LES ATHÉNIENS PROTESTENT CONTRE TIÉHODE
proclamer heureux ceux des Athéniens que la peste qui venait de sévir à Athènes (p. 374) avait soustraits aux tristes épreuves du présent. On pria enfin les Quintilius d'adresser à l'empereur Marc-Aurèle un rapport sur l'état des choses, ce qu'ils firent immédiatement, dans des termes qui ne furent certainement pas à l'avantage d'Hérode \
Hérode, qui ne se rendait pas compte encore de l'ensemble de la situation, mais qui cependant sentait venir l'orage, s'en prit d'abord, avec des paroles pleines de colère, aux Quintilius « qui ameutaient les Athéniens contre lui ». Plus grande encore fut son irritation contre eux et contre Démostratos et ses amis, lorsque ces derniers, après l'assemblée dont nous venons de parler, forts de la faveur des Quintilius et secrètement dirigés dans leurs démarches par le célèbre sophiste Théodote, allié à la famille de Lysiade et de Démostratos (p. 378, 4), jadis auditeur et désormais rival d'Hérode^ alors en même temps premier stratège à Athènes, se déclarèrent ouvertement et énergiquement contre lui, Hérode accusa alors ses adversaires auprès du gouvernement, à raison des menées dirigées contre lui ". Mais Démostratos et les siens prirent promptement leur parti. Ils savaient sans doute (peut-être par les Quintilius) que l'empereur Marc-Aurèle, avec son esprit net et élevé, ne pouvait guère approuver les allures bizarres et les procédés tyranniques de ce prince de l'argent, vaniteux enfant gâté, et que de plus il soupçonnait le sophiste de n'avoir pas été sans prendre quelque part aux intrigues secrè-
*) Philostrat., vu. Sophist., II, 1, 8, p. 555 init., et notamment 11, p. 559 et 561 fin. Sur Démostratos (de Marathon, p. 345) et ses compagnons, voy BôcKH, C. I. Gr., l, sur le n» 385, p. 442, et ci-dessus p. 378, 4. Cf. dans leRhein. Mus., N. F. XXI (1886), p. 510, F. Lenormant, Iriser. Grsec. inédit, centur. quart., xi^ 301. Sur Démostratos et sa famille : Philologus, XXIV (1866), p. 463 sqq. Sur Mamertinos, voy. p. 342 sqq. L' « anarchie » qui se produisit plusieurs fois à Athènes dans ce temps, et dont il est question ci-dessus, p. 346, ne se rattacherait-elle pas à la « tyrannie » d'Hérode?
•^) Philostrat., II, 1, 11, p. 559. Cf. II, 2 init. p. 566. — Les explications peu claires de Philostrate (p. 559) ne nous apprennent pas d'une manière certaine qui Hérode accusa, et où il porta ses doléances. Le plus vraisemblable (cf. aussi Ellissen, p. 81), c'est qu'il traduisit ses adversaires, y compris les Quintilius, devant 1' « Yiyefjiovia », c'est-à-dire, dans l'espèce, devant l'administration supérieure à Rome,
)IÉR0DE A SIRMIUM 407
tement ourdies contre le prince philosophe, intrigues à raison desquelles Marc-Aurèle paraît avoir tenu en suspicion le collègue par lui associé à l'empire^ L. Verus, qui mourut d'ail-, leurs dès le mois de janvier 169 ^
En conséquence, pour se mettre à l'abri du courroux d'Ilerode, qui aurait pu tenter quelque coup de main, ils partirent brusquement et en cachette pour la forteresse de Sirmium, dans la Pannonie méridionale, où Marc-Aurèle se trouvait alors avec sa famille et oii il avait son quartier général durant cette période de la guerre contre les Marcomans. Aidés par l'intervention de l'impératrice Faustine , que l'adroit Démostratos avait tout d'abord su gagner, ils furent accueillis par Marc-Aurèle avec beaucoup de bienveillance et logés dans le voisinage du château. Sur ces entrefaites parut aussi à Sirmium^ soit de son propre mouvement, soit en vertu d'un ordre impérial, le vieil Hérode, qui s'installa dans une maison du faubourg. Il amenait avec lui deux belles jeunes filles, les deux filles jumelles d'Alcimédon, qu'il avait élevées depuis leur jeunesse, destinées à son service personnel et traitées comme ses propres enfants. Or il advint, pendant qu'il était à Sirmium, que, par une sombre nuit d'orage, la foudre tomba dans son habitation et tua les deux jeunes filles. Ce malheur jeta le fougueux vieillard dans un tel désespoir que, lors de l'audience, qui eut lieu peu après, il perdit devant l'empereur toute réserve et toute mesure, tint en sa présence des propos des plus grossiers, et, l'offensant directement, lui rappela très brutalement l'hospitalité offerte par lui, Hérode, à L. Verus (pp. 373. 383) ; il eut en un mot les allures d'un accusateur plutôt que celles d'un accusé, et finalement quitta le prétoire avec fracas.
