‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 153 sur 179 · OU STATISTIQUE DE L ARCADIE · texte numérisé non relu

OU STATISTIQUE DE L ARCADIE

ciennes villes de Cyparissia, Pylos, Motlione, Asine, Colonides et CiOrone * contiQuaient à se maintenir, ainsi que, dans la vallée située entre le Pamisos inférieur et le Taygële (p. 32), ïhuria, Pharœ et Abea'.

Parmi les rég-ions du Péloponnèse, la plus effroyablement déchue au temps d'Aug-uste était, d'après la description de Strabon (t. I, p. 4oo), l'Arcadie. Mais il résulte de la relation du voyage de Pausanias que si, à la vérité, l'ancienne splendeur de ce pays n'avait pas à beaucoup près reparu, une portion tout au moins avait repris, au temps des Anlonins, un aspect incomparablement plus satisfaisant que jadis, à l'époque de la bataille d'Aclium. Nous voyons d'abord que, dans les parties plus favorisées de l'Arcadie, sur le plateau oriental, l'antique Tégéo tenait brillamment sa place. Tégée, quoiqu'elle se fût « déjà alors, notamment du côté de l'est, quelque peu resserrée », comptait alors, avec et après Argos et Sparte, parmi les trois plus considérables des anciennes villes du Péloponnèse. Nous sommes parfaitement à même de nous rendre compte, par ce que dit Pausanias, de la quantité de magnifiques monuments, de sanctuaires en bon état de conservation, souvent de la plus grande magnificence et bien entretenus, que cette ville possédait encore alors, ainsi que de la vitalité énergique et active de la ville et de la région ^ Nous avons déjà vu plus haut (p. 366) que Pallantion, localité voisine, n'eut son réveil que du temps de l'empereur Antonin le Pieux, à la faveur duquel elle dut comme une sorte de résurrection*. Mantinée enfin avait été relevée par les efforts d'Hadrien, et sa situation, d'assez pauvre, était devenue très passable (pp. 313 sqq. et 349) ^ Il en était par contre tout autrement des districts du nord^ du sud et de l'ouest de l'Arcadie. Gomme on le sait, la fondation de la nouvelle ville de Megalopolis avait, dans tout le sud-ouest de l'Arcadie, produit le dépeu-

0 Pausan., IV, 33, 5 jusqu'à 36 fin. Cf. Eckhel, D. N., II, p. 276. 277. MioNNET, SuppL, IV, pp. 209. 213. 214.

2) Pausan., IV, 30 et 31, 1, 2. Cf. Bôckh, C. L Gr., l, n°« 1307. 1406^ 1457. 1463. Eckhel, p. 277. iMionnet, II, 215. Curtius, II, p. 194.

') Pausan., VIII, 45-54 fin. Curtius, I, pp. 253. 259.

*) Pausan., VIII, 43. 44.

'') Pausax., VIII, 8, 3: 9. 10.

STATISTIQUE DE l'aRCAUIE UHl

plement d'un très grand nombre d'anciennes villes et en avait réduit d'autres aux proporlions de simples villages. Tant que Megalopolis, la nouvelle ville centrale, avait prospéré, cela n'avait pas eu d'importance ; mais, lorsque Megalopolis ellemême fut tombée dans une décadence profonde, tout le territoire sur lequel rayonnait son action fut voué aune inévitable ruine. Nous voyons par les recherches de Pausanias, faites précisément pour l'Arcadie avec un soin des plus minutieux, qu'en réalité toute la grande moitié sud de l'Arcadie occidentale, tout le pays jusqu'aux territoires limitrophes d'Héraea et d'Orchomène, présentait l'aspect d'une extrême désolation. Megalopolis elle-même, cette capitale autrefois si pleine de vie, n'avait plus qu'une rare population ; ce n'était guère qu'une ruine ; de beaucoup de ses magnifiques édifices de l'ancien temps il ne restait que les fondations, et ceux qui subsistaient encore n'étaient plus qu'avec peine maintenus dans un état tolerable \ Quant au pays, il n'offrait, dans presque toutes les directions, que des vestiges de petites villes et de sanctuaires tombés en ruine, abandonnés et détruits. De temps en temps seulement Pausanias rencontrait dans cette partie de l'Arcadie, et également dans les montagnes méridionales, un ou plusieurs villages bien peuplés, dont nous ne citerons pas ici les noms; parmi les anciennes villes de cette contrée, qui n'étaient plus depuis longtemps déjà que des villages, il trouva encore habitées, entre autres, Methydrion, Theisoa^, Teuthis, Calliœ, Helisson, Dipœna et Gortyne ^ xAlipheira, chétive localité, il est vrai, et sans aucune importance, se maintint toutefois comme ville forte '\ et, au milieu des montagnes, l'antique Lycosoura*, la ville sainte du temps passé, qui n'avait plus alors qu'une population bien clairsemée, le vieux sanctuaire de Despœna% les sanctuaires et les cultes établis sur le mont Lycée *^ étaient toujours

