‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 145 sur 179 · DÉCADENCE DE CERTAINES PARTIES DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DE CERTAINES PARTIES DE LA GRÈCE

l'ouvrage du voyageur dont nous parlons plus haut, de Pausanias, appuyé et complété sur beaucoup de points par les éléments empruntés aux inscriptions et aux médailles. A la vérité, c'est précisément dans ses relations qu'on est en général habitué à trouver des thèmes à plaintes mélancoliques sur la décadence de la belle Hellade sous les empereurs ; mais notre conviction bien nette est que c'est à tort. Assurément, la physionomie de la Grèce dans Pausanias, si nous nous bornons à la comparer à ce qu'elle était à l'époque classique ou même encore du temps d'Aratos, avant la guerre contre Cléomène, offre bien des traits attristants, bien des signes de décadence. Mais il en va bien différemment si nous comparons la Grèce de Pausanias à celle de Strabon. Il est très vrai que la Grèce ne s'est jamais complètement relevée de l'écrasement de ses forces, de l'anéantissement de sa prospérité par les guerres des Romains pendant les années 88 à 30 av. J.-C. La dévastation de l'Etolie, la profonde décadence de diverses parties de laBéotie centrale et des régions formant le noyau de l'Arcadie occidentale étaient des maux que ne pouvaient plus guérir les ressources du monde antique et la seule action du peuple grec. L'importance et la densité de la population, en particulier dans les pays de plaine et dans les petites villes, demeura constamment, même dans les cantons favorisés, comme l'Élide, la Messénie et la Laconie, l'Argolide et l'Altique, considérablement en arrière de ce qu'elle était dans des temps meilleurs, avant la première guerre contre Mithradate. La prospérité de maintes villes qui s'étaient longtemps maintenues à force d'énergie, comme Sicyone (cf. p. 367), ne put plus, même au beau temps des Antonins, résister à de grandes calamités. Et si des villes plus jeunes, dans la partie intérieure et septentrionale, comme T.ithorea, traversèrent heureusement des calamités de ce genre (p. 210), quel triste aspect présentaient des localités telles que l'antique Panope en Phocide, cette ville jadis magnifique, qui du temps de Pausanias ne se composait plus que de misérables huttes et n'avait plus ni édifices somptueux, ni hôtel de ville, ni théâtre, pas seulement un marché, un gymnase*, pas même une fon- 0 Pausân., X, 4, 1.

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