Le calme et bienveillant Marc-Aurèle lui pardonna néanmoins tout cela. Les débats se terminèrent tranquillement ; l'empereur écouta avec intérêt le discours de Démostratos, inspiré encore par Théodote et qui était un chef-d'œuvre ; il écouta avec une profonde sympathie les plaintes que lui por-
1) EcKHEL, D. iV.,VII,p. 94. Pauly, R. E.,I, 1, p. 1199. Clinton, p. 161.
Sur Verus, cf, aussi Dio Cass., LXXI, 2 fin.
408 FJ ERODE DANS SES PROPRIÉTÉS
[aient les Athéniens contre Hérode et ses atfrancliis. Mais la sentence de l'empereur eut plutôt pour objet d'empêcher le favori de commettre, au gré de ses caprices, de nouveaux excès, que de tirer vengeance par des peines rigoureuses d'un ensemble de faits à l'égard desquels l'empereur, par l'indulgence dont il avait jusqu'alors usé, les Athéniens euxmêmes et Hérode portaient en définitive une égale part de responsabilité. Il est certain qu'en fait la situation prépondérante d^Hérode cessa désormais d^exister ; mais ni Hérode, si cruellement humilié déjà, ni Alcimédon, qui avait perdu ses enfants, ne furent autrement frappés de peines spéciales et personnelles ; quant à celles qui furent infligées aux autres affranchis coupables, elles furent relativement douces \
Néanmoins, Hérode fut pendant un certain temps exaspéré. Il ne voulut pas remettre le pied dans F « ingrate » Athènes. Il paraît en conséquence avoir séjourné quelque temps, tout d'abord pour rétablir sa santé ébranlée, dans la ville d'Oricos (qu'il ne restaura peut-être qu'à cette époque). Depuis, il vécut d'une manière permanente dans ses villas de Marathon et de Cépliisia^ où le suivirent par nombreuses troupes, avides de s'instruire, les jeunes étudiants d'iVthènes *. Sa renommée académique et sa richesse lui étaient restées. Il continua toujours d'être recherché par des hommes de grande réputation, ses collègues dans son art, comme le célèbre x\lexandre Péloplaton de Séleucie en Cilicie, qui prit part avec lui, en toute amitié, dans ce qu'on appelait le théâtre d'Agrippa à x\thènes (t. I, p. 482), à une espèce de tournoi de rliétorique, et reçut de lui des présents honorifiques d'un prix véritablement colossal ^ Dans ce séjour, le bouillant vieillard se calma
') Philostrat., vu. Sophist., II, 1, 11, p. 560-561 ; voy. aussi p. 555 init., et 12, p. 562; 13, p. 563. Il, 2 init., p. 566. (Sur ïhéodotos, voy. encore Bockh, I, n« 397).
