LES CONSTITUTIONS GRECQUES
comme celui d'Agésilas, à côté du nom et de la famille de Brasidas *, différents personnages qui prétendaient descendre de Poseidon lui-même *, ainsi que d'Héraclès ou des Dioscures \ Les mœurs et les usages d'autrefois étaient, spécialement à Sparte, toujours conservés en partie avec une énergique vitalité ; on ne manquait pas de mentionner dans les inscriptions ceux qui étaient restés particulièrement fidèles à Tancienne discipline de Lycurgue ; on flagellait toujours jusqu'au sang les jeunes gens ou les adolescents à l'autel dMrtémis Orthia, et l'on mentionnait même dans des inscriptions solennelles la victoire d'un jeune Spartiate lors de cette cruelle épreuve \ Plus d'un reste encore de cette ancienne discipline de Lycurgue, l'habitude d'endurcir la jeunesse, les exercices gymnastiques et militaires des éphèbes (exercices de combat, notamment sur le «Platanisfe )),de course sur le « Dromos >>) étaient maintenus avec une attentive sollicitude ' ; de même aussi les antiques chants de guerre et les marches militaires, notamment ce qu'on appelait les « emba^ téries », paraissent s'être conservés jusqu'à une époque relativement avancée ^ ainsi que la vieille danse de guerre des Doriens,la pyrrhique', qui se perpétua longtemps encore à Sparte sous sa forme militaire. Les « syssities ^^ se maintenaient également ^ Quant à la Messénie, oii les anciens noms messéniens, comme Cresphonte et Aristomène, étaient toujours en faveur^, on y redisait toujours l'antique chant de
*) BôCKH, n°« 1259. 1262. 1286. 1329. 1343. 1426.
') BôCKH, n^^ 1374. 1349.
3) BôCKH, n°« 1340. 1353. 1355. 1273.
*) Voy. dans Bôckh, n» 1364, le pa)(xovîy.Y)ç Tib. Cl. Sophron. Cf. encore, sur la continuation de l'usage de cette flagellation à Sparte, Dio Chrysos- TOM., Orat. XXV, p. 281 c. (éd. Morell.) et Pausan., III, 16, 7. Lucian., Demonax, 46. Icaromenipp.^ 16 fin. Alciphron, Epist., III, 54.
5) Dio Chrysostom., Orat. XXV, p. 281 c. Pausan., III, 11, 2; 14, 6 etS. 9 ; 20, 8.
') Dio Chrysostom., Orat. II, p. 31 a. Cf. aussi Athen., XIV, 8 (33), pp. 632 fin. 633 a.
') Athen., XIV, 7 (29), p. 631 a. — (Celte danse se transforme et dégénère en ballets aussi efféminés que pompeux en lonie et en Asie, ainsi que sur différents points de la Grèce, comme Corinthe et Athènes ; voy. les passages cités dans Friedlânder, Darstelhingen, II-, p. 235 sqq.)
8) Pausan., VII, 1,3 fin.
9) Cf. Curtius, Peloponnesos, II, p. 149.
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triomphe par lequel bien des siècles auparavant les femmes mcssénienncs avaient célébré la grande victoire d'Aristomène sur les Spartiates près du « tombeau du Sanglier^ ». Tégée paraît avoir conservé aussi encore à cette époque ses quatre anciennes tribus, laClaréotide, THippothoïtide, l'Apollonéatide etl'Athanéatide ^ Quant à Athènes enfin, il suffit de renvoyer à toute notre exposition historique et aux explications par nous données à plusieurs reprises sur le caractère du peuple, sur le maintien perpétué même à cette époque de la « liberté » de la ville ^, sur la persistance et la vitalité de ses institutions politiques''. Avec l'humeur railleuse, avec l'esprit toujours prompt à la riposte paraît s'être aussi conservée, si nous en croyons les nombreuses indications fournies incidemment par Lucien, une* forte part du vieux goût attique pour les procès. En tous cas, les antiques et célèbres tribunaux athéniens existaient encore à cette époque. En première ligne celui dont nous avons si souvent parlé en détail, le fameux tribunal de l'Aréopage avec ses anciens us et coutumes^ ; le local où il siégeait était encore au temps de Vitruve couvert en terre glaise, et l'on y voyait encore au temps de Pausanias les antiques pierres brutes sur lesquelles accusateurs et accusés devaient prendre place ^ Venaient ensuite notamment les cours de justice autrefois si célèbres ', l'Héliée, la Phréattys, le Delphinion, le Prytanée et le Palladion^ Bornons-nous enfin à mentionner en passant l'usage, particulièrement en faveur alors d'après beaucoup d'inscriptions, et qui consistait à nourrir d'une manière permanente dans le Prytanée un grand nombre de « pensionnaires d'honneur de la ville d'Athènes » , ceux qu'on appelait les « Aeisites », c'est-à-dire les prêtres des
'} PausaiN'., IV, IG, 'i.
'-) Pausan., VIII, 53, 3.
3) LuciAN., Nigrm., 13. Ellisse.x, p. 109. Aristid. éd. Jebb. p. 183. 224. et ci-dessus, p. 352.
*) Cf. encore Pausan., I, 3, 1 init.
^) Pausan., 1, 28, 5. Aussi Lucian., Bis Accusât., 4. 12. 14. Vit. Auct., 7. Timon, 46. 50. Aristid. (éd. Jebb.) I, p. 107 et p. 13.
^) ViTRuv., II, 1. Beutler, De Athenar. fatis, p. 37. Pausan., ibid.
') Pausan., I, 28, 8-12. Voy. Ahrens, De statu politic. Afhcn., p. 39 • KuHN, Rom. Vcrf., II, p. 64.
*) Sur ce point, cf. encore Bockii, I, n° 491, p. 473.