GOUVERNEURS IMPÉRIAUX EN ACHAÏE
vraisemblable que la Macédoine et l'Acbaïe restèrent sous l'administration de Sabinus jusqu'à la fm de Tan 3S ap. J.-C, c'est-à-dire, jusqu'à la mort de ce g-ouverneur*. Sabinus exerçait la juridiction dans ces provinces par ses légats; quant à la gestion financière, elle fut confiée^ après le départ des questeurs sénatoriaux, à des intendants impériaux, ceux qu'on appelait les « procurateurs ' » . A Sabinus succéda immédiatement (en l'an 36), comme gouverneur impérial de la Mœsie, de la Macédoine et de l'Acbaïe, le consulaire Publius Memmius Régulus, qui ne retourna probablement à Rome que sous l'empereur Claude '\ Avec lui s'interrompt
Poppœus Sabinus, cf. Nipperdey ad Tacit., Ann., I, 80, init., d'après les Fast. Cap., et Zumpt, Comm. Epigr.,\o\. II, p. 256.
') Poppseus Sabinus commandait en Mœsie depuis l'an 12 ap. J.-C. (cf. Zumpt, ibid,, pag. 256. Nipperdey ad Tacit., Ann., IV, 47); les deux provinces grecques lui furent confiées à l'expiration de l'an 15, d'après Tacit., An7i., I, 80, init. ; et, dans la relation de sa mort, ce même Romain est présenté comme gouverneur de Mœsie, de Macédoine et d'Achaïe. Tac, Vî, 39. Dio Cass., LVIII, 25. Zumpt cherche, ibid., p. 257 sq., à démontrer que Sabinus gouverna, d'une manière permanente, les provinces d'Achaïe et de Macédoine pendant les années 16-31 ap. J.-C, mais que, par contre, bientôt après qu'il eut pris possession de ces contrées, entrèrent en fonctions pour la Mœsie jusqu'à l'an 19 Latinius Pandusa, de 19 à 26 ap. J.-C, L. Pomponius Flaccus(v. aussi Vell. Paterc, II, 129), et de 26 à 33 ou 34 ap. J.-C. Pomponius Labéon, Tac, II, 66. IV, 47. VI, 29. Dio Cass., LVIII, 24 ; mais, depuis l'an 33, Sabinus recommença à administrer l'ensemble des trois provinces de Mœsie, de Macédoine et d'Achaïe. Nipperdey, ad Tac, Ann., II, 66 et IV, 47, comprend la chose un peu autrement; d'après lui, Pandusa aurait, à la vérité, succédé à Sabinus, à peu près vers l'époque indiquée, comme gouverneur de la Mœsie ; mais Nipperdey ne revendique pour Pandusa, Pomponius Flaccus, et un troisième nommé par Tac, Ann., Ill, 39, et omis par Zumpt, P. Vellœus, que les années 17-21 ; puis il rend à Sabinus le gouvernement de la Mœsie et place simplement Labéon (25-33 ap. J.-C.) sous le commandement supérieur de Sabinus.
«) Cf. ici Becker-Marquardt, op. cit., t. III, 1, p. 300, 2, p. 223 sqq.
3) Dio Cass., LVIII, 25 fin., cf. LIX, 12 init., et Sueton., CaliguL, c. 15, et v. Zumpt, ibid., pag. 159. — Le nom de Gaius dans Suétone, ibid., est erroné; le nom de Publius résulte (cf. Nipperdey ad Tacit., Ann., V, 11) de deux inscriptions, à savoir dans Borghesi, Sopr. un. iscr. delmuseo Campan-, p. 11, « qui militaver(unt) sub P. Memmio Regulo, etc , » et dans BocKn, C. I. Gr., vol. I (Inscription de Mégare) n* 1076. Zumpt, ibid., fait rentrer Régulus à Rome en l'an 39, pour y rester, à cause des textes de Dio Cass., LIX, 12, init., et de Sueton., ibid. ; mais il résulte de Joseph., Ant, Jud., XIX, 1,1, qu'il était encore en Achaïe en l'an 40, et l'inscription citée n* 1076 le nomme aussi « TtpsdeeuxfivTigepto-j lO.auSi'ou Kaîaapo^Ss-
LE CULTE DES EMPEREURS EN ACHAIE y
de nouveau, jusqu'à nouvel ordre, la suite des gouverneurs de la Grèce à nous connus, et nous ne reviendrons sur cette question que plus bas, lorsque nous aurons à parler du retour des provinces de Macédoine et d'Achaïe sous l'administration sénatoriale^ retour qui fut l'œuvre de l'empereur Claude.
Le lien étroit qui, depuis l'avènement de Tibère, rattachait à la famille des Césars ^ les pays grecs de l'Europe exerça par le fait une influence remarquable sur les destinées de ces Hellènes : c'est ce qui ressort clairement du petit nombre de fails dont la trace nous a été conservée. En premier lieu, le « culte des empereurs », ce culte qui nous inspire tant de répulsion, fit des progrès faciles à constater. Bien des fois encore, au cours de cette exposition, nous nous trouverons forcés de revenir sur ce phénomène de la vie des Grecs de l'époque impériale. Remarquons-le d'abord ici : les monnaies et les inscriptions notamment nous fournissent des preuves extrêmement nombreuses de ce penchant des Grecs de l'époque, ceux de l'Achaïe compris, penchant toujours croissant de génération en génération, à rendre aux empereurs romains et à leurs familles ce honteux hommage. Toutefois, il faut reconnaître que les Grecs d'Achaïe se tinrent toujours dans certaines limites; ils n'allèrent pas jusqu'à donner au culte impé-
gao-ToO Fcp^xaviywoO ». Lehmann, Clciudius und Nero, t. I, p. 186, a l'idée étrange et insoutenable de chercher à défendre la leçon Gains Memmius dans le passage de Suétone, et il finit par admettre l'existence de deux frères du nom de Memmius . Gains aurait été rappelé en l'an 38 (39) par Caligula ; et Publius, son frère (auquel, d'après l'inscription de Mégare, ibid., son hôte Gna^us Vitellius Grispus éleva une statue à Mégare), lui aurait succédé comme légat d'Achaïe ! Le leg. Aug. propr. Gains Avidius Nigrinus, dont il est question dans Bockh, C. f. Gr., vol. I, n° 1711 b, et qui appartient peutêtre au règne de Trajan, ne va pas en Achaïe comme gouverneur, mais bien en mission extraordinaire. Voy. Bôckh, p. 839. Makquardt, Bum. Staatsverwaltung, I, p. 332.
^) Remarquons encore, à cette occasion, que la dynastie Julienne possédait aussi des propriétés privées dans la péninsule grecque. D'après Dio Cass., LIV, 29, en effet, le célèbre Agrippa (sans doute, pendant ou après les guerres civiles) était devenu possesseur de la Chersonese de Thrace sur l'Hellespont, et ces domaines, à la mort d'Agrippa (12 av. J.-C), échurent comme héritage à l'empereur Auguste ; ils passèrent ensuite (comme d'autres), au même titre, d'une dynastie à la suivante. Dans Becker-Mar- OUARDT, m, 2, p. 198, note 1083, il est question, d'après Muratori, 717, 5, d'un procurator regioivis Chersonesi sous Trajan,.