‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 43 sur 179 · HO LES JEUX CAPITOLTNS · texte numérisé non relu

HO LES JEUX CAPITOLTNS

particulièrement les Hellènes à Domitien, c'est que, en Fan 86, il fonda à Rome une fête entièrement modelée sur les fêtes grecques, qu'on appela les jeux Gapitolins, et qui fut mise au même rang- que la fête Olympique. Ces jeux étaient célébrés à des intervalles de quatre ans, vraisemblablement vers le commencement de l'été. L'empereur lui-même y présidait en manteau de pourpre grec, chaussé à la grecque, ayant sur la tête une couronne d'or avec l'image des trois divinités capitolines, Jupiter, Junon et Minerve. Les assesseurs et les juges étaient le flamine de Jupiter et le collège des prêtres de la dynastie flavienne , dans le même costume ; plus tard les collèges de prêtres eurent alternativement, sous la présidence de l'empereur, la direction des jeux. Devant une réunion des plus brillantes de spectateurs et d'auditeurs avaient lieu les concours les plus variés ; on se disputait les prix d'éloquence,

{Comm. Epigr,) Index archont. eponym., s. vv. et Westermann dans Pauly, Realencycl., I, à l'article Archontes, p. 1480 sqq. On revendique pour l'époque de Claude : Antipatros, (Phlegon, De Mirab.^ 6, ap. Westermann, Scriptor. rerum. mirabil. graec, p. 131), en l'an 45 ap. J.-G. ; Deinophilos, (Phlegon, ibid.j 22, p. 139), en Tan 49 ap. J.-G. Cf. Meier, s. vv. Westermann, p. 1477. Puis Dionysodore en l'an 53 ap. J.-C. (Phlegon, Mirab., 7, p. 132. BoGKH, C. L, Gr., vol. I, n°«267. 482. Meier, s, v. Westermann, p. 1478. Clinton, Fast. Roman., vol. I, p. 36.) Dans les dernières années de l'empereur Claude (51-54 ap. J.-C, l'année 53 naturellement exceptée), Westermann, plusieurs fois cité, place ensuite (p. 1479) Thrasyllos, d'après Philistor, IV, 4, p. 332 sqq. 1. Philologus, XXIII [1866], p. 214. Métrodore (BôcKii, C. I., Gr., vol. I, n° 266) est également attribué à l'époque de Claude. Meier, s. v. Westermann, p. 1480. A celle de Néron appartiennent : Conon, en l'an 56 ap. J.-G. (Phlegon, Mirab., 27, p. 140. Clinton, p. 38); Thrasylle, en l'an 61 ap. J.-C. (Phlegon, Mirab., '20, p. 139. Cf. Goettling, Ges. Abhnndl., I, p. 104. Clinton, p. 42), et Démostrate en l'an 65 ap. J.-C. (Phlegon, Mirab., 23, p. 139j. Pendant le règne de Domitien, il arriva une fois (en l'an 83 ap. J.-C.) que l'élection de l'archonte éponyme ne put avoir lieu, sans que nous sachions pourquoi ou que nous puissions indiquer en quoi cette circonstance a pu influer sur la situation de la ville à ce moment. Sur celte àvap/îa, comme on l'appelle, voy. Phlegon, Mirab., 24, p. 140 et cf. Meier, Comm. Epigr., II, 75. Ellissen, Zur Geschichte Athens., p. 47 sqq. Westermann, p. 1461. Clinton, 68 et 70. L'empereur Domitien lui-même, ainsi qu'il a été dit plus haut dans le texte, voulut bien — en l'an 93 ap. J.-C, 01. CGXVIIl, 1, ainsi que cela a été admis

gique que l'on puisse donner est qu'ils se placent entre l'an 9 av. J.-C. et les Antonins. Si Ion suit Meier et Bockh, on assignera à l'époque de Tibère Xénon, Rufos et Mithridate, et de plus Alcon, Anaxagore et Hipparque.

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de poésie grecque et latine ^ ; pour les concours de musique, Domitien construisit un Odéon; pour les luttes gymnastiques et équestres, il établit un Stade, l'un et Fautre sur le Champ de Mars. L'espérance de recevoir de la main de l'empereur, pour prix du combat, la couronne tressée de branches d'olivier et de chêne attira des provinces g'recques à Rome un très grand nombre de poètes et d'athlètes ; ces derniers toutefois ^ ne devinrent populaires à Rome que très lentement. Ces jeux se sont perpétués jusqu'aux derniers temps de l'antiquité ^ Néanmoins, d'après toutes les apparences, Domitien