2) Philostrat., II, 1, 12 init., p. 562 et 5, 3, p. 57i. C'est là surtout qu'il a perpétué sa mémoire par des inscriptions; voy. Keil, p. 2097. Leake, Die Bemen von Attika (trad. Westermann), p. 68. Bockh, C. I. Gr., I, n°^537 et 989-995. Franz, op. cit., p. 925 6. Bubsian, Geogr., I, p. 340. Constructions élevées par Hérode à Marathon : voy. Bursiax, ibid.f et p. 338. Bockh, C. I. G7\, n° 537. Leake, Demen von Attika, p. 68 sqq. Sur Oricos, voy. Franz, op. cit., p. 925.
3) Philostrat., II, 5, 3, p. 571 à 574.
HÉRODE CURATEUR DE l'uNIVERSTTÉ d' ATHENES 409
peu à peu. Son ancienne affection pour Marc-Aurële se réveilla bientôt ; il chercha, par des paroles d'une laconique sévérité, à détourner le célèbre gouverneur de Syrie, Avidius Cassius, avec lequel il était également lié d'amitié, de sa rebellion contre l'empereur (en l'an 175) ^ Enfin, lorsqu'Hérode eut de son coté commencé à reprendre son active correspondance d'autrefois avec la cour, une lettre des plus aimables, écrite par Marc-Aurèle (de Syrie, après la mort de son épouse Faustine, vers la fin de l'année 175 ou le commencement de l'année 176) à son ancien maître et ami acheva la réconciliation ^ Il est également très vraisemblable que l'empereur, lorsqu'il visita Athènes en l'an 176, continua tout naturellement ses anciennes relations personnelles avec Hérode, car c'est sans doute à cette époque* que Marc-Aurèle donna à l'Université d'Athènes son organisation définitive (voy. ciaprès). A cette occasion, il fit de son ami Hérode comme le curateur de l'établissement nouvellement créé, c'est-à-dire qu'il lui remit le soin de faire subir un examen aux philosophes des écoles platonicienne, péripatéticienne et épicurienne qui devaient être nommés professeurs salariés de philosophie, et de désigner ceux qu'il aurait choisis \
Par contre, Hérode avait été sans doute fort désagréablement afTecté lorsque, quelques années auparavant, Tempereur avait sans hésiter appelé, sur sa seule réputation de grand orateur et dans les conditions les plus flatteuses^ ce Théodote dont nous avons parlé à la chaire de sophistique par lui nouvellement créée et entretenue sur les fonds de l'État (à côté de celle qui existait déjà et que la ville d'Athènes avait fondée [p. 364]) ^ En revanche, il avait déjà eu la joie, après la mort de Théodote et avant l'arrivée de Marc-Aurèle à Athènes et l'organisation définitive de l'Université, de voir son favori Hadrien de Tyr appelé par l'empereur à cette même chaire de
1) Philostrat., II, 1, 13 init., p. 563. Keil, p. 2100.
2) Philostrat., II, 1, 12, p. 562. Pauly, R, f;.,I, l,p. 1200. Clinton, p. 171.
^) Keil, p. 2104.
*} Philostrat., Vit. Sophist., II, 2, p. 566 fin. Zqmpt, Die philosophischen Schulen, p. 27 sqq.
3) Philostrat., Vit. Sophist., Il, 2, p. 566. 567. ~
410 MORT d'hÉRODE
sophistique \ llérode demeura d'ailleurs jusqu'à la fin hargrieux et jaloux; c'est du moins ce que donne à entendre, pour cette dernière époque de sa vie, le récit des scholiastes sur son attitude hostile vis-à-vis d'Aristide de Smyrne et sur l'adresse avec laquelle celui-ci le trompa'. Hérode mourut de consomption ^ en l'an 177, âgé d'environ 76 ans, à Marathon. D'après ses dispositions, ses affranchis devaient l'inhumer dans sa villa. Mais les Athéniens, qui avec leur naturel bienveillant ne se souvenaient plus que des bienfaits qu'Hérode avait répandus sur eux et des avantagées qu'ils lui devaient, qui enfin, et non sans raison assurément, attribuaient aussi à son influence la fondation et l'organisation récente de leur Université*, ne se crurent pas liés par ses dispositions et revendiquèrent pour leur ville sa dépouille mortelle. Ils la firent d'autorité enlever de Marathon par les éphèbes ; le peuple se porta en foule au-devant du cortège,, se lamentant et répandant des torrents de larmes ; enfin le célèbre rhéteur fat inhumé dans le Stade panathénaïque, par lui si magnifiquement restauré de longues années auparavant ^ Son élève favori, le professeur de rhétorique Hadrien de Tyr ^ déjà mentionné, lui dit le dernier adieu, et l'autorité publique fit placer sur sa sépulture une pierre tumulaire avec une inscription très étendue/.
