LES JEUX ISTHMIQUES ET NÉMÉENS
sacré et les temples y inclus de Démêter et de Cora, de Dionysos et d'Artémis avec leurs statues, leurs ornements et leurs vestibules. 11 a également restauré les temples d'Eueteria (c'est-à-dire de l'Abondance), de Cora et de Pluton, avec les escaliers et les murs de soutènement tombés en ruine à la suite de tremblements de terre et par vétusté. Enfin il a consacré la colonnade le long du Stade avec les maisons voûtées et la décoration qui s'y rattache ^ )>.
Les jeux Néméens^ étaient surtout en honneur à Argos. On vit (à l'exemple du Béotien Epaminondas dont nous avons parlé, p. 64) le riche Onésiphore d'Argos, étant agonolhëte aux Hérœa et aux jeux Néméens, traiter à ses frais pendant deux jours de suite, dans des festins solennels, tous les hommes de naissance libre assistant à la fête et finalement gratifier chacun de ses concitoyens de quatre drachmes, chacun des autres hommes nés libres de deux drachmes, et offrir gratuitement à tous ceux qui prenaient part à la fête l'huile dans les bains et les gymnases, pour la durée des concours". Pareillement aux jeux Néméens, Tib. Claudius Diodotos d'Argos, probablement même avant cet Onésiphore^ non content d'offrir ainsi l'huile, immola encore à Zeus Néméen une hécatombe complète : sa tribu, celle des Dymanes, l'en récompensa en lui décernant les mêmes honneurs qu'à Persée et à Héraclès, et en lui conférant le droit de porter un vêtement de pourpre brodé d'or* !
A côté des solennités et de l'éclat des grands jeux locaux ou nationaux, et notamment des nouvelles fêtes instituées par Hadrien, nous avons, en terminant, à mentionner encore les cultes extrêmement nombreux et des genres les plus divers qui se maintinrent en Grèce jusqu'à cette époque avec une indestructible vitalité et dans lesquels également s'était conservée une bonne part de l'ancienne vie hellénique. Toute la
*) Sur les sanctuaires des jeux Isthmiques à cette époque, voy. la description donnée dans Curtius, op, cit., pp. 540 à 544. Pausan., II, 1, 7 jusqu'à 2, 2.
-) Leur célébration dans le bois sacré à Némée et près d'Argos : Pausan., II, 15, 2 et 24, 2.
3) BucKH, n° 1122.
*} BôcKH, no 1123.
EFFORTS POUR FAIRE REVIVRE l'aNTIQUE ORTHODOXIE 481
décadence intrinsèque de l'antique religion, en Grèce comme ailleurs, ne compromit pas encore essentiellement, jusqu'à cette époque, le maintien de ces formes extérieures qui s'étaient si étroitement identifiées avec la vie du peuple^ avec sa poésie et avec ses superstitions. Et, d'une part, sans doute la lutte de principes vis-à-vis du christianisme, de l'autre les efforts d'Hadrien et de ses deux successeurs immédiats * pour faire revivre une orthodoxie artificielle, amenèrent une fois de plus, dans beaucoup de localités, les cultes grecs à une nouvelle splendeur qui dura bien longtemps encore. Des hommes comme. Pausanias % et, sous Caracalla encore, des écrits comme ceux de Philostrate, nous montrent quel vif intérêt on prenait alors aux questions « théologiques », combien Ton cherchait à donner, par une nouvelle interprétation des mylhes, un nouvel appui à la foi chancelante, et à quel point les types des anciens dieux, notamment de ceux du monde héroïco-homérique, remplissaient les esprits — avec le mélange des divinités de l'Orient (p. 268 sqq.) et la bigarrure des superstitions de tout genre — dans la partie de la société grecque qui avait conservé Tantique croyance. Le mouvement ne manquait d'ailleurs en aucune façon au sein du culte antique lui-même. C'est ainsi notamment qu'à Mantinée, Fhéroon et le culte du valeureux contemporain et adversaire d'Epaminondas, le général Podarès, avaient été, trois générations avant Pausanias, attribués à un de ses descendants du même nom, contemporain seulement de la domination romaine, mais restitués au vieux héros à l'époque de Pausanias lui-même ^ Et^ d'autre part, le nouvel essor de l'ancien culte, pendant le règne d'Hadrien et des Antonins et sous leur action, contribua plus d'une fois à faire revivre les miracles, les « signes » des dieux, et à remettre en vigueur la pratique des rites et des fêtes à demi délaissés. C'est ainsi
') Cf. Preller dans Pauly, R. E., IV, p. 1172; voy. Pausan., I, 5, 5 et Spartian., Hadrian., 22, 10.
