POPP.EUS SABINUS
nement de Tibère. Et si les provinces sénatoriales elles-mêmes profilèrent grandement de la sévérité sans bornes avec laquelle il surveilla les allures des fonctionnaires qui y résidaient^ ce fut encore davantage le cas pour les provinces impériales, dont les administrateurs dépendaient directement et absolument de lui. Cet empereur — et ce fut une de ses réformes les plus appréciées — abandonna d'une façon absolue l'ancien principe de la République, ce principe désastreux qui consistait à donner autant que possible chaque année de nouveaux gouverneurs aux provinces. Lorsque ses légats avaient fait leurs preuves, il les laissait habituellement plusieurs années, et même, dans des circonstances données, leur vie durant, à la tête des provinces qui leur avaient été assignées. Ce fut précisément le cas pour FAchaïe et la Macédoine. Il plaça, en effet, ces deux pays, en l'an 16 ap. J.-C, sous la haute surveillance de son légat, le consulaire (Gains) PoppcPus Sabinus, l'officier prudent et capable qui avait, depuis l'an 12 après J.-C, la tâche difficile de régir la province de Mœsie \ Il est
frontière faisant face aux ennemis de l'empire, n'avait naturellement pas de légions en garnison; il ne s'y trouvait sans doute qu'un faible détachement de troupes romaines, comme il y en avait aussi dans les autres provinces sénatoriales; mais les éléments nous manquent complètement pour en évaluer la force an ce qui concerne l'Achaïe, car nous ne pouvons naturellement pas, pour la période qui finit à Septime Sévère, revenir aux renseignements appartenant à l'époque des invasions des Goths dans le ]ii° siècle. Nous voyons, par une indication incidente de Tacite, Hist.., \, 23 s. f. (v. en outre SiEVERS, Zur Geschichte des Nero und des Galba, p. 34, note 1), que les escadres des flottes romaines de la Méditerranée paraissaient constamment, au cours de leurs croisières, dans les ports de l'Achaïe. Dans la Macédoine, province également sénatoriale, furent sans doute stationnés longtemps encore des détachements considérables destinés notamment à contenir les sauvages tribus thraces du nord-est de cette province, laquelle alors (cf. t. r, p. 469, 1 et ci-après), c'est-à-dire avant l'organisation d'une province distincte de Thrace, était encore rattachée au gouvernement de Thessalonique. Lorsque les troubles prenaient de l'importance, les gouverneurs de la Macédoine étaient forcés de réclamer le concours des légions de la Mœsie, leurs voisines. Cf. Tacit., Annal. (éd.Nipperdey), IV, 46, et v. Nipperdey sur ce passage.
0 Je prends occasion de ce passage pour rectifier une erreur (que je puis bien m'expliquer, mais non excuser) que j'ai commise jadis dans le petit écrit De rebus Graecorum, etc. ; il y est dit, en effet, faussement, pag. 74 (cf. p. 118) cul has provincias {Achaiam et Macedoniam)... primum Caesari Germanico tradi placuit. Sur le nom de Gains, ajouté à celui de