Le souvenir de la valeur scientifique d'Hérode ne subsista naturellement que dans le monde savant ; mais celui-ci se rappelait avec complaisance jusqu'aux traits d'originalité
*) Hadrien de Tyr : Philostrat., II, 10, 4, p. 588. Franz, op. cit., p. 924.
-) C'est ce que dit Aristid. éd. Dindorf, III (Sopatri Prolegomen.) p. 739. Cf. Ellissen, p. 87.
^) Keil, ibid. Suidas, s. v. Herod. Clinton, p. 173. Philostrat., II, 1, 15, p. 565. 566. Franz, p. 922. 923. 926. Ellissen, p. 85.
*) Cf. ci-après, p. 413, 1.
S) Philostrat., II, d, i5, p. 565-566.
«) Philostrat., Vit. Sophist., II, 10, 1 fin., p. 586.
') Philostrat., II, 1, 15 fin. Traces présumées, quoique fort douteuses, de son tombeau sur le talus E. du Stade, en face des restes du temple de Tyché; voy. Ellissen, p. 86, avec des remarques sur un cénotaphe de Marathon et sur le buste qu'on y a trouvé, entre ceux des empereurs Marc- Aurèle et L. Verus, et qu'on suppose être celui d'Hérode,
DESCENDANTS d'hÉRODE 411
personnelle du plus grand sophiste de ce siècle, sans en excepter même la coiffure de paysan d'Arcadie qu'il portait en été pour se défendre de l'ardeur du soIeiP. Quant aux Athéniens, ses magnifiques constructions les empêchèrent pendant des siècles encore d'oublier le plus riche et le plus généreux de leurs concitoyens de l'époque impériale. Mais parmi tous ceux qui de son vivant l'avaient touché de près, celui qui bénit le moins sa mémoire fut sans doute son propre fils Atticos, le débauché dont nous avons parlé. En effet, dans son insurmontable adversion pour ce fils, dont il redoutait en outre la prodigalité insensée, Hérode avait en mourant légué son propre patrimoine à d'autres héritiers, ne laissant à ce fils détesté que le patrimoine de sa mère Régilla^. Néanmoins Atticos se trouva encore assez riche pour pouvoir, quelque médiocre que fût sa capacité, jouer dans l'époque qui suivit, grâce à ses hautes alliances et aux ramifications aussi nombreuses qu'étendues de ses relations de famille, un rôle encore brillant au point de vue de ses contemporains. Atticos apparaît à Rome en l'an 185 comme consul, et même consul « ordinaire » de l'année ^ Entre 18S-186 et 191-192, il fut à Athènes archonte éponyme% et vraisemblablement il fut une fois aussi, à Sparte, investi de la charge de patronome \ Nous terminerons l'histoire de cette famille en rappelant que le célèbre proconsul d'Afrique Antonius Gordianus (le père), auquel Philostrate dédia son ouvrage intitulé Biographie des Sophistes, faisait remonter l'origine de sa famille à Hérode Atticos •"'. Si nous revenons maintenant aux rapports des empereurs
') Philostrat., II, 5, 3, p. 572.
2) Philostrat., Vit, Sophist., II, 1, 10, p. 558.
^) Cf. Keil, op. cit., p. 2102. Sijll. inscr. Boeot., p. 130, d'après Muratori, p. ccGXLiii, 3 : « Materno et Attico cos. ■» Franz, op. cit., p. 922.
