‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 15 sur 179 · LK DROIT D AS1M<: JO · texte numérisé non relu

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Tibère eut d'ailleurs une idée plus nette que la plupart des souverains romains avant et après lui du devoir qui incombait au gouvernement de veiller àla sécurité personnelle des citoyens et au maintien régulier de l'ordre public; et il eut le grand mérite de ramener à de justes bornes Tinstitution qui, sous le nom de droit d'asile, était alors, dans beaucoup de villes helléniques, une source d'abus. Il y avait en Grèce, de temps immémorial, de nombreuses villes dont les temples et les sanctuaires les plus fameux possédaient — à raison soit de la sainteté particulière des cultes qui s'y rattachaient, soit d'une longue tradition ou même d'une reconnaissance expresse de la part de potentats macédoniens, hellénistiques et romains— un droit absolu d'asile, universellement reconnu, qui

fait dans les derniers temps de sa vie, ait abandonné à ce point de vue également ses bons principes antérieurs. Suétone pense peut-être à l'histoire que nous allons bientôt rapporter. C'est en effet à l'époque de sanglante terreur qui suivit la chute de Séjan (31 ap. J.-G.) que se place la fin d'une grande famille grecque, mais romanisée. Nous avons précédemment raconté que Pompée le Grand avait fait obtenir la cité romaine à son confident, l'historien Théophane de Mitylène (t. I, p. 418; voy. aussi l'inscription en l'honneur de Pompée et de Théophane découverte à Lesbos, Arch. Zeit., 1854, p. 515). Théophane, qui, après la mort de Pompée, continuait, gracié par Jules César, de végéter inaperçu (Drumann, Gesch. Roms, t. IV, p. 553), laissa un fils, appelé Pompeius Macer (Maxpoç) (cf.NippERDEY ad Tac, Ann., VI, 18), auprès d'Auguste, dont il fut quelque temps le bibliothécaire (Sueton., Cœs., c. 56, fin.) et qui le fit aussi pour quelque temps procurator du prince en Asie (Strabon, XIII, 3, 3, p. 918 [618]). Plus tard aussi, encore vers l'année 18 ap. J.-C, ce fils fut en faveur auprès de Tibère (Strabon, ibid.), et se fit également un nom comme poète (Nipperdey, loc. cit.). Son fils, le petit-fils de Théophane (d'après Nipperdey, loc. cit.), était illustris eques romanus, c'est-à-dire « un chevalier romain de cens sénatorial »; cf. aussi Friedl^nder, Drtrs^e//. aus der Sitiengesch. Roms, 1. 1, p. 216 et suiv.); il avait un fils, nommé Pompeius Macer, qui (Tac, Ann., I, 77) était préteur en Tan 15 ap. J.-C, et une fille, nommée Pompeia Macrina, mariée à à un homme considérable, Argolicus, fils de Lacon, Grec d'Achaïe. Dans la période de terreur qui suivit la chute de Séjan, le malheur s'abattit sur cette famille en l'an 33 ; sans que nous en connaissions la véritable cause, il suffit de savoir qu'elle était tombée en disgrâce auprès de l'empereur. On leur fit alors un crime des relations ayant existé jadis entre Théophane et Pompée et de son opposition à César, comme aussi de ce que les honneurs divins avaient été rendus à Théophane (t. I, p. 370, 4). Nous ne savons pas en détail comment on jugea à propos de procéder contre Argohcus et Lacon ; peut-être est-ce à ces Grecs que se rapporte l'indication donnée par SuETON., Tiber., c. 49. Quant à Pompeia, elle fut envoyée en exil; son père et son frère se tuèrent eux-mêmes, sans attendre leur condamnation judiciaire (Tac, Ann., VI, 18).

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