*) Cf. aussi sa discussion avec le voyageur phénicien de Sidon, dans le temple d'Asclépios à iEgion , sur l'essence des dieux (Pausan., VII, 23, 6 sqq.)
3) Pausan., VIII, 9, 5 fin. .
que l'on attribua nettement à un miracle le réveil récent de la fête solennelle d'Artémis à Stymphale. L'émissaire du lac de Stymphale s'était obstrué, et la vallée était, par suite, submergée dans toute son étendue. On vit là un châtiment infligé par la déesse en courroux. Mais, à la fin, ces eaux dévastatrices se retirèrent tout à coup. On dit alors qu'une biche, poursuivie avec rage par un chasseur, avait sauté dans l'eau et avait été entraînée par les flots vers le déversoir, qui avait été ainsi désobstrué ; la biche et le chasseur s'étaient noyés, mais l'inondation avait cessé grâce à la clémence d'Artémis, et l'allégresse de la fête renouvelée récompensa désormais la déesse propice *.
Nous allons maintenant indiquer^ en faisant un choix, quelques cultes antiques qui s'étaient encore à cette époque conservés prospères. Nous ne parlerons pas en détail de ceux des divinités principales, partout répandus, et de la foule des cultes de dieux et de héros et de rites de tout genre existant dans les grands centres de la Grèce. Philostrate parle encore de la purification annuelle de l'île de Lemnos, accompagnée de sacrifices expiatoires, à raison du meurtre des Lemniens par leurs femmes à l'époque mythique : pendant cette solennité, tout feu demeurait éteint dans l'île neuf jours durant, jusqu'à ce qu'un vaisseau sacré apportât de Délos un feu nouveau ^ A Éresos dans l'île de Lesbos existait un lieu de pèlerinage toujours très fréquenté '\ Les habitants de Théra offraient tous les ans en l'honneur de Théras, le célèbre éponyme de leur île, un sacrifice funéraire *. Les Sériphiens honoraient de préférence le héros Persée^; dans l'île d'Egine,ily avait entre autres une fête d'Hécate ^ à laquelle on venait également beaucoup d'Athènes ; Fîle de Salamine rendait le culte des héros à Eurysacès et à Ajax''. Pareillement les sacrifices funéraires des Thessaliens en l'honneur d'Achille n'avaient pas à cette
1) Pausan., VIII, 22, 6 fin.
2) Philostrat., Heroic, p. 740 sqq. (p. 325 eJ. Kayser).
3) GoNZE, Lesbos, p. 32 sqq.
4) Pausan., III, 1, 7.
6) Pausan., II, 18, i.
«) Pausan., II, 30, 2. Lucian., Navig.y 15. ^) Pausan., I, 35,2.
époque encore complètement disparu \ A Corinlhe vivaient toujours le culte de Mélicerle et les cérémonies funéraires, mystique souvenir des enfants de Médée que les Corinthiens de l'époque légendaire, irrités de la mort de Glaucé, avaient, disait-on, massacrés ^ A Platée, on célébrait (rigoureusement d'après la règle, de sept ans en sepl ans) la fête des Da^dales, en mémoire de la réconciliation de Héra avec Zeus; mais tous les soixante ans — suivant un usage introduit depuis la restauration de Thèbes par Cassandre, en l'an 316 av. J.-C. — tous les autres Béotiens prenaient part avec les Platéens à la célébration de cette fête, qui prenait alors le nom de « grandes Dœdales )>. Dans cette dernière occasion, les représentants des villes de Platée^ Tanagre, Thèbes, Thespies, Coronée, Lébadée, Chéronée, Orchomène et ceux des petites villes du pays classées à cet effet par curies,, se réunissaient pour assister à une splendide procession d'un caractère antique et à des sacrifices solennels sur les rives de l'Asopos et sur le Cithéron ^ A Thespies survivait toujours un culte archaïque de la Héra du Cithéron, vénérée sous la forme d'un tronc d'arbre '\ Près des ruines de Potnies, aux portes mêmes de Thèbes, subsistaient les sacrifices offerts à Démêler et à Persephone % mystérieux culte chthonien; à Thèbes, le choix annuel, comme daphnaphore ou prêtre d'Apollon Isménien, d'un jeune et vigoureux adolescent de grande naissance ^ qui, à l'expiration de son année d'exercice, avait coutume de consacrer à la divinité un trépied d'airain ; à Thèbes également subsistait toujours l'antique culte d'Apollon Spodios % dans le gymnase et dans le stade d'Héraclès. Un usage étrange, remontant à une haute antiquité, voulait que les habitants de Tithora en Phocide tentassent tous les ans à
*) Philostrat., op. cit., p. 741 sqq. (p. 325 sqq. Kayser.}
2) Philostrat., op. cit., p. 740 fin, (p. 325 init. Kayser). Voy. P.\usan., II, 1, 3, mais aussi 3, 6.