DiTTENBERGER, p. 81.
*) DiTTENBERGER, p. 81.
^) BôcKH, n" 1241, 13 et 1245, 2; voy. aussi p. 607 a et n» 1256. Son fils est plus tard, en 209, héraut du Conseil et du peuple à Athènes (Dit-
TENBERGER, p. 816).
^) Philostrat., Vit. Sophist., dans la dedicatio à Anton. Gordian., p. 479. 480; voy. là-dessus Kayser (dans le Prooemium, p. I), d'après lequel Touvrag'e aurait été déjà achevé avant la mort d'Alexandre Sévère (survenue en l'an 235), Clinton (à l'année 239), p. 255-257. D'après Westermann,
4 \ 2 S3IYRNE
romains avec la Grèce, il nous reste à raconter la visite que Marc-Aurèle fit à Athènes en Fan 176 (p. 409). Après la fin de la première série des grandes opérations militaires contre les peuplades du nord du Danube, la révolte dangereuse, mais rapidement réprimée du gouverneur de Syrie, Avidius Cassius, le conduisit en Orient (en l'an J75). Lors de son retour (en 176), il eut d'abord Foccasion de faire la connaissance du célèbre rhéteur Aristide K Ce fut celui-ci également qui le détermina plus tard à aider, par des secours considérables, au relèvement de la ville de Smyrne, si cruellement éprouvée en Fan VtS par son tremblement de terre (p. 374) '. Marc-Aurèle se rendit ensuite, comme nous venons de le dire, à Athènes, où il se fit initier aux mystères d'Eleusis ^ et enfin
dans Pauly, R. E., V, p. 1531, l'ouvrage fut achevé dans les années 229- 238 ap. J.-C, époque où Gordien était proconsul d'Afrique. Jul. Capitolin., Gordian^ 2, 4, et Maximin.^ 14. Herodian., VII, 5. Christian, dans sa traduction des Biographies des sophistes, place avec Kayser (Introduction, p. 1149) la composition de l'ouvrage avant l'année 235 de notre ère. Cf.
DiTTENBERGER, p. 82.
*) Clinton, p. 170 sqq. 173. Aristid., Orat. XXII (éd. Jebh) p. 269-273. Orat. XV, p. 229-235. Masson dans Dindorf, III, p. 144 sqq. Philostrat., Vit. Sophist., II, 9, 2, p. 582 sqq.
2) Aristid., ed Jebb., Orat. XX, p. 260-263. Orat. XXI, p. 263-269. Orat. XLI, p. 512-516. Philostrat., Vit. Sophist., Il, 9, 2, p. 582-583. Clinton, p. 176-177. Zonar., Annal., XII, 3. D'après Syncell., ed. Bonn, p. 667, ou p. 353 d (P.), l'empereur fit remise à la ville de Smyrne, pour dix ans, des impôts dus à l'État. Cf. Bockh, C. I. Gr., II, p. 731, sur le n" 3188. (Remise générale des arriérés d'impôts depuis 46 ans : Dio Cass., LXXI, 32). Smyrne reçut aussi des sommes considérables, et l'empereur confia la direction des travaux en cours à un fonctionnaire spécial pris dans les praetorii (Dio Cass., LXXI, 32). Smyrne est constamment célébrée dans les inscriptions du temps de Commode, de Septime-Sévère, et du 111^ siècle comme « TrpwTV) Trjç 'Aacaç xa>.>.et xai pieyeOet v.a\ loi\nipo'zÔL'ZT, OU ■/aU'Iax-o » (Bôckh, C. I. Gr., II, n°« 3191. 3197. 3202. 3204. 3205. 3206. Friedlànder, Darstellungen, II-, p. 73). Philostrate [Vit. Apollon., IV, 7) célèbre également la beauté de cette ville, à laquelle ses professeurs (cf. p. 368), même après Aristide et Marc-Aurèle, continuèrent encore à donner des preuves de leur dévouement. Cf. Philostrat., Vit. Sophist., II, 26, 2 fin., p. 613.
