ORACLES
thrace, qui attiraient également toujours des légions de pèlerins ^ Car le nombre était toujours considérable des croyants qui, comme Apulée ^ voyageaient d'un sanctuaire à l'autre et se faisaient initier à tous les cultes secrets, afin de n'être privés d'aucune bénédiction divine.
A côté de ces divers cultes florissait de plus en plus celui des divinités orientales, notamment d'Isis^ et de son entourage (p. 269 sqq.), indépendamment de l'innombrable quantité de superstitions de tout genre, tantôt poétiques, tantôt sauvages et fanatiques, répandues alors dans toutes les régions et dans toutes les classes de l'ancienne Grèce.
Enfin, le nouveau développement qu'avaient pris depuis Hadrien et sous son action d'un côté FAchaïe en général, et d'un autre le goût du peuple pour les institutions religieuses archaïques, la vieille orthodoxie retrouvant dans un certain sens une vie nouvelle, amenèrent aussi le relèvement des oracles du pays. Plusieurs d'entre eux semblent, après un temps d'arrêt plus ou moins long, avoir reconquis une fois encore, par une sorte de résurrection, une certaine autorité auprès de leur clientèle *. Indépendamment de l'oracle de Delphes, qui conservait sa physionomie et sa prospérité, Pausa-
SAN., 38, 3); Mystères de Démêter à Phlionte (Pausan., II, 12, 5 et 44); Mystères de Hêraà Argos (Pausan., II, 17, 1 ; 38, 2); Mystères de Démêter à Hermione (Pausan., II, 34, 10), comme aussi à Lerne (36, 7; 37, 3 sqq.), et de Dionysos sur le lac de TAlcyon (37, 5 fin); Mystères d'Hécate dans l'île d'Égine "(30, 2).
*) Galen., ibid. Aristid., ibid. Conze, Reise auf den Insein des thrakischen Meeres, pp. 63-72. G. I. L., p. 167 a. Friedlànder, Darstellungen, II, p. 45. Hermann, Gottesdienstl, Alterthûmerj § 65, 6, p. 455.
*) Apul., Apolog., p. 494. 517. Schômann, p. 391, 2.
3) Pour le culte d'Isis, voy. encore Schômann, op. cit., p. 389 sqq. Sur son culte à Athènes et à Délos, voy. encore (outre la p. 275) Keil dans le Wiein. Mus., XIX (1864), pp. 256-262. Culte de Sarapis et d'Isis existant également à ^Egira en Achaïe, où se trouvait aussi un temple de la Déesse syrienne (Pausan., VII, 26, 3); de même à Thuria en Messénie (IV, 31, 2). D'après Preller, hôm. MythoL, 2^" édit., p. 757, on peut suivre les traces du culte de Mithra jusqu'à Théra et Athènes.
*) Cf. d'une manière générale Wolff, De ultim. oracul. aetate, p. 32 sqq. Orthodoxie d'Hadrien : voy. Spartian., Hadrian., 22, 10. Pausan., I, 5, 5. Dans l'île de Lesbos, sanctuaire d'Orphée, qui d'après la légende y rendait jadis des oracles: cf. Philostrat., Heroic.^ p. 703 sqq. (p. 306. ed Kayser); voy. en outre Vit. Apollon. ^ IV, 14.