3) Pausan., IX, 3. Cf. KuHx\, Rom. Verf., II, p. 67, note 517. Voy. aussi Hermann, Gottesdienstl. Alterthùmer, § 63, 21-24, pp. 439. 443.
*) Clem. Alex., Protrept.) p. 29. Cf. Arnob., Adv. gentes, VI, 11.
5) Pausan., IX, 8, 1.
6) Pausan., IX, 10, 4.
'') Pausan., IX, U, 5 ; 12, 1.
une époque déterminée de tromper la vigilance des sentinelles Ihébaines et de dérober à Thèbes de la terre du tombeau de Zéthos et d'Amphion pour la porter sur celui d'Antiope ; si la tentative réussissait, la récolte à ïithora devait être abondante, aux dépens en quelque sorte de Thèbes ^ Les Thébains eux-mêmes offraient toujours aux fils d'Œdipe des sacrifices funéraires solennels , et on prétendait que lors de l'holocauste les flammes se partageaient toujours en deux langues pour honorer les frères ennemis ^ Dans le temple d'Athêné Itonia près Coronée se perpétuait toujours l'antique culte d'Iodama ^, et à Chéronée on entretenait pour garder le sceptre d'Agamemnon, souvenir des temps héroïques (p. 221), un prêtre qui, chaque jour, devait offrir un sacrifice en l'honneur de ce mémorable débris du passé*. Près de Daulis en Phocide (indépendamment de la multitude des cultes de Delphes), on sacrifiait chaque jour des victimes au héros mythique Archégétès % A Dryméa subsistait la fête annuelle des Thesmophories ^ en l'honneur de Démêter, sans compter une foule d'autres, notamment les Héraclées, etc., qui se célébraient là et dans d'autres cantons. A Élatée, suivant un vieil usage, on choisissait toujours, pour être pendant une période de cinq ans le prêtre d'Athêné Cransea, un jeune garçon n'ayant pas encore atteint Yàge de puberté''. A Naupacte, on rendait un culte à Aphrodite dans une grotte, et les veuves y venaient demander à la déesse de nouveaux maris ^ ; à Patrse, on continuait à célébrer la fête annuelle d'Artémis Laphria (adorée aussi à Paie en l'île de Céphallénie ^) avec des cérémonies antiques ; on y brûlait encore sur un bûcher, en l'honneur de la déesse, des animaux vivants tels que des sangliers, des cerfs,
ï) Pausan., IX, 17, 3.
2) Pausan., IX, 18,3.
3) Pausan., IX, 34, 1.
^) Pausan., IX, 40, 6.
^) Pausan., X, 4, 7.
6) Pausan., X, 33, 6 fin.
') Pausan., X, 34, 4. 8) Pausan., X, 38, 6.
^) Antonin. Liberal., Transformât. y 40. Bursian, Geogr. von Grlech. II, p. 377.
des chevreuils, des loups, des ours, en même temps que les fruits des vergers*. La même ville avait conservé la fête, moins sauvage mais extrêmement antique aussi et pleine de magnificence, de Dionysos ^Esymnète ^ L'antique ville de Pharœ montrait sur son agora trente pierres carrées dans lesquelles les habitants adoraient autant de divinités ^ Les femmes qui aspiraient au sacerdoce dans le temple de Gaea, à l'embouchure du Crathis, devaient toujours se soumettre à une épreuve de chasteté en buvant du sang de bœuf*. A Pellène, on célébrait les Lamptéries, la joyeuse fête aux flambeaux de Dionysos Lampter, et près de là, dans le Mysaeon, sanctuaire de Démêter Mysia, la fête non moins joyeuse de cette déesse, avec ses nombreux rites antiques^ laquelle durait sept jours ^
Il serait superflu de décrire les cultes d'Olympie ; ajoutons, par contre, que la ville d'Elis non seulement possédait un cénotaphe et un antique culte d'Achille ^ mais encore, d'après Pausanias, était la seule ville qui entretînt des temples et un culte de Hadès \ On trouvait également une grande quantité de ces cultes antiques notamment dans la Messénie et FArcadie, de même que dans les villes des Eleuthérolacones. En dehors du culte héroïque rendu à Aristomène^ (analogue à ceux de Philopœmen à Megalopolis et d'Aratos à Sicyone, mentionnés plus haut, p. 474), on en entretenait à Messène beaucoup d'autres, un notamment avec holocaustes en l'honneur de ceux qu'on appelait les Curetés ^, et on célébrait toujours sur rithome l'antique fête de Zeus, les Ilhomeea *°. Parmi l'innombrable multitude des cultes locaux de l'Arcadie, nous noterons seulement qu'un feu perpétuel était entretenu à
*) Pausan., VII, 18, 7. On rencontre dans Mommsen (C. L Lat., IIÏ, n» 422, 1), comme prêtresse de ce culte à Patrœ, une certaine Procula.
