‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 67 sur 179 · GRECS OPULENTS · texte numérisé non relu

GRECS OPULENTS

passés. Ces personnages nous rappellent les Romains à fortune princière des derniers temps de la République, et aussi des derniers siècles de l'empire d'Occident; et on peut également leur comparer Ja célèbre amie de l'empereur byzantin Basile I", cette Danilis de Patrae, prodigieusement riche (ix* siècle), entre les mains de laquelle se trouvait alors, comme on sait, une grande partie du nord-ouest du Péloponnèse. L'art de tirer un heureux parti des circonstances, les bonnes grâces de tel ou tel empereur, les bénéfices de la fourniture des armées, la réunion sur la même tête d'énormes successions en immeubles dans un pays tombé si bas et si dépeuplé, des spéculations heureuses, pouvaient, même au milieu des désastres des guerres civiles romaines, assurer à plus d'un particulier des richesses considérables, base de la grande et permanente prospérité à laquelle il fut possible d'atteindre pendant la période de paix qui commença avec le règne de l'empereur Auguste. Malheureusement, ces ressources concentrées dans la main d'un petit nombre de Grecs ne contribuèrent que faiblement au relèvement de la prospérité générale de la province. Sans doute, l'entassement des capitaux, l'avarice sordide n'étaient en aucune façon dans la manière habituelle de ces Hellènes ; au contraire^ tout ce que nous savons de ces riches personnages, et, entre tous, du plus célèbre d'entre eux, d'Hérode Atticos, sur lequel nous reviendrons en détail à l'occasion de l'histoire d'Hadrien et des Antonins, nous montre qu'il était tout à fait dans leur goût de « répandre l'argent autour d'eux ».

Malheureusement ils étaient, eux aussi, complètement dominés par la tendance de leur époque ; ce ne sont pas, comme on pourrait le croire, de riches fabricants qui aident leurs concitoyens appauvris.à retrouver par les bénéfices de l'activité industrielle une prospérité modeste ; ce ne sont pas des armateurs et des marchands qui spéculent; ils ne s'efforcent point d'ouvrir de nouvelles voies pour le commerce ou de lui rendre les anciennes voies disparues, d'établir des grandes routes, de relever de leurs ruines les ports, les canaux d'irrigation, les 'travaux d'exploitation agricole. L'exemple d'un Épaminondas d'Acraephia restaurant la digue qui arrêtait au-

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