‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 138 sur 179 · LA GRÈCE PENDANT LES GUERRES DE SUCCESSION · texte numérisé non relu

LA GRÈCE PENDANT LES GUERRES DE SUCCESSION

européenne comme en Asie ^ beaucoup de personnages de marque ? C'est ce que nous ne savons pas. Un seul point semble ressortir avec quelque clarté d'une observation d'IIérodien. L'antique et maudit héritage de la race hellénique, la haine, la jalousie ardente qui divisait les tribus et les villes, avait aussi passé dans les villes grecques et helléniques de l'Orient ; à des époques antérieures déjà des hommes intelligents, tels que Dion de Pruse et Aristide de Smyrne, ceux-ci au milieu d'une paix profonde, avaient élevé leur voix éloquente contre cette folie héréditaire qui continuait à étendre ses ravages ^ La guerre dont nous parlons fournit à l'antique haine existant entre plusieurs de ces villes une nouvelle occasion d'éclater en lutte ouverte, avec ses effets destructeurs : c'est ainsi que notamment après la bataille de Cyzique, les citoyens des villes grecques de Nicomédie et de Nicée en Bithynie en vinrent à des combats meurtriers : les premiers arborèrent le drapeau de Septime-Sévère, tandis que les seconds demeurèrent ardemment attachés à la cause de Niger, jusqu'à ce qu'enfin ils essuyèrent une cruelle défaite ^. Il est également très probable que, dans la Grèce européenne aussi, les ombres sanglantes des antiques querelles de cantons sortirent une fois encore des tombeaux; il est très possible que la haine, la jalousie aient également, dans ces régions, emprunté une fois de plus un nouvel aliment à la guerre civile, que tout au moins des rancunes existantes y soient devenues plus acerbes et plus ardentes, ou y aient trouvé, avec une vigueur nouvelle, l'occasion de dénoncer perfidement les adversaires auprès du vainqueur '\

') BocKH, C. I. Gr., II, p. 609, n" 2971. Cf. Spartian., Sever., 15, 4 sqq. Dio Cass., LXXIV, 8 fin. Herodian., III, 4, 7.

-) Rivalités, notamment entre Smyrne et Éphèse : voy. Dio Chrysost., Orat. XXXIV, p. 427 (/, et Philostrat., VU. Sophist., I, 8, 3, p. 490 fin. 25, 2, p. 531 . D'une manière générale, voy. J* Burckhardt, dans le iV. Schwelzer. Mus., IV (1864), p. H9. Rivalités entre Tarse et d'autres villes grecques de Cilicie : voy. Dio Chrysost., Orat., XXXIV, s. Tarsic. altera, et entre Nicomédie et Nicée : voy. Dio Chrysost., Orat. XXXVIII et XXXIX. Cf. aussi Aristid., Orat. XLII {Ad rivitat. Asiat. de concord.) éd. Jebb. p. 517-538.

3) Herodian., III, 2, 8 et 9. Cf. Dio Cass., LXXIV, 6.

*) Herodian., HI, 2, 6 et 7. Cf. ci-dessus, p. 416,2.

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All surplus, comme nous l'avons dit, il n'y avail en définitive qu'une seule ville grecque en Europe qui, devant la course rapide et victorieuse de Septime-Sévère, eût tenu haut l'étendard de Pescennius : c'était une ville de Thrace, Torgueilleuse Byzance. Les généraux de Niger avaient encore eu le temps, lorsque la guerre éclata, d'y mettre une forte garnison ; ils tentèrent même de s'avancer de Byzance sur Périnthe \ Derrière les murailles gigantesques de l'antique cité , les troupes romaines de l'Orient, assiégées parcelles de Septime- Sévère, leur résistèrent bravement. Les habitants ne se laissèrent pas abattre par la nouvelle de ses victoires en Asie ; indignés des cruautés du vainqueur vis-à-vis du parti qui avait succombé, ayant l'orgueilleux sentiment de l'importance de leur riche cité, que sa force leur paraissait rendre inexpugnable, ils prirent part avec une ardente sympathie aux combats contre les assiégeants ^ Lorsque Pescennius lui-même eut péri, Septime-Sévère ' envoya à Byzance, comme preuve de sa victoire, la tête de son ennemi* ; mais le courage des soldats et des citoyens, qui déjà peut-être mettaient aussi leur espoir dans une rébellion de Clodius Albinus contre Septime- Sévère, demeura inébranlable. La bravoure et la ténacité des habitants de Byzance et de l'homme supérieur qui était à leur tête, le grand ingénieur Priscus de Nicée, leur esprit inventif dans l'art de la guerre, furent incomparables et rappellent les héroïques exploits des Rhodicns, des Tyriens, des Carthaginois lors des sièges à jamais célèbres qu'ils eurent à subir. Leur flotte, qu'ils portèrent jusqu'à cinq cents bâtiments, fit aussi une longue et courageuse résistance aux imposantes

