‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 8 sur 179 · LE CTILTE DES EMPEREURS EN ACHAÏE · texte numérisé non relu

LE CTILTE DES EMPEREURS EN ACHAÏE

En ce qui concerne celle époque, il allail loul nalurellement de soi que le culte de César, du ûiviis Jîilnis, avec les temples, les statues et les jeux solennels qu'il comportait^ les CcBsareia, se répandît bientôt dans toute la partie grecque et hellénisée de l'est de l'empire. Les jeux étaient célébrés tantôt seuls \ tantôt associés aux fêtes traditionnelles

par la diète provinciale reçoit en conséquence le titre honorifique de « gardienne du temple [impérial] (vstoxopo?) ». Ce surnom, employé comme distinction honorifique, se rencontre principalement dans le cuite impérial de l'Asie-Mineure. — Il y a encore, concernant le culte des empereurs en Achaïe, plus d'un point obscur ; v. d'une manière générale Krause, ibid., pp. 11 sqq., 14 sqq., 17 sqq., 39 sqq. et Ross, Archdolog. Aufs., t. I , p. 123. C'est évidemment dans la diète provinciale d'Argos qu'il avait, en Achaïe, son plus ferme soutien. Sur ces diètes générales d'Achaïe et sur les associations plus étroites qui se rencontrent en Grèce, voy. maintenant Mommsen, Rom. Geschichte, vol. V, pp. 237. 242 sqq. Parmi les innombrables inscriptions en l'honneur des empereurs, il y en a malheureusement beaucoup de mutilées ; c'est par des inscriptions ainsi mutilées que nous connaissons l'existence, en Achaïe, de beaucoup de prêtres des Césars dont les noms ne nous sont pas indiqués. Souvent nous rencontrons des prêtres permanents ou à vie T(î)v Scgaaxtbv, sans que nous puissions deviner le sens de ces mots ; il se présente aussi des familles dans lesquelles un office de ce genre était héréditaire, et également des prêtres en l'honneur d'une famille d'empereurs absolument déterminée. Nous ne pouvons presque jamais (excepté pour César et Auguste) fixer le temps pendant lequel, après la mort d'un empereur ou l'extinction de sa famille, fut continué le culte une fois institué en son honneur; il paraît aussi qu'il y a eu, çà et là, des prêtres qui (sur la base peut-être du culte d'Auguste) étaient affectés, une fois pour toutes, au service de chaque empereur ou de chaque Divus. Nous voyons que, en dehors de la diète provinciale, Athènes et Sparte notamment, et parmi les îles Lesbos, étaient les principaux sièges du culte des empereurs, et, de plus, qu'en particulier depuis Hadrien et les Antonins, le culte rendu par des prêtres, même à des empereurs vivants, fait aussi en Achaïe des progrès considérables. — Sur la manière dont le culte des empereurs pénètre également dans des relations d'une nature toute délicate et intime, v. Keil, Syll. Inscr. Boeot., p. 87. Mommsen, R. Gesc/i., vol. V, p. 318 sqq., décrit tout au long la place que tenait dans la vie publique de la province d'Asie, et en général de l'Asie-Mineure, le culte des empereurs. Le grand-prêtre (àpxtspsu;) élu chaque année pour présider à ce culte est le plus haut dignitaire de la province, et peu à peu il réunit à ses fonctions celles de président de la diète.

') Cf. notamment Bôckh, C. I. Gr., t. III, p. 88 6 ; Preller, Rom. Mythol., 2e édition, p. 706-791. Krause, op. cit., p. 14 sqq., sur les Kai(7Ûpe'.a et Aùyouo-xeia dans l'Asie-Mineure, v. A. W. Zumpt, Mon. Ancyr., p. 4 sqq., Becker-Marquardt, Rom. Alterfh., t. IV, p. 425. — La fête des Cœsareia apparaît en Achaïe, notamment à Athènes, Bockh, C. I. Gr., t. I, nos 395^ 381 . à Trœzène, n" 1286; à Sparte, n^^ 1239. 1240. 1241. 1378.

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d'une divinité; c'est ainsi que nous voyons, par exemple, les Cœsareia, associés aux jeux en l'honneur d'Apollon Ptoïque, près Acraephia en Béotie (au temps de Caligula)^ aux Érotidia de Thespies, à la fête des Muses de cette même ville, et ainsi de suite '. Naturellement, le culte d'Auguste prit très vile des proportions extrêmement grandes. Déjà du vivant d'Auguste, on avait commencé^ dans les provinces grecques, à compléter le culte du nouveau maître de l'empire en rattachant des jeux solennels aux nouveaux temples d'Auguste et de Dea Roma; il en fut ainsi à Pergame (t. I, p. 484), dès la fondation du temple d'Auguste, qui y fut élevé en l'an 29 av. J.-G.^ ainsi qu'à Nicomédie-. Le règne de cet empereur durait encore que ces usages avaient déjà pris une extension considérable ; les jeux annuels en l'honneur de la déesse Rome et d'Auguste % les Romœa Sebasta, ou les simi^les Seôasta ou Sebastea, avec leurs fonctionnaires et leurs prêtres (tantôt célébrés seuls, tantôt combinés avec des fêtes plus anciennes, ou avec les Câssareia), se répandirent dans tous les pays de langue grecque, les villes grecques d'Italie, Naples en tête, comprises; c'est ainsi que nous voyons ces Sébastées ou Aiigustalia en Macédoine, à Athènes, à Thespies, à Delphes, à Argos, à Epidaure et dans d'autres localités; elles durèrent bien après la mort de l'empereur * et après l'apothéose dont la

*) Cf. d'une manière générale, Keil, Syll. inscr. Boeot., p. -115, n<> 29. Pour Acraephia, v. Bôckh, C. 1. (jr.,vol. I, n" 1625, lig. 39. Pour Thespies, BôcKH, C. I. (jf., n° 1586, lig. 3, 4. Keil, op. cit. Sur l'association du culte des Muses au culte impérial, voy. Keil, dans le Philologus, XXIÎI [1866], p. 230 sqq.

2} Dio Cass., LI, 10 fin.

3) Sur le culte de la Dea Roma et d'Auguste à Athènes, où son prêtre avait un siège d'honneur au théâtre, (et ailleurs), v. encore Philologus, XXIII 1 1866], p. 239 et suiv. Lenormant, Notes archéol. sur Eleusis, p. 259. Gerhard, Archâol. Anz., 188 sqq., 1864, p. 293 : cf. Lebas, Explication d'une inscr. grecque de Vile d'Égine, p. 105. Sur le culte de Mma chez les Méliens, voy. Philologus, ibid., Ephem. Archaeol., n. 3507. On voit de temps à autre, dans certaines inscriptions, qu'à côié des empereurs le Sénat est également honoré.

*} V. d'une manière générale sur tout cela Krause, ibid., p. 14 sqq., 17 sqq. Preller, op. cit., p. 706. 774. 791 et suiv. et cf. Bockh, C. I. Gr., vol. III, p. 886 et 732. Becker-Marquardt., t. IV, p. 425. Pour la Macédoine, voy. BoCRH, C. 1. Gr., vol. II, p. 993, n° 2007 6; pour Athènes, Bockh, C. I. Gr., vol. I, n" 381 (culte combiné ici avec les Panathénées), v. encore Philolo-

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