LES JEUX SOLENNELS EN ACHAÏE
Mystères, les prytanes en exercice et beaucoup de fonctionnaires publics et autres personnages de marque \
D'un autre";côté, comme nous avons eu souvent à le rappeler plus haut (cf. encore p. 354 sqq.), la gymnastique, l'éducation des athlètes et le soin de célébrer leurs victoires ^, ainsi que les jeux solennels répandus dans la Grèce entière^ occupaient dans la vie des Hellènes à cette époque une place extrêmement considérable. Parmi les jeux de ce genre, un très grand nombre s'étaient encore conservés au temps des Antonins sur les points les plus divers du territoire hellénique. Pour ne pas revenir ici sur les grands jeux nationaux si souvent mentionnés déjà, ni sur les jeux institués en l'honneur d'Auguste et plus tard en l'honneur de divers autres potentats romains ou par eux-mêmes, nous citerons comme exemples Athènes avec ses Panathénées^, ses Olympies, ses Eleusinies ; puis les Héraclées à Thèbes * ; les Éleuthéries (p. 260), présidées depuis le règne d'Hadrien par les nouveaux Panhellènes, à Platée % sur l'antique et fameux champ de bataille, près de Tau tel et de la statue en marbre de Zeus Eleuthérios ; de même aussi les Trophonées à Lébadée ^ et, à Thespies, les Erotidies et la fête des Muses, consacrée à la musique et à la gymnastique '^ et si anciennement célèbre. Nous connaissons encore à Mégare les Pythies ^ ; à Pellène en Achaïe, où la gymnastique était cultivée avec une ardeur .particulière, un concours réservé aux hommes du pays, celui des Théoxénies en l'honneur d'Apollon Theoxenios ^ ; à Épidaure, les Asclépidées ou Asclépiées, qui d'ailleurs furent de
*) Cf. BocKH, sur le n° 190. Ahrens, p. 33 sqq. Curtils, Ait. Stud., II, p. 64 sqq. Hermann, Grieeh. Staatsalterthùmer, § 127, 16.
-) Cf. encore Lucian., Quomodo historia sit conscribenda, 9. 35.
'■') Cf. notamment Bôckh, I, n« 1068. II, Addend., p. 1112, n» 2810 b. \ïg. 21. III, n°59I3, lig. 25. Lucian., Nigrin., 14 init.
*) Bôckh, n'>1068.
3) Bôckh, no^ 1068. 1430. 1431. Pausan.,IX, 2, 4. Keil, SijlL'inscr. Boeot., n" 32, p. 127 sqq. Mommsen, Rom. Gesch., V, p. 244.
«) Bôckh, n" 1068. Bursian, Geogr. Grieeh., I, p. 209.
') Pausan., IX, 31, 3. Athen., XIII, 1, (12), p. 561 e. Bôckh, 1, n» 1429 sq. 1586. Keil, Syll. inscr. Boeot., p. 52, n** 5, p. 95. Philostrat., Epist., erl. Kayser, p. 359, lig. 2 sqq. Hermann, Gottesdienstl. Alterth., § 63, 4.
«) Bôckh, I, n°« 1058. 1429.
') Pausan., VII, 27, 1 fin. ■
474 LES JEUX SOLKrsNELS EiN ACHAÏE
temps à autre dans cette période célébrées également comme fête ou d'Auguste ou de l'empereur alors régnant* ; à Argos, la ville des fêtes, ce qu'on appelait V « Aspis », les fameuses « Hérseennes^ ». Tous les ans, près du temple de Dionysos Mélanaegis, les citoyens d'Hermione honoraient le dieu par des concours solennels de musique, auxquels étaient joints des concours de rameurs et de plongeurs ^ Nous trouvons à Sparte, entre autres, les anciennes Ouranies (la fête de Zeus Ouranios*), les harangues solennelles et les concours qui avaient lieu tous les ans près des tombeaux de Léonidas et de Pausanias (dans le voisinage du théâtre^), ainsi que les modernes Euryclées (t. I,p. 487, 2) \ l'antique culte de Lycurgue ' et les non moins antiques Hyacinthies \ Chez les Tégéates avaient toujours lieu^ près de leur splendide temple d'Athêné Aléa, deux concours archaïques, les Aléaîes et les Haloties^. Les citoyens de Phénée célébraient toujours en l'honneur d'Hermès, leur dieu de prédilection, le jeu des Hermées *^ Quant aux Messéniens, dont les luttes d'autrefois constituaient toute l'illustration, ils continuaient de glorifier leur grand homme Aristomène en lui rendant les honneurs et le culte des héros** (comme Megalopolis pour son grand Philopœmen *- et Sicyone pour son Aratos *^), et ils célébraient encore les antiques jeux sacrés près du temple d'Artémis Limnatis, témoin plusieurs siècles auparavant de si tristes événements *'*.
