‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 52 sur 179 · MAITRES ET AMIS DE JEUNESSE DE PLUTARQUE · texte numérisé non relu

MAITRES ET AMIS DE JEUNESSE DE PLUTARQUE

qu'avec amour. C'est à Athènes que l'on célèbre la fête des Muses, et elle fournit l'occasion d'une série de festins dans lesquels, suivant l'habitude grecque, une réunion d'hommes à l'esprit cultivé et instruits traitent une foule de questions intéressantes, souvent avec une verve humoristique, et non sans qu'il se produise entre ces natures impressionnables des conflits d'un intérêt piquant. Mais le personnage principal est Ammonios, qui, en sa qualité de premier stratège d'Athènes (cf. 1. 1^ p. 290.414), exerce aussi la haute surveillance surtout ce qui touche à l'enseignement. Ce vieillard a déterminé un certain Diogénios à faire subir un examen aux jeunes gens auxquels il enseigne la grammaire, la géométrie, la rhétorique et la musique. Puis il invite à sa table les maîtres les plus distingués ; à ce repas plein de gaieté prennent part Plutarque, Lamprias^ la plupart de leurs amis, avec Thrasyllos, le fils d' Ammonios, et un grand nombre de savants athéniens. Nous faisons ainsi la connaissance du musicien Ératon, du géomètre Hermias, du grammairien Protogène de Tarse, des grammairiens Zopyrion, Marcos et Hylas, du rhéteur Sospis (qui depuis dirigea plus d'une fois les jeux Isthmiques), du péripaléticien Ménéphylos, des rhéteurs Maximos, Glaucias, Hérode, du médecin Tryphon, de l'agronome Dionysios de Mélite et du psedotribe Méniscos : personnages dont plusieurs conservèrent ultérieurement des relations suivies avec Plutarque *. Nous nous trouvons aussi en présence de quantité de

dont la date soit certaine dans la vie de Plutarque; cf. P«otius, BibL, Cod. 245 fin. Plutarque avait-il peut-être déjà fait auparavant la connaissance d'Ammonios , c'est ce qu'il est bien difficile d'affirmer d'une manière précise ; toutefois, d'après Plut., De adulator, et amico, 31, c'est bien probable. Sur Ammonios, voy. encore Plut., Vit. ThemistocL, 32 fin. De adulator., 31. Quœst. Sympos., III, 1, 1 init. 2 init. 2, 1 init. 2 et Vllt, 3, 1- 5. IX, 1, 1 et 2; 2, 1 et3;5, 1; 14,2. 3. 6. 7; 15, 1 et 2 fin. Comme dans le dialogue « sur le El à Delphes », Ammonios joue aussi dans le dialogue « sur la décadence des oracles » un rôle important. Plutarque lui dédia aussi l'écrit intitulé : icsp't toO (ati viôéw; tyj xaxîa (juvsîvat. Lamprias, Catal. seript. Plut, n» 84. Pauly, lac. cit. D'après une indication d'Eunape (éd. Boissonade), Vit. philosoph. et sophistar., dans le Proœmium, Plutarque aurait aussi écrit une biographie détaillée (§ 8) de ce philosophe , son maître (§6).

<) Cf. aussi la jolie scène qui se passe chez Ammonios. Plutarch., Qm^5^. Symp., VIII, 3. Parmi les personnages nommés dans le texte^ d'autres

ÉTUDES ET VOYAGES DE PLUTAROUE d 63

jeunes Grecs qui avaient été les compagnons d'études de Plutarque et appartenaient comme lui au cercle des disciples d^Ammonios : par exemple, l'académicien Aristodème d'JEgion^, et, particulièrement^ un ami intime de Plutarque, du nom de Thémistocle, descendant du grand homme d'Etat athénien ^ L'Athénien Eustrophos ^ était déjà à cette époque en relations avec Plutarque ; et, pour n'en pas nommer d'autres *, l'excellent ïhéon de Chéronée, un des amis les plus intimes du célèbre écrivain dans son âge mûr, avait été déjà un des fidèles compagnons de ses années d'études".

Mais Plutarque ne se contenta pas de la culture où il pouvait arriver soit à Athènes, soit par des études approfondies dans son propre pays. Il obéit, lui aussi, à l'attraction qu'Alexandrie, avec ses grands centres d'instruction encore florissants, exerçait évidemment sur ce jeune Hellène à la nature vigoureuse. On ne saurait assurément fixer d'une manière précise la date de ce voyage ; nous savons seulement qu'il l'avait accompli à une époque où son grand-père Laniprias vivait encore ^ Lui aussi suivit également l'impulsion qui, depuis bien longtemps, entraînait tant d'Hellènes vers l'Italie, vers les bords du Tibre et la capitale du monde. C'est vraisemblablement dans sa jeunesse — pendant le règne de Yespasien —

passages encore mentionnent : le grammairien Marcos , Plut, , Quxst. Symp.f I, 10, 2; le grammairien Protogène, De seranum. vind., 22. Quœst. Symp., VII, 1, 2. VIII, 4, 3. Amator., 2 sqq. ; Sospis, Quœst. Symp., VIII, 4. Cf. BôcKH, C. I. Gr., I, p. 442 ; le rhéteur Glaucias, Quœst. Symp., I, 10, 3. II, 2. VII, 9. 10; Hérode, Quœst. Symp., VIII, 4; le musicien Eraton, Quœst. Symp., III, 1, 2; le médecin Tryphon, Quœst. Symp., III, 1, 2. V, 8, 1. le jeune Thrasyllos, Quœst. Symp., VIII, 3, 5-6.

-) Sur Aristodème, voy.' Plutarch., Adv. Colotem, 2 et Non posse suaviter vivi sec. Epicur., 2 sqq. Zumpt, op. cit.

2) Plut., Vit. Themist., 32 fm. Cf. Bôgkh, C. I. Gr., II, p 442.

3) Plut., De El apud Delphos, 1. 8. 13. 15. Quœst. Symp., VII, 4.

*) Cf. la charmante scène remontant aux années où Plutarque était étudiant. Plut., Quœst. Symp., III, 7 sqq. Souvenirs de son temps d'études à Athènes. Plut., De solert. animal., 13 et Vit. Demosthen., 31 init.

S) Sur Theon, voy. ci-dessous plus de détails. Pour cette époque, cf. Plut., De El apud Delphos, 6 init., 7. (D'après Plut., De facte in orbe lunœ, 25 : « éxépwôt Se, oiairep àvw izzpX ©T^êa; uap' û[xtv xa\ Sutqvtqv x. t. X. », il se pourrait que la famille de Théon fût venue d'Egypte en Béotie). Sur le séjour de Plutarque à Athènes, voy. encore Ellissen, op. cit.

C) Plut., Quœst. Sijmp.y V, 5, 1-2. 6.

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