques affranchis, qui certifièrent son identité. On disait généralement que le jeune Drusus s'était échappé de sa prison et cherchait maintenant à rejoindre les légions jadis commandées par son père, d'immortelle mémoire, et qu'il allait d'abord envahir la Syrie et l'Egypte. Il y avait réellement en Grèce, des deux côtés de la mer Egée, assez d'aventuriers et de cerveaux brûlés dont de tels propos enfiammèrent l'incurable légèreté. Le faux Drusus vit réellement les soldats affluer en foule à ses côtés; déjà, en Achaïe et en Asie (particulièrement en lonie), des mouvements sérieux se produisaient dans beaucoup de villes ^ C'est alors que le légat impérial, Poppaeus Sabinus, décida de frapper un coup rapide et énergique. Partant de la Macédoine, il suivit avec

dans les années 33-34. Gt aussi Stahr, Rômische Kaiserfrauen^ p. 352 et suiv.

^) On peut encore remarquer ici que, d'après Tacit., Ann., Ill, 58, une fois déjà, en l'an 21 ap. J.-C, un personnage considérable de Macédoine nommé Antistius Vêtus (qui était, à en juger par son nom, ou un Macédonien ayant obtenu la cité romaine, ou un descendant des Romains établis par Auguste [t. I, p. 464] en Macédoine ou qui s'y étaient fixés antérieurement ou de leur propre mouvement), avait été déporté dans une île lointaine comme coupable de haute trahison, parce qu'il s'était engagé dans des relations ayant ce caractère avec le prince thrace Rhascuporis, fils de Rhœmetalcès ; ce sombre personnage, peu de temps après la mort d'Auguste, avait fait la guerre à son neveu Cotys, s'était enfin emparé de lui par ruse, et en dernier heu l'avait assassiné. N'ignorant pas comment Tibère envisageait en réalité sa manière d'agir, Rhascuporis avait, dès avant le meurtre de Cotys, fait des préparatifs, dirigés évidemment contre Rome ; puis, après la mort de Cotys, il avait été fait prisonnier par le légat de Mœsie, Pomponius Flaccus (p. 8), conduit à Rome, et interné, à titre de peine, à Alexandrie ; mais il y avait été mis à mort en l'an 19, à la suite d'une tentative d'évasion (Tacit., Ann., II, 64-67). Sur le soulèvement de quelques unes des tribus thraces de l'Hsemus et du Rhodope contre le fils de Rhascuporis, Rhœmetalcès II et le tuteur romain des enfants de Cotys, Trébellienus Rufus, et sur la façon dont les Romains domptèrent les Barbares thraces dans les années 21 et 26, v. Tacit., ibid., Ill, 38 sqq. ; IV, 46-51 ; cf. RosLER, Bas vorrômische Dacien, p. 19-22.

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