ADMINISTRATION FINANCIÈRE DE LA PROVINCE
diminution des lourds impôts que l'on avait jusqu'alors payés à l'ancien Trésor delà République (à Vœrarhim Saturni) K D*un
^) Cf. NipPERPKY ad Tacit., ihid., et, d'une manière générale, Becker- Marquakdt, Handb. der Rom. AUerth., Ill, \ , p. 303. — Les charges des provinces sous les Romains de la première époque impériale sont, depuis la nouvelle organisation du système des impôts par Auguste, constituées à peu près de la manière suivante. A titre d'impôt direct, était perçu premièrement l'impôt foncier {tributum soli), qui pesait seulement sur les propriétaires du sol, sur la classe de ceux qu'on appelait pos5es5ores; la province était partagée pour l'impôt en districts, dont la circonscription était la plupart du temps basée sur celles des territoires des villes; chacun de ces territoires ainsi mesurés se })artageait à son tour en un certain nombre de charrues taxées d'après leur revenu ; une de ces charrues {caput ou jugum) représentait sans doute à l'origine une étendue de 100 jugères d'un seul tenant; l'étendue dont la valeur en capital se montait, d'après l'estimation, à 100,000 sesterces ou 1,000 aurei a formait une unité imposable et payait comme impôt foncier annuel, sur la base en usage dans le système de l'ancien cens romain,. 1 pour mille de sa valeur en capital, non pas toutefois comme simplex tributum, mais comme élément à multiplier par un certain chiffre, peut-être en moyenne 10 pour mille ou 1 pour cent». La répartition du contingent assigné à l'ensemble de la province avait lieu par les soins des autorités communales. Le paiement des impôts, qui s'effectuait sous la République annuellement, dut, après Auguste, s'effectuer en trois termes : savoir, au 1°' septembre (jour auquel commençait l'année fiscale), au l*''' janvier et au l'"" mai (Becker-Marquardt, Handbuch der Mm. Alterth., Uh partie, section II, p. 174. 176. 182 et v. aussi Walter, Gesch. d. Rom. Rechts 3* édition, P" partie, pages 494 et suiv.). En second lieu, venaient (sous le nom d'amio?2«) les denrées fournies en nature, addition à l'impôt foncier, qui étaient livrées dans les magasins de la province et servaient à l'entretien des troupes et des fonctionnaires qui y résidaient. L'annone, outre des vivres en tout genre, pain, vin, huile, vinaigre, viande, comprenait aussi le fourrage pour le bétail, le bois et l'habillement (Becker-Marquardt, op. cit., p. 183 et suiv. Walter, op. cit.). Troisièmement, le tributum capitis, ce qu'on appelait la capitation, qui représente vraisemblablement « l'impôt personnel par opposition à l'impôt foncier, et qui se compose d'un double élément, savoir celui d'une capitation fixe et celui d'un impôt sur le revenu évalué par le cens ». Comme la fortune mobilière et le produit du travail entraient ici en ligne de compte, on distinguait : 1" ceux qui se livraient à un travail productif ou qui possédaient, lesquels vraisemblablement étaient assujettis à un impôt sur la fortune; 2^ ceux qui ne pouvaient acquérir par leur travail, c'est-à-dire les vieillards et les enfants en bas âge, lesquels étaient affranchis de l'impôt; et 3° ceux qui aident à acquérir ou qui participent aux acquisitions, c'est-à-dire les femmes mariées, les enfants déjà grands et les esclaves ; ceux-ci étaient assujettis à une capitation fixe ; cf. pour l'Achaïe l'inscription de Ténos dans Bôckh, C. L Gr., II, n° 2336, p. 1054 (Becker-Marquardt, p. 156 et suiv. ; Walter, p. 494 et suiv.). — Puis les revenus que l'État romain tirait des domaines encore existant?;, des grandes et riches carrières ou mines (metalla) et des salines"; puis les impôts indirects de diverses sortes, avec les droits de péage, quand il y avait lieu: