MÉDECINS GRECS
écoles et de tous les pays, ainsi qu'avec des artistes de divers genres ; il ne les laissa nullement tomber lorsqu'il fut
Vit, Anton., 28) des relations parmi les médecins. On trouve partout dans Piutarque lui-même les traces d'études très avancées dans les sciences naturelles et la médecine. Je serais porté à conjecturer que la famille de Piutarque (sauf le père, qui paraît avoir été un riche propriétaire foncier), notamment le grand-père lui-même, appartenait au monde médical de Chéronée; du reste, son beau-frère Craton (p. 171) était lui-même médecin. Plut., Qusest. Sympos., IV, A, 3. L'art de guérir et les écoles de médecine (sans parler des villes d'eaux, comme Épidaure [voy. ci-après], Cos, Titane près de Sicyone, Tithora et d'autres encore, Pausan., II, 11, 6. X, 32, 8) jouaient alors en Grèce un rôle très important ; nous citerons. ici Fécole de médecine de Tricca en Thessalie (voy. Strabon, VIII, 6, 15, p. 575 init. [374] et cf. BôCKH, C. I. Gr., vol. II, p. 768), d'où sortit au ii® siècle de notre ère. Hermogène (Pauly, R.-E., Ill, p. 1229. Mommsen, Rom. Gesch.,Y, p. 337, 1). Il en faut dire autant des villes grecques de l'Asie occidentale. Dans le premier siècle ap. J.-C. et encore un peu plus tard florissait à côté du temple de la divinité carienneMên, entre Laodicée et Caroura, la grande école des médecins Hérophiliens, d'abord sous Zeuxis, puis sous Alexandre, fils de Philalèthe. Strab., XII, 8, 20, p. 869 fin. (580). Plus durable encore fut la renommée des écoles de médecine de Smyrne. C'est là qu'existe, au milieu et dans la seconde moitié du premier siècle avant J.-C, sous Hicésios, l'école des Érasistratéens. Strab., ibid., cf. Bôckh, C. I. Gr., Il, p. 742. Le médecin ordinaire d'Auguste, M. Artorius Asclépiade, était de Smyrne. Bôckh, ibid., p. 761. Sur les médecins qui exercèrent ultérieurement à Smyrne, ou qui en étaient originaires, voy. Bôckh, ibid., p. 768 et n°3550. Le médecin Soranos, connu aussi comme écrivain, qui florissait à Rome sous et après le règne de Trajan, était d'Éphèse (Suidas, s. y.).-
C'est déjà à la période suivante qu'appartient le plus célèbre médecin et écrivain médical de l'époque impériale, l'Asiatique Claudius Galenus. Galien était né à Pergame dans la quatorzième année du règne d'Hadrien, c'est-àdire en l'an 131. Formé d'abord par son père, l'architecte Vicon, il étudia à Smyrne, depuis l'âge de dix-sept ans, la médecine sous Tanatomiste Pélops et la philosophie sous l'académicien Albinus; il continua ses études à Corinthe sous Numisianus (cL Friedlânder, II*, p. 65, note 6) et à Alexandrie, où il suivit entre autres les leçons de l'anatomiste Héraclianos. Il retourna alors, âgé de vingt-huit ans, à Pergame, où il eut d'abord l'emploi de médecin des gladiateurs de la ville et pratiqua pendant six ans la chirurgie. En l'an 164, il se rendit à Rome ; à l'âge de trente-huit ans, il se rendit de nouveau à Pergame, mais revint bientôt en Italie, où il fut plus tard médecin ordinaire de Commode. Il vivait encore en l'an 197 à Rome. Cf. Pauly R. E., III, p. 581. Friedlânder, II, p. 74 et voy. cidessus, p. 52, 1. Clinton, Fast. Rom., vol. I, s'écarte un peu des indications chronologiques qui précèdent. D'après son calcul (p. 117), Gahen est né l'an 130 après J.-C; il retourna à Pergame après l'achèvement de ses études en l'an 158 (p. 145) ; il parut à Rome pour la première fois en l'an 162 (p. 151); il s'y trouva de nouveau dans les années 164-169 (p. 155- 159), retourna à l'âge de trente-sept ans à Pergame, mais revint bientôt