‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 30 sur 179 · G2 LES GY3L\ASES ATHÉNIENS · texte numérisé non relu

G2 LES GY3L\ASES ATHÉNIENS

rial prenait h sa charge la pension annuelle (adr^cç) allouée au vainqueur \

En même temps, en présence de la vie publique de ces Hellènes, désormais si « vide «^ on voit, notamment à Athènes, les établissements et les autorités qui avaient pour fonction Téducation gymnastique de la jeunesse prendre une place déplus en plus importante. Une énorme quantité d'inscriptions nous édifie sur la haute importance que cette époque, où les fonctions politiques proprement dites n'étaient plus que des litres pompeux, oii les véritables et réels intérêts des Athéniens se trouvaient réduits à l'entretien des grands établissements d'éducation de tout genre^ à la conservation des magnifiques œuvres d'architecture de la ville et des restes des relations commerciales autrefois si actives, que cette époque, disons-nous, attachait aux gymnases (également très fréquentés alors par les étrangers vivant en foule à Athènes, notamment par les jeunes étudiants), à la jeunesse des gymnases, aux nombreux employés subalternes et maîtres qui y étaient occupés et aussi aux personnages spécialement chargés de l'éducation physique des jeunes gens, pêedotribes et hoplomaques, aux éphèbes et à leurs chefs, cosmètes et sophronistes, enfin aux gymnasiarques et agonothètes -.

*) MoMMSEN, Rom Gesch., V, p. 265.

-) Pour ne pas [entrer trop avant clans des détails purement archéologiques, je renvoie, pour ces fonctionnaires athéniens, aux recherches très complètes d'AuRENS, De Athenarum ntatu politico, p. 53, 59. Beutler, De Athe7iarumfatis, p. 31-34, et voy. aussi Bockh, C. I. Gr., vol.I,p. 375 sqq, sur le n» 270, p. 379. 380. 910. 385. Voy. d'une manière générale toutes les tuscriptions, très nombreuses, cataloguées dans Bockh, ibid^ p. 357-408, n" 244-308. Si nous entrons dans le détail, nous voyons, d'après les recherches d'AHRENS, p. 58 sq., que l'office des pœdotribes, les plus considére's parmi les maîtres qui dirigeaient les exercices préparatoires à la lutte, devait d'abord être chaque année confié à un nouveau titulaire; mais, depuis le temps de Néron, leur office paraît être devenu viager. Les cosmètes, les sophronistes, les gymnasiarques et les agonothètes sont aussi des fonctionnaires publics athéniens. Les cosmètes, à côté desquels se plaçaient plusieurs fonctionnaires d'un rang moins élevé, étaient les chefs suprêmes de tout ce qui touchait aux gymnases, et cet emploi était brigué par les familles les plus considérées d'Athènes; le cosmète était élu tous les ans par le peuple (et non désigné par le sort). Les sophronistes étaient chargés de la surveillance de la moralité des éphèbes : précédemment on élisait annuellement dix sophronistes, correspondant aux dix tribus ; à l'époque

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Terminons par un trait appartenant à Thistoirc spéciale de la Béotie, trait également caractéristique, qui nous montre bien clairement comment les ressources d'un bien-être qui se reconstituait lentement dans ces contrées étaient de préférence appliquées à des destinations de ce genre. Du temps de l'empereur Caligula vivait, dans la petite ville d'Acraiphia, un homme riche du nom d'Epaminondas. 11 rendit à cette époque des services de la nature de ceux que ses contemporains savaient tout particulièrement apprécier. Au moment (en l'an 37 ap. J.-C.) où l'on allait députer la grande ambassade des (( Panhellènes » (v. plus haut p. 34), et où les représentants des villes béotiennes ne trouvaient personne qui fût disposé à entreprendre pour leur confédération le coûteux voyage de Rome, Epaminondas s'était spontanément chargé de cctlc mission et en avait supporté personnellement tous les frais \ 11 s'était par suite vu combler de louanges par les « Panhellènes ))^ qui, entre autres honneurs, lui avaient décerné une couronne d'or et avaient décrété qu'il lui serait érigé une statue ^ Quant à l'assemblée fédérale des Béotiens, ravie de ce que le dévouement d'Epaminondas avait préservé leur canton du danger de n'être pas représenté à l'ambassade panhel-

impériale, nous n'en voyons plus que six (ou quatre) et autant d'hyposophronisles. Les gymnasiarques, — ne se confondant plus avec les fonctionnaires de l'époque antérieure, dont la charge était annuelle et qui s'acquittaient de la liturgie de la gymnasiarchie ou lampadarchie (cf. aussi Hermann, Griech. Staatsalt., § 161, n" 10) — étaient les surveillants des palestres et faisaient en général leur service chacun pendant un mois; ils dirigeaient les jeux établis pour exercer la jeunesse attique (d'après Ahrens, p. 56, même encore à celle époque, comme liturgie), tandis que les agonothètes avaient la direction de la plupart des grands jeux ayant une organisation officielle. Cf. Dittenberger, De ephebis, p. 29-36. Mentionnons enfin ici encore les excursions des éphèbes athéniens à l'ile de Salamine, avec les exercices militaires et gymnasliques, et les sacrifices qui y étaient établis, dont il est question dans plusieurs inscriptions récemment découvertes [Philistor, l, 1-2. Inscr. i, lig. 16 et lig. 53 Inscr. l,lig. 30 et suiv., et lig. 71 et suiv. Inscr. 3, lig. 24, puis I, 3. Inscr. 4, lig. 22 et 75 et suiv., et I, 6-7. Inscr. 5, lig. 39), qui se placent dans la seconde moitié du dernier siècle av. J.-C, sous l'archonte Agathocle (entre 47 et 40 av. J.-C). Cf. Keil, dans le Rhein. Museum, N. F. XVIII (1863), p. 61.

