‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 17 sur 179 · LE DROIT D ASILE · texte numérisé non relu

LE DROIT D ASILE

ces termes que Ton eut notamment à s'occuper des droits de localités comme Ephèse, où le temple d'Artémis avait depuis les temps anciens, sous la domination persane, macédo*nienne et romaine, maintenu son droit d'asile * ; cet asile assurait notamment sa protection aux débiteurs insolvables*. De même pour la ville de Magnésie sur le Méandre, avec son temple d'Artémis Leucophryène; cette ville faisait remonter son droit à des dispositions de L. Scipion, après qu'il eut triomphé d'Antiochus le Grand, et de L. Sylla, après qu'il eut vaincu le sanguinaire Mithradate ^ Puis la ville d'Aphrodisias avec le sanctuaire d'Aphrodite, et Stratonicée avec le temple de Zeus Panhémérios et d'Hécate, dont les droits ne reposaient que sur des décrets de Jules César et d'Auguste, tandis que la ville de Hiérocésarée faisait remonter ceux de son sanctuaire d'Artémis Anaïtis [Anahid, Anahita) jusqu'au grand roi de Perse Cyrus. A ces asiles s'ajoutèrent encore les sanctuaires d'Asclépios à Pergame, d'Aphrodite Stratonicis à Smyrne, d'Artémis et d'Apollon à Sardes et Milet*, de Hêra àSamos, d'Asclépios dans l'île de Cos % et de Poseidon à Ténos ^

Tibère fut encore, d'une autre manière plus positive, un bienfaiteur pour les Hellènes. Les pays grecs, sur les deux rives de la mer Egée, ont été depuis le commencement des temps historiques jusqu'à Fheure actuelle éprouvés par de formidables tremblements de terre. Lorsque la nation grecque

1) Tac, 111,61. D'après Strab., XIV, 1, 33, p. 950(641), Alexandre le Grand et Mithradate avaient jadis étendu le rayon de l'asile ; M. Antoine l'avait même doublé et avait été jusqu'à y comprendre une partie de la ville; mais Auguste s'était empressé d'abolir cette dernière disposition, à raison de ses conséquences extrêmement fâcheuses.

2) Plutarch., Be vitando œre alieno, p. 3.

■') Tacit., Ami., III, 62, init. (Strab., XIV, 1, 40, p. 958 [647]).

*) Cf. d'une manière générale, Tacit., Aiin., IIÏ, 62 et 63. Au sujet d'Aphrodisias, voy. encore Bôckh, C. L, Gr. vol. II, n" 2737 a ; pour Stratonicée, n" 2715, n° 2715 a et 2720; pour Hiérocésarée, Tagft., loc. cit»; pour Smyrne, n" 3137, 12.11 est dit dans Tac, III, 63, que l'île de Crète réclama ou obtint le droit d'asile pour un sanctuaire possédant la statue du Bivus Augustus. Voy. en outre Westermann, loc. aï., p. 1948. Au sujet des temples précités de Sardes et de Milet, cf. encore Strab., XIII, 4, 5 p. 929 (,626), XIV, 1, 5, p. 941 (634). Plutarch., Pomp., c. 24. Appian., Bell.Civ., V,9.

3) Tac, Ann., IV, 14.

6) Tac, Ann., Ill, 63.

LES TREMBLEMEINTS DE TEKKE 29

était dans toute la plénitude de son antique vigueur, elle se relevait d'habitude facilement et promptement des maux cruels, des pertes sensibles de vies humaines et de richesses qui sont la conséquence nécessaire de telles calamités. A l'époque où nous sommes arrivés, en présence du profond épuisement de la nation hellénique, c'était autre chose. Se relever d'une pareille détresse aussi facilement, aussi promptement que se releva, par exemple, Rhodes après la terrible catastrophe qui se produisit à Tépoque d' Antigone Doson', les villes helléniques ne- le pouvaient plus. Elles ne le pouvaient pas, surtout avec leurs seules forces, pas même avec l'appui de leurs compatriotes grecs; depuis l'époque de Strabon jusqu'au règne de Justinien, les documents épars sur des villes jadis florissantes et maintenant détruites par des tremblements de terre ne remplacent que trop souvent chez les anciens, en laissant une pénible impression, les récits des vigoureuses manifestations de la vie du peuple grec. Le temps dont nous parlons actuellement fut précisément, pour les pays grecs, riche en désastres de ce genre, et toujours il fallut que l'empereur intervînt pour les aider, tantôt en modérant les impôts dus à l'État ou en en faisant temporairement remise, tantôt d'une manière positive, par un système général de secours pris sur les ressources de l'État. Auguste régnait encore (en l'an 24 av. J.-G.) lorsque^, dans la province d'Asie, les villes de Traites, de Laodicée, de ïhyatire et de Chios furent tellement maltraitées par un tremblement de terre, qu'elles durent demander des secours à Rome; et déjà alors Tibère, encore jeune prince, avait plaidé leur cause devant le Sénat -. Mais

*) Cf. Droysen [Histoire de l'Hellénisme, trad. Bouché-Leclercq, t. III, p. 607 sqq ), qui place le grand tremblement de terre de Rhodes vers l'an 227 av. J.-G. Il est certain que Rhodes fut à cette époque très sérieusement aidée par d'autres villes grecques et par plusieurs souverains hellénistiques.

-) Cf. SuETON., Tiber., c. 8. Sthabon, XII, c. 8, 18, p. 869 (579); voy. aussi Dio Cass., LIV, 30. Au sujet de la chronologie de ce tremblement de terre, voy. Euseb. Chronic, (éd. Aucher), vol. II, pp. 257, et Hieronym.. ap. RoNGALLi, vol. I, p. 410. Le passage de Dion, loc. cit.. paraît se rapporter à des tremblements de terre ultérieurs en Asie, vers l'an 13 av. J.-G. Tremblements de terre à Cypre, vers 18 av. J.-G., et à Gos, vers 5 av. J.-G (V. EusEB., p. 259. 26i. Hieronym., p. ML 414).

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