NOUVELLE PROSPÉRITÉ DE LA GRÈCE
des exactions cruelles de Seplime-Sévère victorieux sur le sol grec au-delà du territoire de Byzance, il n'en est pas question.
Dans Tensemble donc, il existait au ii^ siècle après J.-C. un très grand nombre de conditions de nature à produire un relèvement relatif de la Orèce. Et l'Actiaïe semble bien avoir retrouvé un certain degré de prospérité, en sorte que ce pays nous apparaît, au point de vue matériel, sous un aspect beaucoup plus favorable que du temps dMuguste et même de Plutarque. Les villes nouvelles, notamment Gorinthe, florissaient et prenaient de Taccroissement ; les anciennes grandes villes, qui avaient traversé l'époque des guerres de Rome jusqu'à la bataille d'Aclium, s'étaient relevées d'une façon très heureuse ; Athènes enfin avait en dernier lieu trouvé dans son Université, désormais solidement établie au point de vue financier, une nouvelle et très précieuse source de revenus. D'autre part, l'ancien et lucratif mouvement de circulation des étrangers se continuait d'une manière permanente. En même temps, à côté de la production traditionnelle des articles de luxe grecs pour l'Italie et l'Orient hellénistique ; à côté de l'exploitation vigoureusement poussée des vignes et des magnifiques carrières de marbre dans les parties les plus diverses du pays; à côté de la production et de la ventes d'excellentes huiles et d'autres produits végétaux en Attique et à ïithorea ; à côté de l'élevage des chevaux, auquel on continuait de se livrer avantageusement, notamment en Thessalie % d^autres industries encore étaient en bonne voie, et, suivant toute apparence, le mouvement commercial qui s^y rattachait était en progrès sur l'époque antérieure. Ainsi nous savons que, sur les côtes orientales et méridionales du pays, on continuait l'exploitation des salines et la pêche de la pourpre ' ; dans TAchaïe supérieure, la fabrication des étoff'es
') Cf. Philostrat., vu. Sophist., Il, 27, 1, p. 615 fin. (Olympiodoros de Larisse, père du sophiste Hippodromos, est le plus grand éleveur de chevaux de la Thessalie dans la seconde moitié du ii^ siècle).
^) CuRTius, Peloponnesos , l, p. 84. Sur les pêcheries de pourpre et l'industrie de la teinture en Thessalie, voy. Philostrat., Heroic, p. 744 (p. 326 sq. éd. Kayser). Pêcherie de pourpre des Phocidiens de BouUs sur le