LUCIEN
ou sophistique. Après s'être formé, suivant toute apparence dans les villes de l'Ionie, notamment à Smyrne^ Lucien exerça pendant un certain temps à Antioche la profession d'avocat*. Ensuite il fit, à la manière de beaucoup de sophistes de cette époque, des tournées dans les pays d'Occident pour y prononcer des « déclamations épidicliques », et acquérir par là renommée et richesse. H y a apparence qu'il se rendit d'Antioche, en passant par Rhodes, Athènes etPatrse,àRome, qu'il visita d'ailleurs probablement à plusieurs reprises et dont il étudia la vie d'une manière très complète. Lors de son premier séjour à Rome, il fit sans doute aussi un voyage dans la Gaule méridionale^ où il parait être resté assez longtemps. D'Italie il partit pour la péninsule gréco-macédonienne et se rendit par la Via Egiiatia dans la capitale de la Macédoine, la riche, brillante et populeuse Thessalonique, où il reçut un accueil extrêmement amical et où il se fit entendre, suivant son habitude^, devant une assemblée réunie à l'occasion d'une fête '\
Après être retourné à Samosate sa patrie, il vint s'établir à Athènes, dans ce lieu qu'il aimait tant, lui aussi, et où le captivaient à la fois les grands établissements d'instruction qui y florissaient, la finesse attique que l'on y trouvait toujours, la vivacité d'esprit du peuple,, le calme champêtre de la ville — par comparaison du moins avec Rome — les allures des habitants, d'une simplicité et d'une correction académiques*, et en particulier, dans les premiers temps, son attachement pour le vieux et digne Démonax (p. 249). C'est là aussi qu'il paraît avoir (notamment sous Marc-Aurèle) composé la plupart de ses principaux écrits^ ceux entre autres « qui sous la forme du dialogue critiqfuent à la façon de Démonax la philosophie, la
*) Preller, op. cit., p. 1165. Sommerbrodt, p. x. Lugian., Bis accusât.,
2) Preller, ihîd. Suidas, s. v., Hermann, Gesammelte Abhandl. [lur Charakteristik Lucians), p. 208.
) Preller, p. 1165 sqq. Friedlander, Darstellungen, IP, p. 42. Cf. Lugian., Hercules, 4 sqq. Bis accusât., 27. Apolog. 15. Hemdot. et Artion, 7et8. Sc2/^/ia, 9-11 fin.
*) Lugian.. Nigrin., 12-14. Prometh., 2 fin. Hildebrandt, Prolegomen. zu Apulej.,l, p. xxvii.