d'abord par Corsini, Fast. AU,, IV, 161 sqq., — être honoré de la dignité d'archonte éponyme. Philostrat., Vit. Apollon., VIII, Ib. Cf. Ellissen, Zur Geschichte Athens, p. 48. Meier, s. v. Westermann , p.- 1478. Clinton^ ibid.i p. 79. A la fin du premier ou au commencement du second siècle, (c probablement après l'époque de Nerva » , on place Deidios Secundos. (Bocrh . C. I. Gr., vol. I, n» 268. Cf. Meier, s. v. et Westermann, p. 1480). Pour l'année 112 ap. J.-C. z= 01. CCXXII, 4, nous connaissons, comme archonte éponyme athénien, «Poplios ^Ehos Hadrianos» (Phlegon, Mirab., 25, p. 140 : Cf. Spartian., Hadrian., 19, init. Westermann, p. 1476. Meier, s. v., Philologus, XIX, p. 358 et SuppL, II, p. 594 sqq. Clinton, Fast. Roman. vol. I, p. 96); ce personnage n'est autre que le futur empereur Hadrien; cf. encore Vischer, dans le N. Schweiz. Mus., Ill (1863), pp. 63-65. Philistor, II, p. 351. Aux derniers temps de Trajan appartient Macrinos, en l'an 116 ap. J.-C. Phlegon, Mirab., 9, p. 133. Clinton, p. i03.

Quant aux stratèges suprêmes des Athéniens entre la mort d'Auguste et celle de Trajan, nous n'en connaissons que très peu. Les voici à peu près : en l'an 42 ap. J.-C, Dioclès de Mélite. Bôckh, CI. Gr., vol. I, n° 320. Cf. no 385, p. 442. Philologus, XXIII [1866], p. 602. Plutarch., X Orator. Vit., 7 {Lycurg.), 30; puis, sous Claude, le stratège Tib. Claudios Theogenes (Bôckh, no480), tandis que le prêtre d'Antonia, Tiberius Claudius Novios, (p. 42), occupa quatre fois cette charge (voy. le texte dans le Philologus, XXIII, [1866], p. 220 sqq.). Voy. aussi dans le Philistor, III, p. 562 et Keil, dans le Philologus, Supplembd. II [1863], p. 635, le stratège xb r K... — Dans le siècle de Plutarque (voy. ci-après), à peu près depuis la mort de Néron, le célèbre philosophe académicien Ammonios, venu d'Alexandrie à Athènes, occupa trois fois la stratégie. Plutarch., Quœst. Symposiac, Vlli, 3, 1 init. IX, i, 1 init. Gains Memmius Sabinus Pisander, qui, d'après Bockh, C. I. Gr., I, n» 396, fut deux fois stratège, appartient-il encore à cette période ? c'est ce que je ne saurais déterminer.

^) On laissa tomber ces concours après la mort de Domitien, comme aussi les courses de jeunes filles qui avaient été établies à l'imitation des Spartiates.

2) Cf. Friedl^nder, Darstellungen aus der Sittengesch. Roms, t. II, p. 312-319. 321.

3) Cf. Imhof, Domitian, p. 79 sqq. Becker-Marquardt, Rom. Alterth.^

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ne fut pas populaire chez les Hellènes. Il est vrai que cet empereur ne visita pas lui-même FAchaïe. Fut-il amené lui aussi, par ses besoins financiers, au moins dans ses dernières années, à des mesures rigoureuses, frappant spécialement aussi les Grecs d'Achaïe? c'est ce qu'il n'est pas facile de décider*. En même temps, des prescriptions inopportunes, comme celle par laquelle, en l'an 92 ou 93 ap. J.-C, il prohiba pour les provinces, dans l'intérêt prétendu de l'agriculture, la plantation de nouvelles vignes et enjoignit l'arrachement de la plupart de celles qui existaient (ordre, il est vrai, inexécutable, et qui dut être rapporté au bout de quelques temps), purent bien ne pas lui concilier non plus précisément les sympathies de la Grèce ". Mais le prestige de cet empereur dut s'affaiblir davantage encore, spécialement dans la péninsule gréco-macédonienne, lorsque l'on s'aperçut qu'il ne possédait pas même les talents militaires de son père et de son frère. On sait que sous son règne éclata la guerre avec les Daces, qui avaient accru leur force et reconquis, dans les pays situés entre le bas Danube, la Theiss, les Carpathes et le Dniester, une puissance redoutable. On sait que, d'une manière générale, cette guerre (83-89 ap. J.-G.)ne fut, ni dans ses péripéties ni dans son issue, particulièrement

IV, p. 483, et Friedl^ender^ Darstellungen, II, p. 309 sqq., 314 sqq., 393 sqq. D'après Friedljînder, op. cit., p. 396, les vainqueurs des jeux Capitolins recevaient peut-être régulièrement le droit de cité. Parmi beaucoup de ces vainqueurs appartenant aux pays de langue grecque, nous citerons, pour l'Achaïe, l'athlète anonyme de Mégare qui (depuis les derniers temps d'Hadrien) remporta trois fois la victoire aux jeux Capitolins. Bôgkh, G. I. Gr. vol. I, n° 4068.

