‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 151 sur 179 · STATISTIQUE DE LA PHOCIDE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DE LA PHOCIDE

pocrène, les statues des Muses, de Thamyris, d'Orphée, d'ArioD, d'Hésiode et d'autres encore, étaient l'objet d'une sollicitude permanente \ Enfin, sur la côte méridionale, Tliisbé et ïipha, ville maritime célèbre par ses excellents marins, se maintenaient encore à cette époque ^.

La Phocide, voisine de la Béotie, ne se releva jamais complètement des effroyables ravages que lui avait fait subir la fureur des Amphictyons et de Philippe II de Macédoine ; mais les habitants de ce canton sont précisément de ceux chez qui se manifesta très énerg-iquement la ténacité avec laquelle les Grecs demeuraient attachés à leurs villes, à leurs antiques foyers, si tristes qu'ils fussent souvent. Ce n'est pas, il est vrai, sous ce point de vue qu'il faut considérer Delphes et son temple ; cette ville trouvait encore son point d'appui dans le sentiment religieux du peuple tout entier, et ce grand centre de la piété nationale, avec son luxe d'architecture renouvelé et rehaussé d'une manière permanente tantôt par les Amphictyons, tantôt par de riches particuliers (p. 267), avec tous ses sanctuaires grandioses remontant en partie à la plus haute antiquité, avec ses ex-votos de tout genre, continuait, ainsi que Cirrha, son port, à se trouver dans une situation florissante ^ Parmi les villes de la Phocide proprement dite, celles qui offraient dans le même temps l'aspect le plus satisfaisant étaient l'antique et vivace Élatée*, ainsi que Tithorée, dont nous avons plus haut (p. 209 sqq.) donné une description très détaillée. La vallée du Céphise était, à cette époque encore, particulièrement bien cultivée ^ Mais les habitants des villes de la montagne étaient obligés de conquérir leur existence par un rude et pénible labeur, et c'est ce qu'ils firent avec une énergie tenace. A la vérité, les descendants (au nombre encore de 70) des habitants de Lédon avaient abandonné leur ville et fondé sur les bords du Céphise un

0 Pausan., IX, 29,3; 30, 1-3; 31, 3.

«) Pausan., IX, 32, 2 et 3. Cf. aussi'BôcKH, C. L Gr., I, n° 1626. ') Cf. sur Delphes, d'une manière générale, Pausan., X, 5, 3 jusqu'à 32, 2; sur Cirrha, ï6id., 37, 4 et 6.

^) Pausan., X, 34. . '

S) Pausan., X, 33, 4. '

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