LES TREMBLEMENTS DE TERRE
une destruclion réellement épouvantable fut celle que causa dans la même province, en Tan 17 ap. J.-C, le plus terrible ébranlement du sol qu'on eût vu de mémoire d'homme. Douze villes florissantes situées dans le bassin du Cogamos et de l'Hermos et sur la côte voisine, surtout Sardes et Magnésie du Sipyle, puis Ephèse et des localités comme Myrina, Kyme^Temnos,iEgse, ainsi que Philadelphie, si souvent éprouvée déjà par des tremblements de terre, Apollonis, et d'autres villes encore, furent en une seule nuit cruellement ravagées; des quantités innombrables d'hommes périrent misérablement soit dans les villes mêmes, soit dans leur fuite à travers champs^ où la terre crevassée s'entr'ouvrait pour les engloutir. Cette fois, l'intervention secourable de Tibère s*exerça dans des proportions grandioses; les villes ainsi éprouvées obtinrent l'exemption de toutes les taxes dues à l'Etat, et la ville de Sardes fut, en outre, aidée par un subside de près de 3 millions de francs \ L'empereur dut, d'ailleurs, plus d'une fois encore, renouveler cette intervention dans des circonstances identiques. En Asie, la ville de Cibyra en l'an 23, Ephèse, en Fan 29, furent désolées par de nouveaux ébranlements du sol'. La Grèce européenne ne fut pas davantage épargnée. Nous voyons que, dans la province d'Achaïe (en l'an 23 ap. J.-C), le canton de la Vieille- Achaïe, la région du continent grec en Europe qui avait été de temps immémorial le plus fréquemment et le plus terriblement éprouvée de la sorte, fut encore une fois durement éprouvé par un tremblement de terre, par le même sans doute que Cibyra. La ville
^) Senec, Nat. Quœst., VI, 1. Tac, Ann.\ II, 47. Sueton., Tiber., c. 48, On. Plin. Nat., Hist., II, 84 (86), 200. Oros., VII, 4. Syncell. Chronogr., p. 319 P. EusEB., Chronic. (éd. Aucher), vol. II, p. 263, et Euseb., Chron. S. Hieronym. interprète, dans Roncalli, Vet. latin, script, chronic, vol. I, p. 419. Dio Cass., LVII, 17. Strab., XII,c. 8, 18, p. 869 (579). XIII, c. 3, 5, p. 923 (621), c. 4, 8 et 10, p. 931 (627, sqq).
2) Au sujet de Cibyra, v. Tacit, IV, 13; au sujet d'Éphèse, voy, Nip- PERDEY, ad Tac, II, 47, p. 121. Cette dernière ville et Cibyra figurent sur ce qui reste du monument que quatorze villes d'Asie, éprouvées sous le règne de Tibère, de l'an 14 à Fan 30 ap. J.-C, par des tremblements de terre et secourues par Tibère, élevèrent en l'honneur de cet empereur, à Pouzzoles, dans la seconde moitié de l'an 30 ap. J.-C. (V. Jahn, Ber. der Leipz. Acad., 1871, p. 119. Stahr, Tiberius, Tp. 121, cf. aussi Preller, ilom. Myth., p. 777). ■