2) Pausan., VII, 20, 1.
3) Pausan., VII, 22; 3. Gurtius, Feloponnesos, I, p. 432. *) Pausan., VII, 25,8.
«) Pausan., VII, 27, 1, 3.
c) Pausan., VI, 33, 2 fin.
') Pausan., VI, 25, 3.
8) Pausan., IV, 14,5; 32,3.
9) Pausan., IV, 31, 7. .
10) Pausan., IV, 33,3.
Manlinée, dans le sanctuaire de Démêter et de Persephone*, tandis que les Cynaethiens, avec une rusticité antique, célébraient par de violents exercices gymnastique s une fêle d'hiver de Dionysos '\ A Gondylea, près Gaphyse, existaient encore, joints à d'antiques et lugubres sacrifices funéraires*, les rites mystérieux du culte d'Artémis Condyléatis ou Apanchomène ^ Ainsi encore on célébrait à Aléa en Arcadie, en l'honneur de Dionysos, la fête annuelle appelée Scieria, lors de laquelle, d'après une ancienne prescription de l'oracle de Delphes, des femmes étaient flagellées jusqu'au sang à l'autel du dieu, comme à Sparte les éphèbes à l'autel d'iVrlémis Orthia\ A Alipheira, on offrait solennellement un sacrifice au héros Myiagros, pour qu'il délivrât le pays du fléau des mouches et moucherons ^ Sur le bord de la source Olympias, à Bathos sur TAlphée, près des ruines de Trapézonte, où avait eu lieu, disait-on, la bataille entre les dieux et les géants, on sacrifiait aux éclairs, aux tempêtes et au tonnerre ^ Le culte de Despœna se maintenait toujours avec son grand sanctuaire \ et sur le Lycée, en dehors des cultes principaux, les prêtres de Zeus avaient coutume, en cas de sécheresse persistante, d'employer la magie pour faire descendre la pluie % tandis que, dans la même contrée, on sacrifiait tous les ans un sanglier en l'honneur d'Apollon Epicourios de Parrhasie, et que la victime était ensuite portée, dans une procession solennelle, de Megalopolis au temple de ce dieu^ sur le versant oriental du Lycée ^ A Phigalie enfin, les enfants avaient coutume d'offrir à la petite rivière Néda leurs boucles de cheveux, et sur l'Elseon, montagne voisine, subsistait dans une grotte Fantique culte de celle qu'on appelait la Démêter noire *^ En
*) Pausan,, VIII, 9, 1. De même dans le sanctuaire de Pan, près du temple de Despœna (37, 8).
2) Pausan., VIIL 19, 1.
3) Pausan., VIII, 23, 5.
*) Pausan., VIII, 23, 1.
•'•) Pausan., VIII, 26, 4.
G) Pausan., VIII, 29, 2.
7) Pausan., VIII, 37.
8) Pausan., VIII, 38, 3.
°) Pausan., VIII, 38, 6.
^°) Pausan., VIII, 41, 3 et 42.
