‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 62 sur 179 · SITUATION DIFFICILE DES HELLÈNES · texte numérisé non relu

SITUATION DIFFICILE DES HELLÈNES

veillés par l'empereur, étaient déjà loin d'être insignifiantes en elles-mêmes (cf. ci-dessus, p. 4 sqq.). Mais le pire, pour ce pays appauvri, était que la masse des sommes perçues en Grèce n'était pas dépensée dans le pays ; elle était exportée à Rome, et, en règle générale, les Hellènes avaient de plus à fournir, avec leurs propres ressources, à toutes les constructions d'utilité, à la conservation ou à l'agrandissement de tous les travaux servant à l'embellissement de leurs villes, aux facilités du commerce ou aux besoins de l'agriculture. Et dans ce pays, oii les communes, qui s'étaient formidablement endettées pendant l'époque terrible, de Sulla à la chute d'Antoine, avaient tant de peine à commencer seulement de s'affranchir de leur dette et de ses conséquences ; où l'on ne connaissait pas encore les nouvelles industries lucratives, comme l'élevage des vers à soie et la culture des raisins de Corinthe, qui permirent plus tard aux Grecs de l'époque byzantine, dès le temps de Justinien P^ d'arriver à une nouvelle et solide prospérité, les effets prolongés de la terrible époque qui précéda César et la nécessité, véritable loi de fer, d'assurer avant tout le paiement des impôts dus à l'Etat, exposaient à tomber en ruines, avec une effrayante facilité et au préjudice permanent de communes entières, les travaux les plus utiles et les plus nécessaires. C'était une rare bonne fortune, dans des cas de ce genre, s'il arrivait qu'un riche citoyen prit à ses frais la charge des intérêts généraux, comme Épaminondas d'Acrsephia, dont nous avons parlé (v. p. 64), qui fit restaurer la digue protégeant le pays contre les inondations du lac Copaïs. A ces circonstances s'en ajoutaient plusieurs autres, également très défavorables. Sans doute, en effet, comme nous le verrons également plus loin, le commerce et l'industrie de la Grèce n'étaient encore en aucune façon perdus ; mais la place que ce pays avait jadis tenue dans le commerce du monde était et demeurait — la ville de Corinthe à peine exceptée — impossible à reconquérir. De plus, dans l'état de délabrement des grandes routes intérieures et des voies de communication, conséquence du défaut de capitaux qui fussent toujours disponibles pour dés objets d'intérêt public (v. plus haut) ; à raison également de la pénurie, se faisant peu à peu sentir,

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