*) Ptolem., III, H, p. 215 (p. 89 sq. B.);cf. Syncell., éd. Bonn. , p. 670, oa p. 355 c (P.). Dio Cass., LXXIV, 6. Spartian., Sem-., 8, 13. Hero- DiAN., m, 1, 5-6; 2, 1.

2) (Paus., IV, 31, 5). Dio Cass., LXXIV, 10. Herodian., III, 1,6; 6, 9.

^) D'après une inscription romaine (dans Orelli-Henzen, 5502), ce fut L. Marius Maximus, légat de la première légion italique, qui eut au siège de Byzance, comme dux exercitus Mysiaci apud Byzantium y le commandement en chef de toutes les légions de la Mœsie. Cf. Th. Mommsen dans l'Appendice (p. 72) à l'écrit d'ALFRED von Sallet, intitulé Die Ftirsten von Palmyra unter Gallienus, Claudius und Aurelian. Cf. Sievers, dans lePAilologm, XXVI (1867), pp. 260. 264.

*) ZoNAR., Ami., XII, 8. Dio Cass., LXXIV, 8.>

forces maritimes de l'empire. Mais les souffrances de ces vaillants Hellènes furent terribles, surtout lorsque, après un siège de trois ans, les vivres commencèrent à manquer. Lorsqu'enfin la ville, après l'insuccès d'une dernière sortie par mer, réduite surtout par une famine véritablement affreuse, se vit, à la grande joie de l'empereur, contrainte de se rendre en l'an 196 *, elle fut cruellement traitée par Septime-Sévère. Non seulement le féroce vainqueur fit, dans son courroux sauvage '\ massacrer la garnison, à l'exception du général Priscus, et tous les fonctionnaires de la ville^ mais encore il vendit le patrimoine entier des habitants, détruisit également la plus grande partie de la ville, fit abattre ses murs (au grand préjudice de la sécurité militaire de l'empire sur ce point dangereux), assigna ensuite son territoire à ses voisins, les Périnthiens, anéantit l'autonomie relative qu'avaient jusqu'alors conservée les habitants de Byzance, et fit de leur ville dépouillée de ses immunités financières une dépendance officielle, un village de Périnthe. Plus tard toutefois, des sentiments de clémence se firent jour chez Septime-Sévère à l'égard de cette malheureuse ville, si exceptionnellement importante par sa position ; il commença lui-même la reconstruction des quartiers détruits ^, et plus tard son fils Caracalla (peut-être lors-

^) Joie de l'empereur à l'occasion de la prise de Byzance (Dio Cass., LXXIV, 14) ; il paraît qu'à raison de cet événement, il reçut le nom de Ponticus (EcKHEL, jD. N.y Vil, p. 193). Ce fut en l'année 196 que succomba Byzance, d'après le calcul établi dans Pauly, JR. E., VI, 1, p. 1133. (L'investissement commença, d'après EcivHel, D. N., Vil, p. 170, en l'année 194 ; il se termina [p. 174] en l'an 196. Mêmes dates dans Clinton, p. 194. 196. 197. 198). SiEVERs, dans le Philologus, XXVI (1867), p. 263, compte du printemps de 193 au printemps de 196. Zonar., Ann., XII, 8. Dio Cass., LXXIV, 12 init., d'après lesquels le siège dura trois ans. Syncell., éd. Bonn., p. 670, ou p. 355 c. (P.). Dio Cass., LXXIV, 10-14 init. Herodian., m, 6, 9.

