DTON DE PR USE
Après la mort de Domition, il g^agna à la cause de son ami Nerva les soldats romains stationnés dans ces régions ou sur les bords du Danube, et qui étaient momentanément disposés à se mutiner; Nerva le rappela à Rome, où il jouit aussi plus tard de la faveur particulière de l'empereur Trajan. Après un court séjour à Pruse, sa ville natale (vers Tan 100), il vécut à Rome, entouré de la haute estime due à son caractère indépendant et honorable, jusqu'à sa mort, qui arriva en l'an 117 après Jésus-Christ \
Les écrits de Dion ne sont assurément pas à beaucoup près aussi riches en renseignements sur la Grèce et l'état du monde grec de cette époque que ceux de Plutarque ; ce qui les rend notamment précieux pour Tobjet que nous nous proposons, c'est que Dion avait aussi des yeux pour l'état social ; que, dans ses voyages en Grèce, il ne poursuivait pas seulement un but scientifique ou artistique, mais qu'il s'occupait aussi avec une préférence marquée de l'état des classes inférieures, même hors des villes. Nous essayons ci-dessous, à l'aide des matériaux qui sont à notre disposition, d'exposer d'une manière complète l'état de la Grèce pendant cette période.
Dans cette question de la vie intérieure de la Grèce à cette époque, il est une tâche qui s'impose à nous en première ligne et qui sollicite tout notre intérêt : c'est de suivre la trace du relèvement progressif des Hellènes d'Achaïe, du fond de l'effroyable ruine matérielle où nous avons trouvé ce malheureux pays après la bataille d'Actium. L'histoire de la période comprise entre cet événement, qui décida des destinées du monde, et la mort de Néron, nous a déjà montré que tout d'abord la situation politique générale n'avait nullement été défavorable aux efforts des Hellènes en ce sens. A l'exception de la rébellion promptement étouffée du Pseudo-Drusus
avait été cruellement ravagée par Polémon, roi de Pont, sous Auguste, en punition d'une révolte. Strab., XI, 2, 3, p. 755 init. (p. 493).
<) Philostrat., Vit. Sophist., 1. 7, 2, p. 488. Voy. aussi Photius, Cod. 209, p, 529 et Suidas, s. v. Clinton, p. 85 sqq. Lors de son retour du Pont, qu'il avait lui-même choisi pour le lieu de son exil, il vint aussi à Olympia, où il prononça devant les Hellènes assemblés le discours (XII) Olymp. p. 193 sqq. Morell. ; cf. Burckhardt, p. 102. La mort de ce rhéteur est fixée à l'an 117 ap. J.-C, dans le Hhein. Mus., XVIII, p. 62.