Laconie, les jeunes filles Spartiates se livraient toujours à leurs danses annuelles près de la statue d'Artémis, à Carya^. \ Dans la capitale, à Sparle, existaient notamment (cf. aussi p. 474) les Gymnopédies", puis les sacrifices à Dionysos et la course des Dionysiades et des Leucippides ^, ainsi que les sacrifices de chiens (p. 261 , 3) par les éphèbes, lorsqu'ils s'exerçaient au combat dans le Plataniste, ceux qu'ils offraient en l'honneur d'Achille *, et les sacrifices de chevaux en l'honneur d'Hélios, sur le Taléton, un des sommets du Taygète en Laconie \ A Prasise existait un culte d'Achille^, et près de Las celui d'Artémis Dictynna'. L'Argolide était également des plus riches en cultes de toute espèce ; nous citerons seulement, pour Sicyone, l'antique sacrifice d'agneaux^ offert à Héraclès aux jours solennels dits « Onomata » et « Heracleia », et, pour la contrée voisine, le culte des Euménides et des Parques ^, tandis que les femmes coupaient leurs cheveux en l'honneur d'Hygie, et en couvraient sa statue dans le sanctuaire d'Asclépios, aux bains de Titane (p. 174) *"; il existait aussi au même endroit un autel extrêmement antique et un culte des Vents ^*. A Phlionte florissait notamment le culte d'Hébé **; à Argos brûlait dans le sanctuaire d'Apollon Lycios le feu perpétuel de Phoronée ^^, personnage auquel on continuait également d'offrir, sur sa tombe, les sacrifices dus aux héros **. On y célébrait aussi encore la fête aux flambeaux *^ se rattachant au mythe d'Hypermnestre, et sur l'Arachnaeon, près de Lessa, entre Argos et Épidaure, on sacrifiait toujours,
^) Pausan., III, 10, 8.
2) Pausan., III, 11, 7.
3) Pausan., III, 13, 5.
*) Pausan., III, 14, 9 init., et 20, 8.
3) Pausan., III, 20, 5.
6) Pausan., III, 24, 4.
') Pausan., III, 24, 6.
8) Pausan., II, 10, 1.
8) Pausan., II, 11, 4.
10) Pausan., II, 11, 6.
11) Pausan., II, 12, 1.
i'*) Pausan., II, 13, 3.
13} Pausan., II, 19, 5.
**) Pausan., Il, 20, 3.
15) Pausan., II, 25, 4.
suivant l'usage, à Hêra et à Zeus pour appeler la pluie, lorsque sévissait la sécheresse \ A Trœzëne, on sacrifiait aux Muses et au Sommeil ^ ; mais le culte qui y dominait spécialement était celui d'Hippolyte (p. 222), pour lequel on entretenait une enceinte sacrée extrêmement antique, un temple avec une statue, des prêtres dont la fonction durait autant que leur vie, et des sacrifices annuels. En l'honneur et dans le temple du héros, chaque jeune homme et chaque jeune fille, la veille de ses noces, offrait comme cadeau consacré une houcle de sa chevelure ^ Suivant un usage introduit, disait-on, par ^Ethra, les jeunes filles de Trœzëne, lors de leurs noces, consacraient également leur ceinture à Athêné Apatouria*. C'est à cette ville aussi qu'appartenait le cycle de légendes se rattachant à Oreste. Les descendants des neuf hommes qui y avaient « purifié » le meurtrier de sa mère prenaient toujours ensemble, à des jours déterminés, leurs repas à Trœzène, dans un édifice situé près du sanctuaire d'Apollon ïhéarios^ A Méthana, pour défendre les vignobles contre le pernicieux vent du sud-ouest qui les desséchait, on sacrifiait un coq blanc et on l'enfouissait avec des rites étranges ^ A Hermione, ville particulièrement riche en sanctuaires et en anciens cultes, on célébrait toujours (outre le culte d'Ilithye) celui de Démêler Chthonia, avec sa splendide fête d'été, d'un caractère complètement antique, et dont la pompe était tout particulièrement majestueuse \ A Mégare, les jeunes filles, lors de leurs nocos, offraient sur le tombeau de l'héroïne Iphinoé, fille d'Alcathoos, des sacrifices funéraires et une boucle de leurs cheveux *.
C'est à Athènes enfin et dans l'Attique, avec ses innombrables cultes de toute espèce, anciens et nouveaux % avec
') Pausan., II, 25, 9 fin.
2)Pausan., II, 31» 5.
3) Pausan., II, 32, 1, Lucian., De Syria dea^ 60.
*) Pausan., II, 33, 1.
") Pausan., II, 31, 7. 9. 11.
«) Pausan., II, 34, 3.
■') Pausan., II, 35, 3-8.
8) Pausan., I, 43, 4.
*) Voir dans les dissertations de K. Keil, Attische Kulte ans Inschriften, in Philologusy XXIIl (1866), pp. 212-259 et 592-622 (cf. aussi p. 483 sqq.), des indications (basées notamment sur les inscriptions du tiiéûtre de Dio-