VIE LUXUEUSE
des métaux précieux, notamment de l'argent, il devenait difficile de trouver un débouché pour l'excès de production, notamment des provinces agricoles, ou de l'échanger avec bénéfice, de sorte que la richesse en immeubles, jardins, oliviers, vignobles, pièces de terre, bois et pâturages, devenait pour beaucoup absolument illusoire. De là, d'une part, une certaine nonchalance, qui faisait négliger de songer pour l'avenir à de nouveaux moyens de production, en même temps que, d'autre part, avant que le danger de cette habitude apparût nettement dans toute son étendue, on se complaisait àjouir^ dans un tranquille sentiment de bien-être, des biens que le pays offrait en abondance. Le train de maison des classes supérieures et moyennes de la société grecque leur méritait depuis longtemps l'épithète de prodigues, non pas précisément qu'on se fût plu à un gaspillage insensé de sommes considérables, comme ce fut le cas à Rome pour les dernières générations de la République et pendant le premier siècle de l'empire, mais en ce sens que l'existence opulente dans laquelle on se mouvait avait cessé, ou n'avait pas encore recommencé d'être, dans la moyenne, en harmonie avec Tensemble de la situation du pays et avec les éléments de reconstitution de la richesse absorbée par une énorme consommation. (( On dépensait trop, en général, sur le revenu annuel, sans en appliquer à une nouvelle production une portion convenable, sans créer de nouvelles sources de revenus ou songer à l'augmentation de celui qui existait. » Il était assurément très difficile pour un grand nombre d'embrasser complètement et d'un coup d'œil la situation de la Grèce et ses aspects divers^ et de modifier h temps une manière de vivre qui, étant donné l'état des choses à cette époque, pouvait conduire à une dangereuse pauvreté \ Mais, d'une manière générale, il s'était formé chez les classes possédantes de la Grèce un agréable épicurisme^ qui provoqua de la part des hommes clairvoyants, tels précisément que Plutarque, les plus sérieux avertissements.
1) Cf. d'une manière générale les observations de Finlay, Griechenlartd unter den Rômerrii p. 67-?2.