‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 175 sur 179 · DÉPRAVATION DES MŒURS · texte numérisé non relu

DÉPRAVATION DES MŒURS

le grand monde, une foule de tristes histoires de famille, jusqu'à des empoisonnements. On déplorait en Grèce et dans l'Asie grecque non moins qu'à Rome la captation des héritages, cette plaie déshonorante, avec tous les faits odieux, les procédés misérables qui sont l'accompagnement habituel de cette honteuse et perverse pratique ^ La liberté d'allures, l'indépendance des femmes grecques, surtout dans les classes supérieures, se manifestait toujours d'une manière plus nette et plus énergique ; mais, malgré toute l'estime que Ton accordait à un grand nombre de femmes d'une haute vertu *, on avait cependant à déplorer plus d'une fois d'autre part une licence effrénée et Timpudeur des relations liées principalement par des veuves riches et voluptueuses avec des hommes de basse condition, même avec des esclaves, malgré toutes les remontrances de fils que sans doute alors une mère dégradée poursuivait d'une haine implacable ^. Alors, comme dans les villes dépravdes des temps modernes, comme en Italie à l'époque de Boccace, il y avait des femmes rouées, appartenant à la plus haute société, qui employaient tout à la fois leur beauté et leur coquetterie pour attirer des jeunes gens riches dans leurs filets — avec plus d'adresse que l'hétaïre la plus rusée — et en tirer bon parti au point de vue financier;, et qui savaient ensuite saisir avec un mari dupe ou infâme le moment de jeter par-dessus bord un amant ruiné ou devenu importun ; et c'était souvent pur hasard si ce honteux roman ne finissait pas dans le sang*. Il ne manquait pas non plus à cette époque de relations suspectes entre de vieux fous et déjeunes femmes, relations que n'accompagnait pas toujours un mariage légitime et qui, favorisées quelquefois par des esclaves corrompus, compromettaient les droits même les plus naturels des fils du premier lit, et faisaient du foyer

*) Cf. LuciA^., Dialog, mort., IV, 2 et 5-9. Voy. entre autres les pénibles expériences que dut faire à cet égard le célèbre rhéteur Scopelianos(PHiLOS- TRAT., Vit. Sophist., I, 21, 4. Lucian., Rhetor, prœc, 24).

*) Cf. Lucian., Philopseud., 27.

3) Cf. Philostrat., Vit. Sophist., II, 25,2, p. 610. Lucian., Rhetor. prœc, 23-24.

*) Lucian., Toxaris, 13-17.

Page 1