‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 64 sur 179 · VIE LUXUEUSE · texte numérisé non relu

VIE LUXUEUSE

Le mal n'apparaît pas encore lorsque nous ne considérons que ceux des ouvrages de ce noble écrivain où domine la gaieté, et que la bonne société d'Achaïe s'offre à nous plongée pour ainsi dire dans une permanente et bienheureuse ivresse, toujours gaie, sociable et vive, et toujours occupée, dans des repas pleins de cordialité, de problèmes esthétiques et scientifiques : pour ces Hellènes, les mauvais jours de la politique venaient à peine de passer; on abandonnait aux Romains la politique générale ; on embellissait la calme vie provinciale, on se la rendait aussi agréable que possible. Mais la chose devient très sérieuse, lorsque nous voyons tant de Grecs des classes possédantes épuiser inconsidérément leur revenu en dépenses personnelles de toutes les sortes, et habituellement d'une nature improductive ; lorsque nous voyons que, dans un temps où tout aurait dû pousser à une prudente économie, <( où le service d'une modeste pension , ou bien une hypo* thèque que l'on était forcé de consentir, pouvait ruiner une famille », le goût délicat que les Hellènes n'ont jamais perdu complètement en conduisait un grand nombre à un luxe extravagant et à un faste déréglé; qu'enfin la jalousie insensée qu'inspirait à beaucoup l'éclatante magnificence d'un voisin grec ou romain les poussait à rivaliser follement de dépenses et d'achats inutiles. Le désir ardent de briller par de belles maisons de campagne* ou des palais fastueux, d'arrondir des domaines déjà étendus en y ajoutant des portions de terre avantageusement situées ^, est flagellé par Plutarque tantôt sur un ton sérieux, tantôt sur celui de la fantaisie. Ce n'est pas tout: on aimait à remplir les maisons ^ de tableaux précieux, des œuvres de l'art plastique, de magnifiques colonnes ; on se plaisait, comme jadis^ dans la possession et l'emploi de nombreux esclaves *; le luxe se déployait dans la foule des vases ^ et des ustensiles d'or et d'argent; les jeunes gens, pour ne pas parler de la somptuosité dans les

*) Plutarch., De cupidit. divitiar., 1. De vitando œre alieno, 7. *) Plutarch., ibid., 2.

3) Cf. entre autres la description de la maison de }3yrrhena à Hypata dansApuL. (éd. Hildebrand. Vol. I.) Metam., II, 4, 19. *) P^sclaves : Plut., De vitando œre alieno, 7. 8. ^) Plut., ibid., 2 ipit. 7. Apul., ibid., 19. •

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