2) Dio Cass., LXXIV, 14. Zonar., Ann., XII, 8 fin. Herodian., III, 1,7; 6, 9. Hesych. Miles, (dans C. Mïjller, Hist. Grœc. fraym., IV, p. 153) Origin. Constantinop., § 36. Cf. Gibbon, Untergang des Rom. Reiches, trad. Sporschil, p. 94 sqq. Burckhardt, Die Zeit ConstantinSy p. 9. Kuhn, Rom. Verf., II, p. 56. Sur Périnthe, voy. encore Bôckh, C.I. Gr., Il, p. 67, n° 2022. Krause, Neocor., p. 38. 73. 80. Arrogance des habitants de Périnthe vis-à-vis de la malheureuse ville : Dio Cass., LXXIV, 14. Priscus épargné : Dio Cass., LXXIV, 11.

3) D'après Malalas., XII, éd. Bonn., p. 291 sq. ou p. 124 (V.) d sqq., il

qu'il n'était encore qu'associé par son père à l'empire) rendit aussi à Byzance son autonomie avec certaines restrictions*. Mais les murailles gigantesques dont Dion Cassius et Hérodien contemplèrent avec douleur les imposants débris avaient disparu ; et le temps n'était plus éloigné oii les Romains allaient amèrement regretter d'avoir, par une sorte de suicide, ouvert de leurs propres mains aux Barbares les portes de l'empire.

Désormais, à la vérité, les provinces grecques de la péninsule danubienne retrouvèrent la paix et le calme auxquels elles étaient accoutumées. Les combats meurtriers que Septime-Sévère livra près de Lyon à son rival en Occident, Clodius Albinus (au commencement de Tannée 197), la cruauté avec laquelle l'empereur sévit contre les partisans d'Albinus à Rome, purent bien inspirer de l'horreur en Grèce, mais les intérêts du pays n'en furent pas atteints. Seule, la jeunesse macédonienne put ressentir une impression douloureuse lorsque la dissolution de la vieille garde prétorienne, en partie composée déjeunes Macédoniens', et la formation de la nouvelle garde impériale avec les vétérans des légions des frontières lui enlevèrent l'occasion de continuer désormais dans la capitale du monde ce service d'honneur aussi bien payé que facile.

Cependant on s'habitua vite en Grèce au nouveau gouver-

édifia notamment les Thermes de Zeuxippos, comme on les a appelés, puis un temple d'Hélios; il établit également, auprès d'un vieux temple d'Artémis, un parc pour des animaux (ou, d'après la traduction que donne Friedlânder du mot xuvT^ycov, un amphithéâtre ou théâtre disposé pour des combats de gladiateurs). Il construisit aussi un nouveau théâtre, commença la construction d'un hippodrome, et restaura ce qu'on appelait le Stratégion. Mêmes indications dans Chronic. Paschale, à l'année 197, éd. Bonn., I, p. 494 sq. ou p. 265 (P.) 6. d. Hesygh Miles., ibid., et Codinus dans MiJLLER, ibid., p. 153. Cf. aussi Orelli sur Hesygh., Miles,, ihid.y p. 38. SuïD. s. V. 'AvTovt'a. Friedlânder, Bantellungen, II, p. 447.

*) Spartian., Caracalla, 1, 7. Hesygh. Miles., ibid. Muller, ibid., p. 153. Heyne, Antiq. Byz., p. 18. (Médailles se rapportant à ce fait, jusqu'au temps de Gallien). Depuis cette époque, ou peut-être déjà depuis les nouvelles constructions de Septime-Sévère et pendant un certain temps, c'est-àdire jusqu'à la mort de Garacalla, la ville de Byzance porte le nom de Antoniniana. Eustath. ad Dion. Perieget., 803. Pauly, R. E.,1, 2, p. 2610.

2) Dio Gass., LXXIV, 2 (cf. ci-dessus, p. 155).

nement. Les coups terribles par lesquels Septime- Sévère humilia si cruellement les ennemis abhorrés de l'empire, les Parthes et autres peuplades des frontières, notamment les habitants de l'Adiabène, dans les années 198 à 199 (et déjà antérieurement, enl9o et 196 ap. J.-C.) \ excitèrent naturellement aussi chez les Hellènes d'Achaïe une admiration beaucoup moins mélangée que les précédentes victoires remportées par ce rude guerrier dans les luttes sanglantes pour la possession du trône. D'ailleurs, Septime- Sévère possédait en réalité des vertus très précieuses pour un souverain. Dans certaines circonstances, il était impartial jusqu'à la magnanimité. C'est ainsi que Philostrate nous raconte entre autres le fait suivant. Pendant le siège de Byzance,le Byzantin Clémens, Facteur tragique le plus distingué de cette époque, avait remporté une brillante victoire dans un des jeux solennels de la Grèce; mais, par crainte de Septime-Sévère, les juges du concours n'accordèrent pas à ce citoyen d'une ville qui était alors en guerre avec le reste de l'empire le prix et les honneurs du vainqueur. Il triompha de nouveau glorieusement aux Jeux pythiques, dans l'automne de Tannée 195 ap. J.-C. (01. 243, 3), et les Amphictyons voulurent, cette fois encore, lui contester le prix; mais le sophiste Hippodromos de Larisse, qui avait alors la direction des jeux, réussit par sa loyauté et son énergie à lui faire rendre justice. Un rival de Clémens forma alors un recours devant l'empereur; mais Septime- Sévère fut assez impartial pour confirmer purement et simplement la décision d'Hippodromos ^