1) BôcKH, I, n» 1068; cf. n"« 1124. 1186. 1429. II, n» 3208, \ig. 15 sq. m; n° 5913, lig. 32.
2) BocKH, I, n°« 1068. 1421. 1121. 1122. 1124. 1720. II, n" 2810, lig. 5. n° 3208, lig. 10. III, n° 5804, lig. 30sqq. 5913, lig. 20. 5915. Pausan., 11,24, 2.
3) Pausan., II, 35, 1.
*) BoGKH, n°« 1240. 1241. 1258. 1276. 1420. 142J. 1424. 1429. 1719. ^) Pausan., III, 14, 1. Bôckh, n°« 1417. 1421.
«) Bôckh, I, n°« 1239. 1240. 1423. 1425. 1427. II, p. 739, n" 3208, lig. 20. III, p. 786, n« 5913, lig. 34.
') Bôckh, I, n»^ 1256. 1341 sqq. 1362. 1364. Cf. Pausan., III, 16, 5. 8) Bôckh, n° 1440.
«') Pausan., VIII, 47, 3.
10) Pausan., VIII, 14, 7. *') Pausan., IV, 14, 5 ; 32, 3.
'*) Cf. tome I, p. 162. Curtius, Peloponnesos, l, p. 335, 5. '-') Cf. ci-dessus, p. 225 et Pausan., II, 9. ^) Curtius, Peloponnesos, II, p. 157.
LES JEUX OLYMPIQUES 4i.)
Mais c'étaient toujours les jeux Olympiques que le sentiment de la nation grecque plaçait au premier rang *. La solennité de cette antique fête nationale faisait encore, vers la fin du II* siècle après J.-C, affluer dans la plaine de l'Alphée des millions d'hommes de langue grecque, de toutes les conditions*. Les mœurs, règlements, formes et usages y étaient encore exactement maintenus tels qu'ils avaient subsisté depuis des siècles ^ avec une plénitude d'action presque inaltérée : les dix Hellanodiques existaient toujours; il n'était toujours permis aux femmes helléniques, dans les temps ordinaires, de mettre le pied que sur la terrasse la plus basse de l'autel des sacrifices, et on n'avait pas touché à la loi rigoureuse qui leur défendait, sous peine de mort, d'être spectatrices des jeux*. C'étaient toujours les descendants de Phidias d'Athènes qui exerçaient la charge honorable de phaedryntes de la statue de Zeus^ 11 fallait toujours que, devant la statue de Zeus Horkios, dans la salle du conseil des magistrats éléens, les concurrents, leurs maîtres, leurs pères, leurs frères, jurassent sur un sanglier qui allait être immolé d'éviter toute illégalité ; les concurrents, spécialement, juraient que depuis dix mois ils avaient soigneusement accompli tous les exercices prescrits ; de leur côté, les personnages chargés d'examiner préalablement les jeunes gens et les chevaux annoncés comme devant concourir étaient également tenus de s'engager sous serment à la plus stricte observation de la loi ainsi que du secret professionnel touchant les motifs de leurs décisions ^ La couronne de vainqueur à Olympic
») Pausan., V, 10, 1.
*) Cf. notamment Lucian., De n}orte Peregrin., 1. 22 et 35. Les fonctionnaires provinciaux romains et les personnes de qualité de l'Achaïe logeaient, pendant le temps de la fête, dans ce qu'on appelait le Leonidaeon, édifice situé tout près de la porte de i'Altis, sur laquelle débouchait la route appelée route de la procession (Pausan., V, 15,2. Gurtius, Peloponnesos, If, p. 70). Lorsqu'à la fin de la fête le flot de la multitude se retirait, il n'était pas facile de se procurer une voiture (Lucian., Peregrin., 35 ; cf. Herodot. et Action, 8.
3) Cf. aussi Philostrat.. Heroic, p. 679 (éd. Kayser, p. 293). Pausan., V, 21, 5.
*) Pausan., V, 9, 5 ; 13, 5 et 6, 5.
") Pausan., V, 14, 5.
«) Pausan., V, 24, 9. Gurtius, Peloponnesos^ II, p. 67. Cf. aussi dans