VOYAGES ET ITINÉRAIRES EN GRÈCE
jeux solennels, les chefs-d'œuvre artistiques et la gloire historique de la Grèce, faisaient en foule, comme autrefois, un séjour passager en Achaïe. La Grèce était, en effet, dans les deux premiers siècles de l'époque impériale, comme l'Asie- Mineure et l'Egypte, un des buts principaux de la grande masse de ceux qu'on pourrait proprement appeler les « touristes » de l'époque \ Nous aurons à reparler plus tard, avec beaucoup de détails, de l'université d'Athènes. Mentionnons par contre ici les nombreux voyageurs, de langue latine et grecque notamment, qui, comme cela avait été si fréquent déjà dans les derniers temps de la République, comme l'avait fait en son temps Germanicus, se répandaient d'année en année sur toutes les parties de la vieille terre des Hellènes. C'était sans doute le plus petit nombre qu'attirait jusque dans l'intérieur le charme éternel des paysages, lorsque ceux-ci
*) Plin., Epist., VIII, 20, 2. Nous croyons devoir renvoyer ici aux renseignements intéressants donnés par Friedlander, Barslellungen aus der Sittengeschichte RomSj II, p. 12 et suiv. , sur le mode et la rapidité des voyages de mer. La grande ligne de Putéoli à Alexandrie touchait à la Crète et à l'île de Cypre [Friedl., p. 67]. En ce qui concerne la Grèce, la mer était à cette époque, comme de tout temps, l'élément de la vie. On faisait le voyage de Brundisium à Gorcyre ou àDyrrachion, aller et retour, en un seul jour, quand le temps était beau et le vent favorable ; par un temps orageux (cf. Gell., N. A. XIX, 1), la traversée durait naturellement plus longtemps. Une ligne régulière allait de la Sicile par la haute mer à l'antique et célèbre port de Cyllène en Élide (Pausan., VI, 26, 3); on pouvait y arriver de Syracuse en six jours. Philostr., Vit. Apollon. Tyan., VIII, 15 init. Par un très bon vent, il ne fallait guère que cinq jours de Corinthe à Putéoli. Philostraï., VII, 10. (Traversées de nuit dans les mers de la Grèce, Philostrat., VII, 10. Gell. N. A., II, 21.) Dans les voyages d'Itahe à destination de la mer Egée, de l'Attique et de l'Asie- Mineure, on avait coutume, quand on ne voulait pas faire le tour du Péloponnèse et doubler le cap Malée (que cependant le marchand Flavius Zeuxis d'Hiérapolis en Phrygie doubla 72 fois, v. Bôckh, C. L Gfr., vol. III, n° 3920. Friedl., p. 30, note 4), de débarquer à Léchseon, de trsverser l'isthme à pied ou en voiture et de se rembarquer ensuite à Cenchrées (où, par exemple, Ovide fréta un vaisseau à lui pour le conduire à Tomes, Trist., I, \\) ; cf. Propert., III, 21, 19. Philo, In Flaccum, p. 539 M. On n'entreprenait qu'à regret le voyage par mer dans l'arrière-saison, époque à laquelle il était très désagréable; cf. Aristid., Or. XXIV, p. 305 sqq. (éd. Jebb) ; 305 sq. p. 481 sqq. (éd. Dindorf, vol. I.) cf. Masson, Coll. Hist. (éd. Dindorf), III, p. LXI. Friedlander, op. cit., p. 14, 3. Mais le voyage par terre, à travers la Macédoine et la Thrace, était également très pénible; cf. OviD., Trist., I, 10. Epp. IV, 15, 14. Aristid., ibid. Masson, ibid.. p. LUI.