G ADMINISTRATION FINANCIÈRE DE LA PROVINCE
autre côté, la sollicitiide la plus empressée pour le bien des provinces, le soin avec lequel on y ménagea les sources de l'impôt sont précisément un des plus beaux côtés du gouver-
enfîn, les revenus extraordinaires : Timpôt. (vicesima) de 5 pour cent sur la valeur des esclaves affranchis, que l'esclave payait en général lui-même (c'est ainsi, par exemple, qu'existait à Athènes, comme percepteur de cet impôt le publtcus XX lib,, ou « tly-OTzrn èXsuOcpt'a; olxovofxo; ». Orelu, n° 3337); le produit des amendes judiciaires ou des biens confisqués après condamnation criminelle (v. p. l'Achaïe un exemple du temps de Pluiarqua dans Plut., De amore fraterno, c. 11); le produit des legs faits à l'empereur par de riches testateurs; enfin Vaurum coronarium, qui représentait un don « volontaire » aux gouverneurs, et, dans certaines occasions, aussi à l'eroperpur (Becker-Marquardt, op. cit., p. 197-213). Étaient versés parmi ces revenus à la caisse publique du Sénat, à Vœrarium Haturni, les recettes régulières directes et indirectes provenant des provinces sénatoriales; à la caisse impériale ou fisc, comprenant plusieurs subdivisions, les recettes des provinces impériales, les héritages attribués à l'empereur, les « présents d'honneur » venant des provinces, et notamment aussi les recettes des domaines (les anciens domaines de l'État sont désormais devenus en partie agri fiscales, et ont formé en partie aussi les grands biens du domaine privé des empereurs; la différence entre les domaines et les possessions privées du prince s'est, dans le cours de l'époque impériale, de plus en plus effacée en fait; étaientimpériales en Grèce, par exemple, les carrières de marbre de Caryste dans l'île d'Eubée et d'autres riches carrières de marbre et de pierre; puis les carrières de pierre à aiguiser en Crète, etc. Becker-Marql'ardt, p. 198-203), comme aussi d'autres taxes fiscales, telles que l'impôt sur les esclaves affranchis, qui, toutes, même dans les provinces du Sénat, étaient perçues par des procurateurs impériaux*. Sur ce sujet, sur Vœrarium mililare et sur les détails de l'administration, v. encore Becker- Marquardt, op. cit., p. 120-231. Avec les recettes de la province, le gouverneur entretenait les soldats et fonctionnaires qui y étaient stationnés ; le surplus était envoyé à Rome, et la province elle-même avait ensuite à faire face, avec ses propres ressources, aux dépenses de son administration locale et communale. Sur les traitements fixes des fonctionnaires provinciaux depuis Auguste, v. Becker-Marquardt, R. A., t. III, 1, p. 301. L'Achaïe, pays pacifique, n'offrant aucun danger, situé à une grande distance de toute
* Procurateurs impériaux dans la proTJnce sénatoriale d'Achaïe : entre autres, du temps des empereurs M. Auréle et L. Verus, les deux personnages nommés dans Boeckh. C. I. Gr., vol. I (inscriptions lacédèmoniennes, nos 1328 et 1329), Aurelius Alpheios et Aurelius Elpidiphoros ; sous Hadrien, M. Mœnius Agrippa ((3rei,li, n" 804 et v. le procurator Aug. per insulas Cycladas dans Orelli^-Hexzen), III, suppl., n" 6940. Kuhn. Die stxdt. Verf. d. H. fl.,t. II, p. 203). — Les fonctionnaires [censitores) en exercice pour l'Achaïe lors de chaque recensement de l'empire ne nous sont pas connus ; Becker-Mabquabdt, op. cit., III, 2, p. 172, les indique pour la Macédoine et la Thrace d'après Muuatori, 1122, 2 et 1119, 5. — Nous répétons enfin que, lors delà nouvelle organisation de l'empire par Auguste, le droit de battre monnaie appartenant aux villes des provinces et aux villes libres qui y étaient rattachées, leur fut retiré en principe et ne fut rendu qu'à titre de privilège, et la plupart du temps seulement pour la monnaie divisionnaire Siuf un petit nombre d'immunités, les villes libres de l'empire furent aussi, à cette époque, englobées dans le système général d'impôts. Cf. Bbcker-Marquaudt, op. cit , 111, 2, p. 17;>. M. VoiGT, Das jus naturale, t. |[. ser>t. n, p. 708 et suiv.