3) Dio Cass., LXXI, 31 fin. Capitolin., M. Aurel., 27, 1. Philostrat., Vit. Sophist., II, 1, 12, p. 563, et II, 10, 4 init. p. 588. Clinton, p. 172. Ahrens, De statu politic. Athen. , p. 47. Ellissen, p. 84 (et Finlay, p. 57) concluent d'un passage d'AniSTiD. ed. Dindorf, III, p. 308 sqq. {Scholia Grœca sur Aristid. Panathen., p. 183, 2-3 ed. Jebb, ou Schol. ed. Frommel, p. 99) que l'empereur Marc-Aurèle aurait fait magnifiquement
MARC AUUÈLi: DOTE l'uNIVERSITÉ d'aTIIÈNES 4i3
compléta l'organisalion de 1' « Université d'Athènes ». Après, en effet, que Lollianos (dont nous avons parlé, p. 364) eut ouvert la série des sophistes célèbres dans la chaire fondée par la ville d'Athènes, Marc-Aurèle créa, probablenaent dans la seconde moitié de son règne, une chaire impériale de sophistique, beaucoup plus largement rétribuée par le lise, et qu'occupa d'abord (quelque temps après la chute d'Hérode) le célèbre rhéteur Théodote. Théodote étant mort au bout de deux ans, l'empereur appela à cet emploi, sans que l'on sache d'une manière certaine si ce fut immédiatement après, l'élève favori d'Hérode, Hadrien de Tyr, qu'il entendit ensuite avec admiration à son arrivée à Athènes, en l'an 176, et qu'il combla de distinctions et de présents de tout genre. C'est alors qu^il acheva l'organisation, à laquelle sans doute Hérode ne fut pas étranger, de l'Université d'Athènes, en assignant, à côté des « Scholarques » ou chefs des quatre grandes écoles philosophiques, des Platoniciens, des Péripatéticierîs, des Stoïciens et des Epicuriens, un traitement sur le Trésor impérial pour au moins un professeur dans chacun de ces quatre enseignements, traitement égal à celui du professeur de rhétorique*.
Mais les Hellènes ne devaient plus longtemps demeurer sous l'égide de ce prince accompli. Peu d'années s'étaient écoulées lorsque parvint en Achaïe une douloureuse nouvelle : Marc-Aurèle , que la reprise de la guerre avec les peuplades danubiennes avait, depuis l'été de 178, ramené sur le moyen Danube, était mort le 17 mars 180.
restaurer le temple d'Eleusis, récemment détruit par le feu (cf. les doléances reproduites dans Aristid. éd. Jebb. Orat., XIX [Eleusin.], p. 256-260. Cf. aussi Ross, Griech. Konigsreisen, II, p. 101 sqq.
') Cf. ci-dessus, p. 409, 4, et voy. Zonar., Ann., XII, 3. Dio Cass., LXXI, 31 fin. LuciAN., Ennuch., 3. Voy. d'une manière générale Zumpt, Z)<V philosophischen Schulen in Atlœn, pp. 25-27. Ellissen, pp. 83-87 sqq. 'J8 sqq. C. J. Webe», De Academ, litterar. Athen., p. 4. 6 sqq. 9 sqq. 19 sqq. Ahrens, op. cit., p. 68-75. Bernhardy, Griech. Litt. Gesch.^ 1, p. 583 sqq. 591 sqq. et le tome III du présent ouvrage. Sur Théodote, voy. ci-dessus, p. 409, 5; sur Hadrien de Tyr, p. 410, 1, et Philostrat., Vit. Sophist., II, 10, 2 init.^ p. 587, et 4, p. 588 et 589; enfin encore, Lotholz, Zur Gesch. der Bedeatung Athens, p. 19 sqq. Les Athéniens, pour témoigner leur reconnaissance à Marc-Aurèle, lui élevèrent une statue dans le ihédlve {Ephcm. Arch., n° 242).