1) Keil, Syllog. inscr, Boeot., n" 31, lig. 7-13. 60-65, 95-99. 101-103. 107 et suiv. BocKH, C. I. Gr., vol. I, n<> 1625, lig. 18 à 34.

"-) Keil, lig. 15 à 20.

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léniquc, elle décrélcaqiic sa statue serait érigée dans l'antique sanctuaire fédéral, dans le temple d'Athêné Itonia, près Coronée \ Les citoyens de Thèbes lui conférèrent le droit de cité et placèrent sa statue dans leur théâtre ^ On avait ainsi glorifié ce personnage et le généreux emploi qu'il avait fait de sa fortune comme, dans les jours meilleurs d'autrefois, les nobles ancêtres des Hellènes se permettaient à peine d'honorer les plus grands héros, les plus grands hommes d'Etat de la nation. Le même Epaminondas trouva bientôt une nouvelle occasion de s'acquérir des droits éternels à la reconnaissance de cette époque où une race en décadence ne se rattachait plus qu'à l'ombre du passé. Sur un contrefort du mont Ploon, en Béotie (au nord-est du lac Copaïs^ un peu au-dessous du pic du sud-est, qui est le plus élevé), se trouvait un célèbre sanctuaire d'Apollon, avec un oracle^ appartenant aux Thébains. Ce sanctuaire était entouré d'un espace consacré^, où la fête des « Ptoïa » était, en l'honneur du dieu, solennisée par des concours littéraires et gymniques. Par suite de la profonde décadence dans laquelle était précisément tombé le pays béotien, cette fête, dans les dernières années d'Auguste, avait complètement cessé d'exister. Trente ans s'étaient écoulés, lorsque, du temps de Caligula, Epaminondas fut élu agonothète. C'est alors qu'il s'empressa de rétablir de la manière la plus complète et dans tout leur éclat les luttes et les jeux des (( Ptoïa », qui, désormais furent en même temps célébrés comme Cœsarea (jeux en Thonneur de Jules César divinisé) et rattachés à des sacrifices en l'honneur des empereurs romains'; il rétablit de même le culte du temple et de son oracle. Il va de soi que, suivant la vieille coutume béotienne (t. I^ p. 102), Epaminondas accompagna cette générosité de festins et de cadeaux splendides, offerts à la population entière de la ville, personnes libres et esclaves, tant hommes que femmes (ces dernières furent traitées par son épouse, Notila ou

^) Keil, lig. 50-77. C'était (lig. 72. 73), une sixwv ypairTr, iv oîtXou, c'est-à-dire un médaillon eu forme de bouclier (pour appendreàla muraille) avec portrait-buste peint ou sculpté en demi-relief. Cf. Buck-h, ihicL^ lig. 30 à34i

') Keil, lig. 110-115.

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Noticha), et aussi aux nombreux étrangers qui avaient pris part à la fête. Naturellement ses concitoyens le récompensèrent par les honneurs et les distinctions les plus rares : l'érection de sa statue dans le temple d'Apollon Ptoos et sur le marché de la ville, et la couronne d^or dont elle fut décorée, furent les plus durables. Enfin, un fait bien caractéristique, c'est qu'au milieu de l'interminable prolixité de l'inscription à laquelle nous empruntons tous ces détails, l'acte le plus utile de ce Crésus, la restauration complète, effectuée peu de temps auparavant à ses frais, de la digue tombée en ruines qui empêchait les eaux du lac Copaïs de convertir ses bords enmarais;, cet acte, disons-nous, n'est mentionné qu'en quatre lignes aussi brèves que possible^ !

On travaillait donc à conserver ces vestiges des temps antiques avec toute la ténacité qui n'avait pas cessé d'être propre au caractère grec^ Nous verrons beaucoup plus tard encore que l'on peut constater l'existence d'un nombre infini de cultes et de jeux solennels jusqu^à une époque très avancée du monde antique, déjà fortement ébranlé par le choc des Germains comme par le puissant développement du christianisme : seulement presque partout les formes seules subsistaient ; l'esprit qui les avait jadis vivifiées avait depuis longtemps disparu. Rien ne caractérise mieux cette tendance et la vie de cette époque, dans d'autres domaines encore, que ce qui se passait à Sparte. Nous avons eu précédemment à dépeindre la série des révolutions, absolument destructives, qui avaient passé sur cet antique Etat ; néanmoins ce fut là précisément que l'on se cramponna, avec l'énergie la plus tenace, aux ombres qui rappelaient Lycurgue. L'ancienne population Spartiate avait été transformée de fond en comble ; elle s'était fondue avec les périèques et les hilotes d'autrefois et avec de nombreux étrangers, et les citoyens de Sparte avaient une tendance toute particulière àrechercherle droit decité romaine et à adopter des

') BôcKH, CI. Gr., vol. 1, n- 1625, lig. l-i8. 34-87. Cf. Keil, ;6k/. p. 137-146. BuRsiAN, Geogr, v. GriechenL, t. I, p. 213 et suiv. Sur les Caesarea {Kai (S ipeiu) voy. Pbeller, Rom. MythoU, p. 791. (Scènes semblables à Argos, voy. Bockh, C. I. Gr., vol. J, n' 1122 sq.)-

2) Cf. Friedlander, op. cit., 11, p. 319 et sqq.^

H. ]I. Pi

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