1) Pausan., VIII, 27-36 et 44. CuRT\iJs,Peloponnesos, 1, p. 286.

2) Pausan., VIII, 27, 5 ; voy. pour les détails 12, 1 ; 28, 1. 3 ; 30, 1 ; 36, 1 2 • 38 3.

'^yPAusAN., Vm, 26, 4;27, 5.

^) Pausan., VIII, 38, 1. ,

°) Pausan., VIII, 37. Curtius, p. 296.

^•) Pausan., Vil], 38, 2 sqq.

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en bon état de conservation. Par contre, la situation des districts seplentrionaux était infiniment meilleure que celle du sud de l'Arcadie. Assurément, la pauvreté de l'Arcadie se manifestait aussi dans ces régions ; et dans la plupart des localités, comme aussi dans la plaine, spécialement dans la vallée du Ladon, les anciens sanctuaires existaient bien encore, mais, pour la plupart, en mauvais état; dans ce pays, il était moins facile que dans le reste de l'Achaïe de voiler la misère de la vie quotidienne et la lutte pour Fexistence sous les dehors brillants, sous l'entraînante animation des fêtes. C'est dans ces conditions modestes qu'y subsistaient encore, à côté d'une foule de villages et de bourgs, des villes comme Stymphale avec Aléa\ Phénée*, Caphyaî ^ et Orchomène*, ainsi que les anciennes villes de Clitor% Cynselha (cf. plus haut, p. 314^), et, bien loin au milieu des hautes montagnes de l'ouest, Psophis'' dans une situation romantique \ Thelpuse, sur le Ladon, était à la vérité presque complètement dépeuplée^; par contre, Hérsea sur l'Alphée était encore dans une situation relativement passable ^ A l'extrémité sud-ouest du pays, dans le bassin de la Néda supérieure, la vieille ville de Phigalie, dans une situation tout à fait romantique au milieu des montagnes, avec ses mœurs et ses cultes de l'ancien temps, avec sa multitude de

«) Pausân,, VIII, 22 et 23, 1. Egkhel, D. N., II, p, 294.

2) Pausan., VIII, 14. 15. Egkhel, D. N., II, p. 297.

^) Pausan., VIII, 23, 2. 3. On a des médailles de Caphyœ jusque sous Septime-Sévère (Gurtius, Peloponnesos, I, p. 227. Egkhel, II, p. 294).

^.) Pausan., VIII, 13, 1-2. Médailles du temps de Septime-Sévère et des princes de sa famille (Egkhel, D.N., II, p. 296. Gurtius, op. cit., I, p, 230).

S) Pausan., VIII, 21. Mionnet, SuppL, IV, p. 277.

«) Pausan., VIII, 19, 1.

'') Pausan., VIII, 24. Egkhel, II, p. 297. Mionnet, II, 254. SuppL, IV, 290 f. (Julia Domna).

8) Pausan., VIII, 25, 1-2. Egkhel, II, p. 300.

3) Pausan., VIII, 26, 1-2. Egkhel, II, p. 295. Sur les médailles frappées à Hérsea en l'honneur de Septime-Sévère et de sa famille, voy. aussi Gurtius, Teloponnesos, I, p. 394, noie 15. Parmi les petites villes voisines d'Héraea, Pausanias {ibid., 26, 5) nomme encore Bouphagion ; Melœnse, désignée comme ruinée, subsistait cependant sans doute encore (d'après Gurtius, Peloponnesos, I, p. 357, qui suit les indication^ de la table de Peutinger) comme étape sur la route d'Olympie.

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