Son gouvernement fut sans doute, sous plus d'un rapport, aussi bienfaisant pour les Grecs d'Achaïe que pour le reste de l'empire. S'il nous est permis de tirer avec quelque certitude des conclusions des très nombreuses inscriptions des villes grecques de cette province et de la procurature d'Epire (y compris les îles Ioniennes) en l'honneur du Septime-Sévère,

*) Septime-Sévère appelé depuis l'année 195 Arabicos, Adiabenicos, Parthicos (Bôckh, C. I. Gr., III, p. 563. Eckhel, D. N., VII, p. 172), et, depuis l'année 198, de préférence Parthicus (p. 177) ; cf. aussi Sievers, Philologus, XXVI, pp. 262. 266. Clinton, p. 196. 202.

2) Philostrat., vu., Sophist., II, 27, 2, p. 616. Clinton, p. 197.

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il n'exista pas entre cette nouvelle génération « d'Antonins » (comme cet empereur et les suivants aimaient eux-mêmes à s'appeler) et les Grecs d'Achaïe un mouvement moins intense de relations qu'avec les grands Antonins qui les avaient précédés. Seulement le caractère en fut tout différent. Ce qui prédominait jadis, c'était un véritable amour pour les grands princes, pleins de bonté, pleins de sympathie pour les Grecs, qui étaient alors assis sur le trône ; à l'époque dont nous parlons régnaient certainement en Grèce la timidité, la crainte du sévère Africain qui commandait à Rome \ De plus les Grecs, quelques-uns du moins, s'étaient peut-être assez gravement compromis en prenant parti momentanément pour Pescennius Niger; et ils n'en étalèrent très probablement qu'un plus grand luxe de décrets et de statues en l'honneur de Septime-Sévère et de sa famille, pour effacer aussi complètement que possible chez leur nouveau maître le souvenir de cette faute politique. On ne saurait nier d'ailleurs que beaucoup de ces inscriptions , à côté des louanges exaltant les victoires de l'empereur en Orient, durent conserver pour les contemporains la mémoire de dispositions de l'empereur favorables à telle ou telle ville de la Grèce européenne et méritant leur reconnaissance. Sans entrer ici, pas plus que pour toute l'histoire de la Grèce pendant ce if siècle, dans Texamen détaillé du déluge des inscriptions gréco-asiatiques, nous renvoyons pour les Grecs d'Europe aux inscriptions énumérées ci-dessous en note et principalement destinées à honorer Septime-Sévère seul -. On n'exalta pas moins son

*) Septime-Sévère, résidant en Occident d'une manière permanente, après son retour d'Orient, depuis l'année 202 ou 203 ap. J.-C. (Eckhel, D. N., VII, p. 180-183. SiEVERS,p. 270. Clinton, p. 208).

2) Inscriptions en l'honneur de Septime-Sévère : à Hermione (Bùgkh, C. I. Gr., I, n° 1215); statue et inscription à Trœzène (Lenormant, Inscr. Grsec. inédit, centur. sec. et tert. in Rhein. Mm., N. F. XXI [18661, p. 396, n° 251). Inscription du Péloponnèse (Bockh, n° 1561). Statue de marbre et inscription à Corcyre et à Same dans l'île de Céphaliénie {Rhein. Mus., XVIII, p. 557) ; à fhéra (Bôckh, II, n** 2456) ; aÙToxpàirtop OstéxaToç à Sciathos (BôcRH, n« 2154, et Addend., n° 2154 6 ) ; à Mitylène (n° 2181) ; à Thespies (n° 1617); à Athènes (n° 353). [Voy. l'inscriptioR de Cyretise en Thessalie dans Bursian, Geogr., I, p. 56]. Eckhel (D. N., VII, p. 191. 220- 234) fait remarquer l'abondance extraordinaire^ d'inscriptions grecques,

