‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 164 sur 179 · LES JEUX OLYMPIQUES · texte numérisé non relu

LES JEUX OLYMPIQUES

était toujours réputée pour un bien des plus précieux* ; être olympionique ou descendre d'un olympionique était une gloire briguée et appréciée parmi les Hellènes de ce temps comme des lettres de noblesse ^ C'était toujours aussi un usage général d'exposer de préférence à Olympic ce que la nation produisait de plus beau et de plus précieux. C'est ainsi qu'on aimait notamment à offrir les meilleurs tableaux aux yeux du public de ces fêtes, ami des arts et connaisseur". Par contre, il n'y avait assurément aucun précédent au spectacle à la fois grotesque et horrible que donna aux Hellènes, à Olympic, le cynique Pérégrinos Protée (voy. ci-aprës) en cherchant volontairement la mort dans les flammes.

Mais il y avait encore d'autres souvenirs des anciens temps. Aux jours de la splendeur passée, lorsque la Grèce était grande, on aimait, nous l'avons dit, à montrer à Olympic tout ce qui faisait à juste titre l'orgueil de la noble nation hellénique ; avant tout, les grandes figures de ce peuple, les héros de Fépée, les hommes d'État les plus illustres, les hommes de lettres, ornement de leur pays, avaient formé la plus brillante parure de ces réunions nationales sur les rives de l'Alphée. Les Hellènes du n° siècle après J.-C. restaient encore fidèles, eux aussi, à cette tradition. De grands hommes d'État, de grands généraux, la Grèce alors à la vérité n'en avait plus à mettre en ligne. Mais, à leur défaut, la génération contemporaine se réjouissait de la présence et du langage pompeux de ces hommes dont l'art à cette époque était admiré par-dessus tout, des sophistes I Cela était parfaitement d'accord avec le caractère du monde hellénique d'alors. Dans ce temps oil de l'ancienne grandeur de la Grèce il n'était plus

LuciAN., Hermolim., 39 et 40, l'intéressante description de la manière dont procédaient les Hellanodices lors du tirage au sort des couples d'athlètes pour le combat.

*) Philostrat., Vit. Sophist., II, 25, 6. p. 6H fin. GALEN.,jDe Platon, et Hippocrat. dogm., V, 5 (éd. Kuhn, V, p. 463). Epictet., Man., 29. Cf. Diss., Ill, 15. A Titane, statue d'airain du Sicyonien Granianos, qui s'était illustré par de nombreuses victoires aux jeux Olympiques (Pausan., II, 11,8).

2) Philostrat., Vit. Soph., II, 25, 6, p. 611 fin. CF. à la vérité également LuciAN., Demon., 16.

3) LuciAN., Herodot. et Action, 4. 5.

Page 1