‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 65 sur 179 · DETTES ÉCRASANTES ET USURIERS · texte numérisé non relu

DETTES ÉCRASANTES ET USURIERS

habits, avaient à cœur de briller en faisant montre de beaux chevaux ou de magnifiques mulets de provenance étrangère et de splendides voitures \ La solennité des grandes réunions, des noces et des cérémonies funèbres, était accompagnée de la pompe la plus coûteuse ^; le luxe de la table, le goût des mets délicats (joint souvent à des raffinements de cruauté à l'égard des animaux qui devaient paraître dans les festins), les folles orgies, l'usage des bains avec toutes les recherches de la mollesse, prenaient des dimensions presque romaines ; de même, les fêtes champêtres des dieux, dans les cantons de l'intérieur, ces fêtes où ne régnait jadis que l'antique simplicité, étaient maintenant célébrées avec un faste aussi insensé qu'effréné *.

C'était pour les Hellènes d'alors une voie absolument fausse; les suites furent des plus funestes. Il n'est pas encore ici question du préjudice moral ; nous ne parlons que du préjudice économique. On le vit en effet bientôt ; à moins que le propriétaire grec ne se trouvât dans une situation très brillante, ou bien qu'il sût manœuvrer — ce qui d'ailleurs était assez fréquent — avec toutes les ruses de l'avarice % il n'y en eut que trop qui ne purent point faire face à des dépenses de ce genre avec leurs revenus réguliers. Mais, au lieu de chercher de nouvelles sources de gain, ou de se restreindre, comme c'était raisonnable, et de régler leurs dépenses sur leurs recettes^ ils commencèrent à emprunter dans des proportions de plus en plus grandes \ Et c'est ainsi que, déjà du temps de Plutarque, la malheureuse plaie de l'endettement était devenue profonde chez les Grecs d'Achaïe et avait fait parmi eux de dangereux progrès. Et il n'était alors que trop facile de s'engager de la sorte dans d'inextricables difficultés. Nous avons vu plus haut que, déjàavant l'époque impériale, de

*) Plut., Decupidit. divitiar., 2. De vitand. sere aliéna, 3, 7. 2) Cf. Apul., ibid.. 19 sqq. 27, 156 et IV, 26, 294. ^) Plut., Quœst. Sympos., VIII, 9, 3 fin. De esu carnium, II, 1 fin. *) Cf. Plut., De cupidit. divitiar., 8 fin.

^) Cf. LuGiAN., Asin., 1. Apul., Metam., I, 21, 67 sqq. IV, 9, 257. ^') Cf. d'une manière générale Plut., De çwpiditat, divitiar., 2; et î^sçi De vitando sere alieno, 1,3,

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