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épouse, Julia Domna, la mater castronim^ ; cette Syrienne, belle, gracieuse, pleine d'esprit, ardente amie de la science et et de la littérature grecque' ainsi que de leurs représentants, fut aussi plus tard, comme on le sait, en relations amicales avec le célèbre écrivain Philostrate de Lemnos,le même qui, sur le vœu par elle exprimé, écrivit la biographie d'Apollonios de Tyane ^

notamment de médailles du Péloponnèse (cf. ci-dessus, p. 312 sqq.), en l'honneur de Septime-Sévère et de sa famille. Pour Mantinée, voy. aussi II, p. 295; d''une manière g^énérale, p. 191, et aussi Gurtius, Pdo^jomi^'so.s, I, p. 230. Cf. ci-après (p. 446-454) notre statistique de l'Achaïe.

^) Julia Domna f^tyip orpaTOTOÔtov : inscription d'Hermione (Bockh, n° 1216) ; de Mégare (n» 1075). Voy. Jahrhuch fur Mass. Philolog., Suppl. II, 367. Cypr. Ht. dans Ross, Archàol. Aufs., II, 625, n" 11, 1. Eckhel, D.N.y VII, p. 195 sq. et les autres textes dans Bockh, C. I. Gr., II, n« 3771, 2972. III, Addenda, n» 3882 g et p. 1163. Statue et inscription à Same, dans l'île de Céphallénie (F. Lenormant, Inscr. Graec. inédit, centur. quart. dans le Rhein. Mus., N. F. XXI [1866], p. 524, n« 370). Julia Domna est aussi honorée comme déesse; voy. sur le culte à elle rendu comme « nouvelle Démêter » et sur sa prêtresse à Aphrodisias, Bockh, C. I. Gr., II, n° 2815. Hestia et nouvelle Démêter : Bockh, II, p. 909, n° 3642 (pour Lampsaque) ; cf. EcKHEL, D. N., Vil, p. 196. Jahrbuch fur Mass. Philolog. Suppl. II, p. 367. Ross, Archàol. Aufs., II, p. 625, no 11, 1, Keil, dans le Philologus, XXIII (1866), p. 616 sqq. Autres formes du culte de cette princesse en Asie: Krause, Neocor., p. 81 sq.

2) Cf. d'une manière générale, sur ce point, Dio Cass., LXXV, 15. LXXVII, 18. Sur sa sollicitude pour l'Université d'Athènes, voy. Philostrat. Vit. Sophist., II, 30, 1, p. 622, où Ton voit également (cf. Ellissen, Zur Gesch. Athens, p. 114) que, sous le règne de son fils Caracalla, elle fit obtenir au sophiste Philiscos d'Eordée une chaire de professeur à Athènes.

3) Cf. Philostrat., Apoll. Tyan., I, 3, et Vit. Sophist,, II, 30, 1, p. 622. Epist. éd. Kayser, p. 363 sq. Voy. Kayser, Praefat. ad Edit, alteram des œuvres de Philostrate, qui (p. vu, et Prooem. ad Vit. Apollon. Tyan., p. IV et v) pense que cet ouvrage n'était pas encore achevé à la mort de Julia, et qui (p. ii sqq.) expose en détail l'histoire de la famille de Philostrate. Westermann (dans Pauly, R. E., V, p. 1531) croit aussi qu'en 217 après J.-C, date de la mort de JuUa, l'ouvrage n'était pas encore achevé. Clinton (p. 223, à l'année 214 ap. J.-C.) admet également que l'ouvrage, commandé après la mort de Septime-Sévère, n'était pas terminé encore à la mort de Julia Domna. Voy. également l'intéressante dissertation de Westermann, dans Pauly, R. E.,V,\i. 1530 sqq. D'après ce travail (cf. aussi Clinton, p. 189. 221. 223. 225. 255. 257) existait à cette époque et à l'époque suivante, dans l'île de Lemnos, la famille des Philostrate, famille considérée, dont trois membres furent célèbres comme savants : 1° Philostrate, fils de Verus, qui florissait comme sophiste à Athènes dans le ii^ siècle ; 2** Flavius Philostrate, son fils, celui dont il s'agit plus haut dans le texte, le personnage ie plus important de cette famille. Il vécut d'abord comme

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