*) Le passage de Dio Chrysostom. (éd. Morell.), Orat. VII, p. 101 a, que plus haut (p. 137, 1) je n'ai pas rapporté à Vespasien — il parle de l'exécution d'un riche propriétaire foncier dans l'île d'Eubée et de la vente aux enchères de ses biens au profit du fisc, à raison, paraît-il, d'un prétendu crime politique ou de lèse-majesté — peut tout au moins être rapporté à Domitien, et se placerait aussi bien au temps de Néron.

2) Cf. SuETON., Domltian.i 7 'm'A. 14 fin. PmLOSTRAx., Vit. Apoll.,V], 42. Vit. Sophist., I, 21 (Scopelian.), 6, p. 520. Euseb., Chron. (ed.Aucher), Vol. I, p. 279. Cf. Chronicon Paschale, p. 250 (200). Clinton, p. 76, et notamment Imhof, Domitian, p. 97 sqq. Ce règlement, dont il a été si souvent question, fut promulgué au moment où les villes de la côte de l'Hellespont avaient été de nouveau ravagées par un épouvantable tremblement de terre. Philostrat., Vit. ApoU., VI, 41 init.

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glorieuse pour l'honneur des armes romaines, et, ce qui fut pire, la province de Mœsie et une partie de la province de Thrace, jusqu'aux frontières de la Macédoine, furent plus d'une fois abandonnées sans espérance de salut aux cruautés et aux dévastations de ces sauvages bandes du Nord.

Enfin, suivanttouteslesapparences, l'élite au moins des Hellènes fut impressionnée de la manière la plus défavorable par les allures sombres, inquiètes et despotiques qui marquèrent notamment les dernières années de ce règne \ C'est en ce sens que lutta en particulier, avec une infatigable énergie, Apollonios de Tyane|, qui déjà commençait à vieillir. Lié jadis d'une étroite amitié avec Yespasien et Titus (p. 132), cet homme remarquable sentit se réveiller en lui dans toute sa force, en face de la sombre tyrannie du dernier empereur de la dynastie des Flaviens, sa profonde antipathie contre le despotisme impérial^ antipathie à laquelle il donna partout de nouveau, comme jadis en face de Néron, l'expression la plus hardie. Apollonios se trouvait de nouveau (cf. plus haut p. 132) vers l'année 92 ap. J.-C. dans la partie occidentale de l'Abie-Mineure % et, si nous en croyons son biographe, il

') A cet ordre de faits se rattaihe l'expulsion des philosophes et des mathématiciens chassés de Rome et de l'Italie en Tannée 90 ap. J.-C; cf. EusEB., Chron. (éd. Aucher), vol. JI, p. 279. Hieronym., p. 443. Syncell., p. 373 d (V.). Voy. aussi Philostkat., Apollon. Tyan., VII, 4 et 11 fin. SuETON., Bomitian., 10. Dio Cass., LXVII, 13. Tacit., Agric, 2, et en outre, Clinton, Fas^. Roman., p. 75, Schmidt, Glauhensfreiheit, p. 350 (chronologie différente adoptée par Imhof, Domitian, p. 107-112). C'est alors que le célèbre philosophe Épictète se retira à Nicopolis en Épire. Gell., N. A., XV, U. Cf. SiMPLiG. in Enchirid., p. 247. Sous Trajan également, séjour prolongé d'Épictète à Nicopolis : Clinton, ibid., pp. 89. 91. 105. Les îles aux récifs désolés, depuis longtemps objets d'effroi, et les Cyclades dans la mer Egée, furent alors, tout autant qu'à l'époque de Tibère, remphes de proscrits (même des provinces) : par exemple, Gyaros, Sériphos, Cinaros, (voy. Juvenal., Satir., I, 73. VI, 563 sqq. X, 170. XIII, 246 sqq. Cf. Plutarch., De exil., 8. 9. 10. 12), Pholegandros etSicinos (Plut., Heip. ger. prœc, 17. Cf. aussi Philostrat., Vit. ApolL, VIII, 5). Dans le second siècle ap. J.-C, l'île de Zacynthe fut un heu d'exil pour les Romains de distinction que l'on voulait punir par la disgrâce de l'empereur plutôt que par des rigueurs particulières. Cf. Apul. (éd. Hildebrand, vol. I), Metam., Vih 6 fin.

-) Voy. Clinton, ibid., p. 76 : Philostrat,, Apollon Tyan,, VI, 41 sqq. VII, 4 sqq. D'une manière générale (cf. Philost. VII, 7. Imhof, Bomitian, p. 429), Apollonios parait, pendant les dernières années du neuvième et

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